Hum, comme dirait Doli ; Alex.



Bonjour ^^.


Donc, je suis Alex, inscrite sur le forum de Nokaia =).

J'ai décidé de poster mes OS ici, histoire de ne pas les perdre en cas de mauvaises manipulations ou de mauvaises blagues de mon très cher PC.

Je ne garantie rien sur la qualité de mes écrits, je ne suis pas écrivain.

Ce blog continent du yaoi et parle en particulier des jumeaux de Tokio Hotel [Ô sacrilège]. Il y aura certainement des drarrys, Harry Potter & Draco Malfoy. Donc, à vous de voir si vous restez ou fermez la page. Je ne veux pas de problèmes >>'.

Bref, voilà.


J'espère que Doli sera heureuse xD.


À bientôt . . .

# Posté le dimanche 30 novembre 2008 09:01

Modifié le dimanche 30 novembre 2008 09:26

1er OS ; Twincest

1er OS ; Twincest
Petite note ;
OS pour Lou. Pendant les vacances, on s'ennuyait, et madame voulait lire. Ca part d'un long trip, et quelques détails ( comme une cuillère de dinette, ou vitupérer... ) étaient obligatoire. Du coup, un Albatros c'est fauflié au milieu, et on ne sait pas trop ce que ça donne.
Le titre, c'est parce qu'elle avait faim. Il n'y a pratiquement aucun rapport avec l'OS.
Soit, tant qu'il lui plait à elle... WAG, Lou. Immer.


J'ai faim.


POV Bill

Je vérifie une dernière fois mes valises avant de les fermer. Il me semble que j'ai tout pris. Nous prendrons l'avion dans une heure.

Ma mère a, selon elle, trouvé l'idée du siècle. Partir trois semaines en Suisse, dans un hôtel extraordinaire, d'après ses dires, qui offrirait énormément d'activité. Et tout ça, en famille, pour soit disant apprendre à mieux se connaître et dépasser les préjugés.

Personnellement, je trouve que c'est une mauvaise idée. Tout comme son mariage. Nous vivions tranquillement, ma mère et moi, dans notre petite maison. Nous avions nos habitudes, et elle n'interférait pas trop dans ma vie privée. À près tout, j'ai 18 ans, j'assume mes responsabilités.
Chacun faisait ce que bon lui semblait, et tout allait pour le mieux. Et puis, leur arrivé à tout chamboulé.

Elle a rencontré Roger, mon beau-père, au travail. Elle ne m'en parlait pas souvent, voire même pas du tout. Et du jour au lendemain, elle m'annonce qu'elle va se marier avec, et qu'ils viendront habiter chez nous. Ils, oui, parce qu'en plus il a une fille. Chris.

Cette peste est en pleine crise d'adolescence. Elle passe son temps à me vitupérer dessus, et critiquer mon style. Elle est de taille moyenne, rousse et se prend pour une bombe. Elle porte des jupes un peu trop courte pour mes pauvres yeux & s'étale un pot de peinture sur le visage. Même moi je n'en mets pas autant.

Je me lève et fais face à mon miroir. Non, décidément je ne suis pas comme elle.
Exceptionnellement, je n'ai mis qu'un trait de crayon sur mes yeux. Mes cheveux ne sont pas vraiment ébouriffés comme à mon habitude, mais plutôt lisse.

Je porte un jeans assez simple, des converses & puis un t-shirt noir. Mes bracelets sont toujours à leurs places, ainsi que mes nombreux colliers.

Plus jeune, l'école ou mon entourage tentaient toujours de me rassurer en me disant que ce n'était qu'une passade. Que plus tard, je rigolerai en me souvenant de toutes ses babioles que je mettais. Ils se trompaient, tous. Ce n'était pas une crise, ni une façon de me révolter. C'était juste moi. Et ils n'ont rien compris.

À l'époque, les remarques m'atteignaient. Elles me faisaient mal, parce qu'elle touchait ma personnalité. Ce qui faisait que j'étais Bill. Maintenant je n'y fais plus attention. Les gens m'admirent ou me haïssent, qu'importe. J'ai de vrais amis et je suis heureux.

La porte s'ouvre à la volée et Chris m'hurle de descendre. Sans oublier de me dire que les garçons ne sont pas censé se vernir les ongles. Parfois, j'aimerai lui rappeler qu'avant, les femmes ne portaient pas de pantalons. Remarque, je ne suis pas sûre qu'elle connaisse l'existence de se vêtement.

Prenant mon courage à deux mains, je prends deux valises en espérant atteindre le rez-de-chaussée sans encombre. Doué comme je suis, mes bagages vont dégringolés les escaliers. Je me demande si elles vont toutes rentrer dans le coffre...



Nous voilà en route pour l'aéroport. La tête posée contre la vitre, j'écoute ma mère parler. D'après elle, tout se passera bien, et Roger lui sourit, répondant hypocritement qu'il le pense aussi.

C'est faux. Lui et moi savons que jamais on ne s'entendra. Tout nous oppose. À commencer par notre façon de penser. Il n'adhère à aucunes des choses que j'entreprends. Le fait que je sois gay le dérange au plus au point. Et je déteste cette façon qu'il a de lever le pouce en disant « Okey d'acc' ». Il m'exaspère et veut diriger ma vie. Et ma mère, ne réagit pas. Elle se contente de sourire et de penser que tout va s'arranger.

Même mon père ne faisait pas ça. Il est parti lorsque j'étais petit, certes, mais de temps à autre il passait me voir. Encore aujourd'hui il le fait. Jamais il ne s'est permis une remarque déplacée. Et je le respecte pour cela.

Le paysage file devant mes yeux, et je me demande à quoi ressemble la Suisse. Elle a beau être à côté, je n'y suis jamais allé. Jusqu'à mes 6 ans j'ai vécu en France, je sais donc m'exprimer en Français, c'est déjà un bon point.

Malgré mon appréhension, ce voyage pourrait s'avérer très agréable. Je n'ai qu'à me tenir éloigné de ma famille. Peut-être vais-je m'amuser ? Oui, partons positivement.

Chris est à côté de moi. Je l'entends mâcher son chewing-gum sans arrêt, ce bruit devient juste insupportable.

- Chris arrêtes de ruminer, tu ressembles déjà assez à une vache.

- Mais je t'emmerde !


Je ne réplique rien, ma mère tente déjà de détendre l'atmosphère, sans pour autant faire de remarque sur quoi que ce soit. Résultat, ma demi-s½ur n'arrête pas son cirque et fait plus de bruit qu'avant.

Tentant de me concentrer sur autre chose, je sors mon portable.

- Ah non, ne communique pas avec les gens de ton espèce à côté de moi !

- Mais je t'ai rien demandé !

- Bill, tu te calmes !


Ouai c'est ça. Toujours et encore elle qui a raison. Et Bill qui ramasse. Juste parce que c'est son Papa, et que ma mère ne dit rien. J'en ai marre.

- Okey d'acc', Roger.

Le sourire satisfait de ma s½ur s'efface et son père ne dit rien. J'espère que maintenant, on me lâchera. Je n'ai qu'une envie, arriver le plus vite possible à l'aéroport.



C'est avec soulagement que je m'assois côté fenêtre, et que je vois une charmante demoiselle prendre place près de moi. Nos places étaient toutes dispersées dans l'avion, donc Chris est loin, très loin de moi.

Dans environ 4h, nous atterrirons et il ne manquera plus que le train pour rejoindre l'hôtel. Je soupire et ma voisine m'interpelle.

- Quelque chose ne va pas ?

- Non, non, tout va bien.


Elle me sourit et retourne à son livre. Je me demande ce qu'elle peut bien faire de sa vie. Est-elle heureuse ? A-t-elle quelqu'un qui l'attends en Suisse ? Sait-elle ce qu'aimer veut dire ? Je n'ai eu aucune relation vraiment longue. Toujours des histoires de quelques semaines, sans jamais vraiment de sentiments. Je n'ai pas encore trouvé la bonne personne.

Je ne m'attache jamais. Tout simplement parce que mes ex me plaisaient depuis le début. Et que cela s'appel un coup de foudre. Donc, quelque chose de passager. Et puis, ils ne me tapaient jamais vraiment à l'½il. Je voyais juste qu'ils étaient intéressé, et je me disais, pourquoi pas.

Je n'ai pas de réel but dans la vie. Au début je pensais devenir gymnaste, je suis assez souple et faire des saltos aux barres fixes me plaisait. Puis finalement, j'y ai renoncé. J'attends de voir ce qui se propose, en attendant je chante dans des cafés le soir, pour me faire un peu d'argent.

L'avion passe à travers les nuages, et nous survolons des milliers de vies. Vu d'en haut, les villes paraissent si petite, si insignifiantes. Il ne reste plus rien des imposantes maisons, des grands monuments. Parfois, je voudrai être photographe. Juste pour graver sur papier ce qui me tient à c½ur. J'ai découvert un pouvoir ; figer le temps. Un souvenir, un moment qui reste à jamais immobile.

Je ne prends que très rarement des photos. J'aime choisir les bons moments. J'ai toujours dans mon sac, au milieu de mes affaires, un petit carnet. Dedans il y a quelques clichés que j'ai pris. C'est pourquoi ces vacances, je ne pense pas en prendre énormément. Je risque de ne rien vouloir garder, de vouloir effacer de ma mémoire tout ce qui va s'y passer.

Perdu dans mes pensés, le regard fixe à l'extérieur, je finis par m'endormir...



C'est un mouvement brusque de l'avion qui me réveille. Ma voisine m'explique que nous passons dans une zone de turbulence. Apparemment elle a terminé son livre, et pour la demi-heure qui reste avant notre arrivée, elle a décidé de me parler.

C'est ainsi que je découvre que Cassie est responsable de communication. Elle va justement en Suisse pour les affaires. Elle parle aussi Français et nous commençons à délaisser l'Allemand pour nous habituer au changement. C'est assez amusant de voir la tête de Roger, assis dans la rangée de devant, à ma diagonal. Il ne savait pas que je parlais une autre langue. Lui évidemment ne sait que l'Allemand. Ces vacances vont être assez amusantes tout compte fait...



Avec regret, je quitte Cassie & me dirige vers ma famille. Ma mère me sourit et me demande si j'ai fait bon voyage. Nous discutons de tout et de rien en attendant que les bagages arrivent.

- Tiens, Alina, tu ne m'avais pas dit que ton fils savait faire autre chose que dessiner ! Il parle Français !

Ma mère, un peu mal à l'aise, lui explique que lors de notre départ de France j'avais 6 ans, et qu'à cet âge là, on n'oublie pas une langue aussi vite. Roger ne s'intéresse pas à moi, mais malgré tout, fait bonne figure devant ma mère. Notre famille est très unie, très. J'aime les sarcasmes & l'ironie.



Extenué, je sors du train et récupère mes valises. J'espère sincèrement que je n'ai pas fait tout se voyage pour arriver dans un hôtel miteux. Chris ne cesse de se plaindre et pour une fois Roger n'est pas de son avis. Il lui intime même de se taire. La fatigue doit s'en doute y être pour quelque chose. Sur le quai, 2 personnes se dirigent vers nous, et s'emparent de nos bagages. Certainement du personnel de l'hôtel venus nous chercher.

Je tends joyeusement ma main à Barnabé, enfin d'après le nom qui est inscrit sur la petite plaquette en métal collée sur son torse, et il me souhaite la bienvenue. Nous suivons Joseph, qui nous indique 2 voitures. Une pour nos affaires, une pour nous. J'aurai espéré faire le voyage avec les valises, mais non.

Je pensais que le trajet serait assez ennuyeux, mais pas du tout. Il n'a fallut que dix minutes pour arriver, et nous sommes à l'accueil de l'hôtel. Ils montent déjà nos sacs dans nos chambres respectives & quelqu'un s'approche pour nous donner les clés.

Pendant que ma mère parle avec l'homme, j'observe les lieux. J'aime bien. Bon, j'avoue, je suis carrément bluffer. La salle d'accueil est spacieuse. Une vitre laisse apercevoir une piscine, et je peux voir quelques terrains derrière celle-ci. Un grand escalier conduit à l'étage & à côté une porte donne accès à la salle à manger. Je vois énormément de personne, signe que cet hôtel doit être respectable.

Une petite fille est assise sur un canapé, une poupée à la main. Un groupe de jeune discute près d'un buffet. Je pense qu'enfaîte cette salle est ouverte à tout le monde. Un dreadé est appuyé sur le rebord d'une fenêtre. Un asiatique lit un livre, installé par terre à côté de la bibliothèque. Et moi au milieu de tout ça.

Nous prenons finalement la direction des escaliers, chacun partant à la recherche de sa chambre.

POV Tom

J'ai faim. Et ce n'est que maintenant que ce besoin vital se manifeste. Juste à 18heures, au moment où je commence mon travail. Je suis maître d'hôtel, dans un hôtel. Je m'occupe donc des clients qui viennent manger. Autrement dit, je vis sur mon lieu de travail. Une chambre m'est réservée, j'ai accès à tout, je fais ce que bon me semble, mais cependant, au petit déjeuné, à midi et le soir, je dois être disponible.

J'ai fait un BEP d'hôtellerie à mes 15 ans, & me voilà, à 18 ans, chef de salle. J'aime énormément ce travail. J'ai beaucoup de temps libre, je suis bien payer, j'estime avoir un bon logement & je ne suis pas cloîtrer dans un bureau. Je peux parler avec les gens, rire avec eux, je communique.

Et mes collègues sont sympas. J'ai beau les superviser, nous nous entendons à merveilles. Ils me charrient souvent, surtout à cause du costard. Pendant les heures de travail un uniforme est obligatoire. Je me retrouve donc 3 fois par jour habillé en costard cravate. Ce que je m'empresse de remplacer par des habits un peu trop large dès que mon service est terminé.

Et là, en l'occurrence, je ne porte pas de baggy. J'attends patiemment que quelqu'un se dirige vers la porte de la salle à manger. Matt l'accueillera et je prendrai le relais à l'intérieur.

De nouveaux arrivants se dirigent vers l'accueil. Une femme brune est accrochée aux bras de se qui devrait être son mari. Mari qui d'ailleurs lui fait remarquer que l'on voit ses seins. Derrière eux se tient une fille. Ou un tableau à vous de voir. Je ne comprendrai jamais comment un garçon peut être attiré par une fille qui porte autant de maquillage et qui paraît si vulgaire. En revanche, le garçon à ses côtés est magnifique.

Son regard balaie la salle, je vois qu'il m'a aperçu, mais n'a pas du faire attention. Ces cheveux retombent gracieusement devant ses yeux, et sa veste est mise négligemment. Contraste étonnant. Il doit être épuisé. J'aurai aimé être à la place de Lisa, elle s'occupe des nouveaux venus.

- Alors, tu reluques la fille qui plus tard sera siliconée ?

A mes côtés se tient Cléo, une fille qui travaille avec moi & qui adore les gays. Elle devient hystérique à chaque fois que l'on reçoit un couple d'homme. D'après ce que j'ai compris elle écrirait même des histoires là-dessus. Je ne vous dis pas sa joie lorsqu'elle a appris que j'étais moi-même homo.

Du coup, maintenant elle est persuadé que je vais me jeter sur toutes personnes du sexe masculin passant à l'horizon. Et elle n'en rate pas une pour ses sous-entendus limoneux. Pourtant, elle ne fait jamais comprendre que c'est d'un gars qu'elle parle. De peur de m'attirer des ennuies, malgré que tout le monde ici soit au courant.

- Non, elle ne m'intéresse pas. Je mens très mal.

- Je suis persuadée que oui. Et je suis persuadée qu'elle aussi est joyeuse.

Je prends un joli teint rosé, Cléo fait souvent, très souvent des jeux de mots. Mais pense-t-elle vraiment qu'il pourrait être gay ? Elle repart quelques peu hilare, alors que je me dirige vers la salle à manger. Le besoin vitale d'une cliente c'est apparemment aussi manifesté. Un dernier regard pour le beau brun qui monte les escaliers et je passe la porte.

Je salue Madame Liégeois et l'installe à une table. Je me charge de passer sa commande en cuisine et d'accueillir tout les autres clients. Petit à petit la salle se remplie, les sommeliers passent de table en table, les odeurs se mélangent et je me sens dans mon élément. Je vois Matt à l'entrée qui fait rentrer le couple de tout à l'heure, mais ne voit pas la fille et le garçon. Je les fais s'asseoir à la table près du Bonzaï.

Leurs commandes prisent, je vais en cuisine. C'est là où travaille Cléo.

- Deux spaghettis bolo' s'il te plaît.

- Alors, la Diva est arrivée ?


Je lui réponds en marmonnant qu'il n'est pas arrivé et tente tant bien que mal de contrôler la rougeur sur mes joues. Je repars en direction de la salle sous les rires de Cléo et quelques regards amusés.

Je m'approche de la table où est assise Madame Liégeois sous les yeux des parents de la Diva, comme l'a surnommé Cléo.

- Tout ce passe comme vous le voulez ?

- Oui Tom, ne t'inquiète pas, comme d'habitude tout est parfait.


Madame Liégeois est une habituée est passe presque tous ses week-ends ici. Elle sait donc mon prénom et m'invite parfois à sa table, ce que je refuse de temps en temps, étant en service. Elle est très gentille et me parle beaucoup. Je reste un moment près d'elle puisque personne n'arrive, puis au bout d'un certain temps repart, la laissant terminer son repas et m'approche des autres tables.

Je me dirige vers Monsieur Yung. C'est un ami de Lisa, une des filles qui s'occupe de l'accueil. Il est heureux d'être près d'elle, et je suis persuadé qu'il l'aime. Il est très attentionné envers elle et vante toujours ses mérites.

Soudain, je vois une petite tête blonde courir vers moi, une poupée à la main. C'est Amélia, la fille de Barnabé. Comme il s'occupe surtout des transports, la petite reste la plupart du temps avec nous. On vérifie qu'elle aille bien, et qu'elle s'amuse. Sa mère, Meredith, est morte il y a deux ans. Mais Amélia est assez courageuse et ne pleure que très rarement. C'est donc comme toujours avec le sourire qu'elle s'accroche à mes jambes.

Je la prends dans mes bras, prenant garde à ne pas lui faire mal. Quelques personnes ayant l'habitude de la voir traîner dans les couloirs lui font un signe de la main qu'elle s'empresse de rendre.

- Comment va Sarah ?

Sarah, c'est la petite poupée que je lui ai offerte. Elle y tient énormément et l'a toujours avec elle.

- Très bien. Et toi ?

Après ma réponse, elle cale sa tête dans mon cou et commence à jouer avec une de mes dreads. Je vois que les occupants de la table près du Bonzaï ne cessent de me regarder. Cela ne m'empêche pas de caresser le dos de la petite Amélia qui me fait des bisous mouillés dans le cou. Elle fait ça à chaque fois, et à chaque fois je rigole.

Je la redresse et met son visage en face du mien.

- Dis voir, qu'est-ce que tu veux manger petite puce ?

- Comme toi !

- Tu veux des pâtes hein ?


Elle me fait un grand sourire, et se cache dans mes cheveux. Je la chatouille un peu et l'amène à sa table. Oui, elle a une table privée. Elle est très gâtée ici.

Lui déposant un baiser sur le front, je vais en cuisine demander une assiette de pâtes pour elle. Autant me rendre utile, je prends le bol de riz et un verre de sirop pour Amélia. En arrivant dans la salle, j'aperçois la fille de tout à l'heure. Je donne vite le sirop à la petite et me dirige vers la table du Bonzaï.

- Bonjour jeune homme ! Le repas est très bon.

- Bonjour... Merci. Que désirez-vous ?


Je dis cette phrase en m'adressant à la rousse assise à côté de l'homme. Plus par obligation que par envie je lui souris. Elle me demande une assiette de salade, parce qu'elle fait un régime. Ok, je m'en fous. Je m'apprête à partir, quand la voix de la femme retentie à nouveau.

- Excusez-moi mais... Cette petite est à vous ? Vous êtes pourtant jeune !

Ah, j'aime parler d'Amélia. C'est avec mon plus beau sourire que je lui réponds que j'ai 18 ans & que cette fille est celle de Barnabé. Comme je m'en doutais, elle me dit que c'est lui qui les a emmenés ici. S'en suit une petite conversation où j'apprends qu'elle s'appelle Alina, que son mari Roger ne sait pas un mot de Français, d'où son mutisme, & que la rousse se nomme Chris. Elle apprend le Français et est assez douée, pour mon plus grand malheur. J'espère juste qu'elle ne commencera pas à me draguer.

Je m'excuse et continue ma tournée autour des tables. De temps à autre Amélia me fait un coucou de la main et je rigole doucement, me promettant d'aller lui essuyer la bouche lorsque j'en aurais le temps.



Madame Liégeois finit par regagner sa chambre, et la salle suit le mouvement. Il ne reste qu'Amélia qui discute avec Sarah, Cléo qui mange un peu, & Monsieur Yung qui attend certainement Lisa. Je défais ma cravate, et aide les serveurs à débarrasser les tables.

Lorsqu'ils me jettent pratiquement hors de la salle, je me dirige vers ma chambre. Une bonne douche me fera du bien avant d'aller grignoter quelque chose en cuisine.


POV Bill

Numéro 3. Ma mère & Roger sont à la chambre 7. Chris c'est tapée la 42. Loin, très loin. Tant mieux. Je tourne lentement la poigné de la porte et l'ouvre.

La pièce est lumineuse et très grande. J'ai un grand lit deux places. Un petit canapé, et un sofa dans un coin de la pièce, une lampe à côté. Une grande commode pour mes vêtements. Et de la place. Enormément de place. Une petite table basse au centre d'un tapis. Et une télévision aussi. Enfaîte, il y a tout.

J'ouvre une deuxième porte, et derrière ce cache une salle de bain. Comme la chambre, elle est très spacieuse. Une baignoire, un lavabo, un grand miroir, et même une douche. 2 peignoirs sont accrochés. C'est magnifique.

Je commence à défaire mes valises. Je retrouve bien vite mon I-pod qui prend place dans ma poche, et les écouteurs dans mes oreilles. Je pose délicatement chaque vêtement dans les tiroirs, et dépose mes chaussures contre le mur.

Une fois tout défait, je me couche sur les draps. Le plafond est d'un blanc immaculé, et cela me détends. D'une main je tente d'attraper le sac qui se trouve au pied du lit. Il y a mon appareil photo à l'intérieur & je veux prendre le plafond.

Je suis extrêmement fatigué, et la douceur des couvertures n'aide pas. Je finis par m'endormir.



Lorsque je me réveille, il est déjà 21h30. Le souper est servi entre 18heures & 22heures. Si je me dépêche et avec un peu de chance, je peux encore manger se soir. C'est avec une rapidité que je ne me connaissais pas, que je descends les escaliers pour arriver devant la salle à manger. Hésitant, je pousse doucement la porte.

Une fille que j'ai aperçue quand je suis arrivée est présente. Elle se lève et vient tout de suite vers moi.

- Bonsoir ! Je suis Cléo, je travaille dans les cuisines ! Qui es-tu ?

C'est un peu sonné que je réponds Bill.

- Ne t'inquiète pas, ça arrive souvent de s'endormir à l'heure du repas. J'vais te chercher des pâtes, bouges pas ! Ou plutôt assieds-toi !

Ayant à peu près assimilé ce qu'elle vient de me dire je me laisse tomber à une table. C'est là que je remarque une petite fille blonde assise en face de moi. C'est celle que j'ai vu à mon arrivée. Elle avait aussi cette poupée.

- Coucou Bill !

Elle me fait un grand sourire et je panique. Comment sait-elle mon prénom ? C'est en voyant Cléo arriver avec mon repas que je me souviens, j'ai dit comment je m'appelais.

- Voilà ! Si tu as besoin de quelque chose dis-moi ! Je serais dans les cuisines. Je te laisse avec Amélia.

J'acquiesce et regarde la petite qui me fixe. Elle est mignonne.

- Elle s'appelle Sarah.

Elle me montre sa poupée et je la prends dans mes mains. Elle est toute fière de me la présenter et ça ne me fait que plus sourire. Cette fille est attachante. Je mange doucement pendant qu'Amélia me raconte ses histoires.

- Dis, tu as une princesse toi ?

- Une princesse ?

- Oui ! Tu sais Lisa elle a un Prince c'est Monsieur Yung ! Mais il faut pas dire.


Elle me dit ça en mettant son doigt devant sa bouche. J'éclate de rire et elle me suit.

- Non pas de princesse. Je n'aurai jamais de princesse.

Je lui réponds un peu embarrassé, comment lui expliquer que moi ce sont les garçons qui m'attirent ? Et à son âge elle ne comprendrait pas.

- Donc tu veux un Prince !

Elle crie ça toute émerveillée et court dans les cuisines. Cléo arrive quelques instants plus tard.

- Tu lui as dit que tu voulais un prince ?

Elle me regarde impatiente de savoir la réponse. Je ne comprends rien.

- Euh, oui en quelques sortes ?

- Yeaah !


Je la regarde abasourdi, et la petite s'approche de moi. Elle me murmure à l'oreille qu'elle connaît quelqu'un qui cherche un prince aussi. Je ne sais pas ce que je dois penser entre Amélia qui essaye de m'arranger un coup, ou l'autre hystérique qui fait des bonds. Je rigole simplement, à près tout, c'est les vacances...



Je m'installe confortablement dans mon lit avant d'éteindre la lampe de chevet. Peu avant que je monte me coucher, Matt & Lisa sont venu. J'ai fait leur connaissance. Tout le monde est chaleureux, j'aime beaucoup cette ambiance. Et pour une fois, j'avais complètement oublié cette histoire de mariage et de demi-s½ur...


POV Tom

Je descends aux cuisines et retrouve tout le monde à parler gaiement. Lisa monte se coucher au moment où j'arrive, suivie de Monsieur Yung déjà en pyjama. Je vois Cléo surexcitée qui parle à Matt et la petite Amélia qui somnole sur une chaise.

- Hey puce, tu es fatiguée ?

Une tête blonde vient se caler adorablement contre moi. Elle papillonne un peu des yeux avant de me répondre « Je t'ai trouvé un prince » & de s'endormir pour de bon. Je lui caresse les cheveux, dépose Sarah sur la table et me retourne vers Matt.

Ils ne se sont même pas encore aperçus de ma présence. Ils parlent de Bill. Un nouvel employé ? Je pense que non, je serai quand même au courant. Ah Cléo m'a vu. Je n'aime pas son regard.

- Tu ne sauras jamais ce qui c'est passé pendant ton absence !

S'en suit un énorme monologue de la part de Cléo, ponctuée de quelques soupires de Matt. Elle s'emporte assez, détaillant certaines choses inutiles, mais ça m'amuse. Je comprends que Bill est un client qui apparemment à fait la connaissance d'Amélia. Et qu'il aime les hommes. Elle finit par reprendre son souffle et me dire.

- Bill est une Diva.

Son sourire ne fait que de s'élargir, Matt ne comprends absolument pas la dernière phrase & je trouve qu'il fait trop chaud. La preuve, je suis tout rouge. Tout d'un coup je trouve un bon prétexte pour pouvoir fuir ; Amélia qui dort sur moi.

Je leur dis bonne nuit, prends la poupée, et sors d'un pas rapide. J'entends Cléo rire comme une forcenée, je l'ai toujours dit, cette fille a un grain ! J'expliquerai tout à Matt demain, en attendant, je monte coucher la petite.

J'espère vraiment qu'elle va bien. Elle a l'aire épanouie avec nous, mais on ne sait jamais. Je trouve rapidement la chambre, Barnabé ne devrait plus tarder, donc je peux laisser Amélia seule. Je la couvre, n'oubliant pas de déposer Sarah près d'elle et lui colle un baiser sur le front. Plus tard, elle fera tourner de nombreuses têtes.

Je referme délicatement la porte derrière moi et regarde l'heure ; 23h30. Et dire que demain je dois être prêt à 7heures. Je traine des pieds avant d'atteindre ma chambre. J'aurai pu voir... Bill. J'aime bien se prénom, il lui va bien. Je n'aurai pas du aller prendre ma douche. Maintenant il connaît tout le monde sauf moi.

En plus... Il est joyeux comme dirait Cléo. Je me sens rougir, et fourre mes mains dans mes poches. Je n'aime pas réagir comme si j'avais... Bah mon âge enfaîte. C'est une réaction un peu idiote. Et puis, je n'ai qu'à demander à Lisa combien de temps il reste, et m'arranger pour lui parler. Il m'intrigue.

Une fois dans ma chambre, je me change & vais m'accouder sur la rambarde du balcon. En générale, les gens font ça pour fumer. Je le fais juste pour admirer la vue. Et surtout parce qu'il est trop tard pour monter sur le toit, et sentir l'air frais. Je le fais donc depuis ma chambre.

La piscine est allumée et entourée de tous les arbres aux alentours, on se croirait dans un rêve. Il ne manque qu'une personne à mes côtés et tout serait parfait.
Je rentre, tire les rideaux et me couche. Demain, une longue journée m'attend. Enfin, presque.



Ce qui m'embête le plus, c'est que les gens ne mangent pas à des heures fixes. En particuliers le matin. On doit être présent à 7h à chaque fois. Mais il arrive que personne ne viennent avant 8h. Et on se dit qu'on aurait plus dormir plus longtemps. Ou l'inverse, tout le monde vient en même temps très tôt, et c'est la panique. Ce qui est le cas se matin.

Je m'efforce de sourire comme d'habitude, même si je suis fatigué, et retrouve Madame Liégeois assise à une table. Elle me salue chaleureusement et me demande une tasse de thé. Je passe en cuisine où je retrouve mes collègues, et Matt me demande d'apporter quelques tartines à Monsieur Yung. Je ne l'avais même pas vu.

Amélia devrait arriver d'ici une heure, ses biscuits sont déjà faits. Alina arrive accompagnée de son mari, je m'approche d'eux et les installe. Roger me demande un café, mais encore dans les brumes du matin, me le dit en Allemand. Plus par réflexe qu'autre chose, je lui réponds dans la même langue et pars chercher son café en cuisine. Au passage, j'aperçois un vieil homme assis, lisant un journal. J'allais faire demi-tour lorsque j'aperçois Cléo se diriger vers lui. On est réellement débordé ce matin, elle ne sort jamais des cuisines d'habitude.

Avant d'apporter le petit déjeuné à la famille qui vient d'arriver, je fais un détour par Madame Liégeois. Elle me chasse prétextant que j'ai trop de travaille et que je ferais mieux d'aller voir la table près du Bonzaï. Je me retourne et vois Bill assis avec sa famille. Et Amélia qui parle avec. Paniqué, je me dirige vers eux et entends Madame Liégeois me dire de balancer un peu plus mes hanches. Décidément ce sont tous des pervers dans cet établissement.

Je fais rapidement demi-tour, j'avais complètement oublié qu'entre mes mains se trouvait le déjeuné de la famille. Je leur pose gentiment, mais rapidement les mets et me dépêche d'aller en cuisine chercher les biscuits d'Amélia. Cléo est pratiquement morte de rire en me voyant, et je comprends mieux pourquoi elle est allée vers le vieil homme. Cette fille est tordue au point de m'inciter indirectement à aller dans les cuisines pour que je ne voie pas Bill arriver.

Je pénètre une fois de plus dans la salle, Matt derrière moi, et me dirige vers Amélia. Je n'ai pas le temps d'arriver qu'une tête blonde me saute dessus. Quelques peu déséquilibré, je continue mon ascension et arrive enfin à leur table. Amélia s'empresse de me parler d'Alina et de Roger, et je la coupe doucement lui expliquant que j'ai déjà fait connaissance. Elle boude un peu, et va s'asseoir sur les jambes de Bill.

Je reste un moment choqué, immobile avant de me rendre compte de la gaffe qu'a faite la petite. Je m'excuse et m'avance pour la prendre, lorsqu'une main m'arrête.

- Tu peux la laisser là, elle est tellement mignonne.

Je bafouille des mots dont je ne sais même pas le sens et repars en cuisine. D'ailleurs, je ne sais pas pourquoi j'y vais. Je n'ai pas demandé à Bill ce qu'il voulait déjeuner & j'ai toujours les biscuits de la gamine dans les mains.

Matt me demande d'aller m'occuper de l'entrée, et me dis qu'il se chargera de la salle. Mais depuis quand on me pique ma salle ? Je suis le chef et je m'en occupe. Oui, si actuellement je suis entrain de me diriger vers la porte parce que Matt a pris possession des biscuits d'Amélia, c'est parce que je l'ai décidé. Et non, je n'ai pas aperçu Madame Liégeois rire. Non non non...



POV Bill

Ma mère parle et me dit que le garçon était Tom, qu'apparemment il parle Allemand parce qu'il a répondu à Roger... Bref, elle est toute contente, mais moi je n'ai même pas regardé ce Tom. La petite Amélia est bien trop choue pour ne pas l'écouter.

Ce matin j'étais un peu perdu dans les couloirs et je l'ai vue. Nous sommes descendus ensemble et elle m'a expliqué que son père s'occupait des transports. Certains jours comme hier, il travail énormément, d'autre beaucoup moins et qu'il s'occupe très bien d'elle. Elle m'a l'air bien mature. Et puis, elle a pris ma main et m'a fait visiter un peu les couloirs. Certains endroits sont interdits, mais elle m'a avoué si aventurer de temps à autres. Que de toute façon, Tom l'a couvrait.

Enfaîte, ce Tom revient souvent dans les conversations. C'est lui qui lui a offert la petite poupée. Et c'est lui qui lui fait ses petites couettes quand elle en a. Ce matin, elle a les cheveux en bataille et est toujours en pyjama. Logique, ils travaillent tous.

Je l'aide à manger ses biscuits, je m'amuse vraiment. Un autre garçon vient me demander ce que je veux déjeuner, et je lui réponds que je n'ai pas très faim. Avec les gâteaux d'Amélia, je suis rempli.

Un peu plus tard, je repasse par la porte et croise le dreadé de tout à l'heure. Je n'ai pas vraiment le temps de le regarder, la petite me tire vers les escaliers. Elle veut absolument voir mes dessins et mes photos.

Je l'installe sur mon lit et elle couche Sarah sur un coussin. Je prends mon appareil photo et la prends. Elle est une exception, et se souvenir, je le veux. Elle me dit en rigolant qu'elle adore faire des photos, mais que Tom déteste ça.

- Tom n'aime pas les photos ?

Elle m'explique avec de grand geste qu'il ne faut pas le prendre en photo quand il dort. Le reste du temps, il est toujours partant, mais que quand il dort c'est formellement interdit. Surtout si on le fait avec le portable de son père. J'éclate de rire et elle rougit un peu.

Elle prend mes dessins et commence à les admirer. Elle commente tout et parle avec entrain. Je suis heureux de voir qu'elle est si sociale, ça n'aurait pas été facile dans un hôtel si elle ne l'était pas.

- Dis Billou, je rigole à se surnom, tu peux me dessiner quelqu'un ?

- Oui bien sûre.


Je nous installe à mon bureau et lui demande ce qu'elle veut. Elle me décrit un grand garçon, avec une robe. Je la regarde, un sourcil haussé, sans comprendre.

- Mais tu sais ! Une robe pour les garçons ! Bouge pas je vais t'en chercher une !

Elle se précipite dans le couloir et je reste le crayon relevé au-dessus de la feuille, observant la porte grande ouverte. Quelques secondes après, remis du choc, je commence le dessin. Je ne fais qu'une petite esquisse, après tout je ne sais pas ce qu'Amélia va me trouver.

Quelques minutes plus tard, une tête blonde débarque avec un t-shirt XXL. J'éclate de rire et prend le vêtement entre mes mains.

- Tu vois ! Une robe pour garçon !

Je lui demande où elle a trouvé ça, mais elle ne veut rien dire, c'est un secret. En revanche, elle veut que je l'essaye. Devant sa bouille je ne peux qu'accepter. Me voilà revêtu d'un grand t-shirt qui arrive plus bas que mon bassin. Amélia me prend en photo et je commence à rire.

Je fais le dessin selon ses dires, et elle finit par rapporter le t-shirt là où elle l'a trouvé. Lorsqu'elle revient elle me dit que je dessine très bien. Elle le voulait pour l'offrir à Tom. Apparemment c'est lui. J'espère juste que ce n'était pas un de ses t-shirts qu'elle est allée prendre. Les fois où je l'ai vaguement aperçu il portait un costume donc bon.

Je passe une partie de la matinée avec elle, puis finis par aller flâner seul. Je ne fais pas attention à Chris et mes parents, je suis là pour m'amuser. Je ne sais même pas où ils sont. Je fais le tour de la piscine et m'avance vers un terrain. Je m'assois sur la cage de foot, et regarde en face de moi. C'est le matin, je ne pense pas qu'ils vont venir jouer.

Le vent souffle un peu, et je vois un jardinier s'avancer vers moi. Il n'a pas l'air très content.

- Excusez-moi jeune homme, mais il est interdit de s'asseoir là-haut.

Je descends de mon perchoir et il me demande si je suis nouveau, ce à quoi je réponds positivement. Il me dit que pour cette fois ça passe, mais que la prochaine fois je risque des ennuies. J'me suis juste assis, je n'allais pas lui casser sa cage.

Je retourne en direction de l'hôtel, j'ai envie de monter au dernier étage. C'est celui des employés. Amélia m'a dit qu'il n'était pas très différent, mais c'est le seul où je ne suis pas allé. Et comme je ne sais pas quoi faire...



POV Tom

Après mon service, je me suis bien fait charrier par Cléo. Je n'ai pas perdu tout mes moyens, c'est que j'avais peur qu'Amélia ai fait une bêtise. Je ne pouvais pas savoir qu'elle le connaissait. J'aurai pu faire le rapprochement avec son histoire de prince mais bon. Je sens que Cléo est entrain d'avertir tout le monde et qu'ils vont tous essayer de me caser avec Bill. Mais je ne veux pas, je veux juste le connaître.

Et puis, de toute façon il est en vacances. Alina m'a dit qu'ils vivaient en Allemagne. Je n'ai pas vu la fille là, Chris. Je suppose qu'elle faisait une grasse matinée.

Je me promène un peu dans les couloirs avant d'aller dans ma chambre. Comme toujours...
Je soupire un peu et passe une main sur mon visage. Je ne sais pas où est Amélia. Je l'avais carrément oubliée. Elle était montée avec Bill, et je ne sais pas ce qui c'est passé ensuite. J'espère qu'elle n'oublie pas qu'aujourd'hui son père ne travaille pas l'après-midi.

Mais que fait Bill à cet étage ?

- Hey vous ! Que faites-vous ici ?

Mince, Rafael ! C'est le jardinier, il est toujours de mauvaise humeur.

- Rafael !, souris Tom, souris, c'est Bill je lui ai dit de me rejoindre à cet étage ! Ne t'inquiète pas !

Il ne dit rien et s'en va. Je n'aime pas ce type. Je me retourne vers Bill qui me fait un signe de tête avant de s'éloigner. Je reste pantois quelques instants avant de regagner ma chambre. Décidément, il n'est pas très sociable avec moi. Je me change rapidement, et remarque qu'un de mes t-shirts est posé sur mon lit. Avant d'en prendre un autre, je mets celui-là. Sûrement Amélia qui c'est amusée avec.

J'aère un peu la chambre avant de repartir. Je croise Monsieur Yung qui va sûrement chercher Lisa. Ces deux là devraient déjà être ensemble, et arrêter de se tourner autour. Je descends gaiement les escaliers lorsque je vois Amélia assise sur une des marches.

- Hey, qu'est-ce qui se passe ?

Je m'assois à ces côtés et remarque ses yeux remplis de larmes. Elle s'accroche à mon t-shirt et se retient de pleurer. Je n'aime pas la voir comme ça. Je ne sais pas ce qui ce passe.

- Je ne sais plus où j'ai laissé Sarah.

Elle me murmure cette phrase comme si c'était une énorme bêtise. Je la prends sur mes genoux et lui demande où est-ce qu'elle l'a vue pour la dernière fois. Evidement, elle ne s'en souvient pas. Je lui propose de faire le chemin qu'elle a fait ce matin.

Nous passons un peu partout dans l'hôtel et elle ne l'a toujours pas retrouvée. J'espère qu'elle n'est pas allée dehors.

- Tu l'avais quand tu étais avec Bill non ?

Elle me fait un grand sourire avant de brandir ces deux petits poings en l'air.

- Oui, elle est dans sa chambre !

Elle enlace mes jambes et rigole. Je tiens un peu mon baggy, à force de tirer dessus elle va me le faire tomber...


Après être allé chercher son maillot de bain, j'entraîne notre petite tête blonde à la piscine. Je dépose deux linges sur l'herbe et lui met de la crème solaire. Elle aime beaucoup se baigner, mais je ne peux pas aller dans l'eau avec elle. Le temps de me sécher et me doucher, je serai en retard pour le repas de midi.

- Tu fais doucement hein Amélia.

Elle me fait un grand sourire et rentre dans le petit bassin. Elle ira récupérer Sarah après manger, si Bill veut bien. Je pense que sur ce point, il n'y aura pas de soucis.

D'ailleurs je le vois qui se promène sur le terrain de foot. Il se dirige vers la petite rivière qui passe derrière notre propriété. Mon portable vibre, c'est un message de Cléo.

« Je suis sûre que derrière tes lunettes de soleil, tu le reluques. »

Je me tourne vers l'établissement et remarque la tignasse noiraude aux bouts rouges de Cléo. Je devine sans mal l'énorme sourire qui trône sur son visage & remercie intérieurement celui qui a mis tant de distance entre la piscine et l'hôtel. Elle ne peut pas voir la légère rougeur sur mes joues.

Je range mon portable et vois Bill jeter quelques cailloux dans la rivière. Si quelqu'un le voit, il va avoir des ennuis...

- Amélia ! Viens voir.

Elle arrive en courant et s'enroule dans la serviette que je tenais. Je la prends dans mes bras et la sèche un peu.

- Tu veux bien aller vers Bill et lui demander si tu peux récupérer Sarah ? Pendant ce temps j'irai te sortir des habits propres et Lisa te douchera. Comme ça tu seras toute belle pour voir Barnabé, ok ?

Elle me fait oui de la tête et cours vers lui. Je ne sais pas d'où elle sort toute cette énergie. Je me lève, prends toutes nos affaires, et regagne l'hôtel. Je passe à l'accueil demander à Lisa d'aller doucher Amélia et monte à mon étage. Je me change rapidement, met mon linge à sécher et descends retrouver Matt.

Il est déjà devant la porte comme d'habitude. Je vais m'appuyer contre la fenêtre et il s'approche de moi.

- Hey Tom... Explique-moi ce qui se passe avec Bill. Madame Liégeois ne veut rien me dire !

Je rigole un peu et lui explique la situation...


POV Bill

Je suis assis sur le lit d'Amélia, pendant que Lisa est avec elle dans la salle de bain. Dans deux-trois heures la petite verra son père et elle est tout excitée. Elle est venue me voir enroulée dans un linge pour me dire que Tom se faisait du souci pour moi et que Monsieur Rafael n'appréciait pas que l'on fasse des ricochets dans la rivière. Elle a ensuite ajoutée que j'étais cependant aussi fort que Tom à ce jeu-là et que je devais aller chercher Sarah.

Je pense qu'elle s'est emmêlée dans ce qu'elle devait dire, mais je l'ai suivie. Ce Tom commence à m'intriguer. En tout cas, maintenant je sais ; le t-shirt était le sien, il le portait tout à l'heure.

Lisa reviens quelques peu mouillée et s'empresse de me fourrer une brosse dans les mains.

- Tu la coiffes, je suis à la bourre !

Elle disparaît en quelques secondes & Amélia se précipite sur moi. Elle porte une petite robe bleue et me temps deux élastiques de la même couleur.

- Tu fais les couettes comme Tom ?



Après un long moment, je parviens enfin à lui faire deux couettes à peu près parallèles. Elle se tourne vers moi et me fais un grand sourire.

- Papa va me trouver belle ?

Je lui fais oui de la tête et elle tourne sur elle-même. Cette petite est juste adorable.

Elle m'entraîne dans les couloirs, certainement en direction de ma chambre pour récupérer la poupée. Elle a pris ma main et me parle de son père. Elle a vraiment hâte de le voir.


Poupée en main, elle part à la recherche de Tom pour lui apporter son dessin. Elle tient absolument à ce que je vienne avec elle, pour qu'il sache que c'est moi qui l'ait fait. Je n'ai pas vraiment le temps de dire non qu'elle s'élance déjà vers les cuisines.

- Dis Cléo, où est Tom ?

- Avec Matt, vers la fenêtre.


Amélia fait demi-tour et je marche derrière elle en direction de ce qui devrait être Matt & Tom. Le premier est mort de rire et le deuxième aborde une couleur proche du rouge.

- Oh Bill ! Bon, moi j'vais devant la porte hein...

Tom se tape le front avec la paume de sa main & Amélia s'approche de lui.

- Tom, regarde, c'est pour toi.

Il se baisse et prends le dessin entre ces mains. Il sourit doucement et se penche vers la petite.

- Qui a fait le dessin, il est magnifique...

Elle se retourne et me montre du doigt. Je lui souris timidement lorsque Chris me retourne violemment.

- Faut que tu montes aider mon père et ta mère !

Je ne réponds même pas et commence à prendre la direction des escaliers. Ce qu'elle peut m'énerver, tout allait très bien. J'l'avais presque oubliée...


POV Tom

Il part et sa s½ur s'approche de moi.

- Tu sais Tom... Tu es très beau.

- Merci.


Amélia resserre un peu ses bras autour de ma jambe et je réprime un petit rire. On ne dirait pas, mais elle est possessive...

Chris n'arrête pas de me draguer, et comme pour admirer le spectacle, ma petite blonde s'installe contre le mur et observe la scène.

- J'aime beaucoup tes yeux.

Elle s'approche de moi, et commence à tirer sur ma cravate. Je n'aime pas qu'on touche à ma cravate, je mets toujours trois siècles à faire ma cravate, et là, elle triture ma cravate.

- En plus tu as des grandes mains...

Elle se dandine un peu, et sa m'énerve. En plus Amélia se fou de moi, j'le vois bien elle a sa main plaquée sur sa bouche !

- Tu sais, j'ai presque ton âge...

- Oui mais je-

- Et puis, je suis très mature...


Elle commence à tirer un peu sur ma veste. Là, c'est chiant.

- Mais tu sais, je suis-

- Je suis assez belle aus-

- Mais je suis GAY !


Fallait pas s'amuser à me couper la parole. Elle à l'air d'assimiler ce que je viens de lui dire quand Cléo débarque.

- Hey To-

Malheureusement Cléo ne peut pas terminer ça phrase, Chris vient de l'embrasser à pleine bouche. Et c'est le moment que choisissent Lisa et Monsieur Yung pour descendre.

Je ne peux m'empêcher d'éclater de rire, ce qui ameute Matt, toujours prêt à se joindre à nous. Cléo tante de repousser Chris, ce qui n'a pas l'air de plaire à cette dernière. Madame Liégeois me fait part de sa présence en tapotant mon épaule et je me retourne vers elle.

Je quitte cette scène fort joyeuse pour aller installer Madame Liégeois à une table. Lorsque je reviens, Cléo est partie, Matt se tient devant sa porte & Chris me regarde avant de partir en tapant du pied.

Amélia me dit, la tête penchée vers la droite, « Faudrait lui dire que c'est Bill qui te plaît ! », avant que je ne me jette sur elle pour la chatouiller.



L'heure du repas terminée, Amélia part avec son père pour l'après-midi. J'aide un peu à nettoyer la salle, puis prends place en face de Christine, enfin Madame Liégeois, mais elle m'a autorisé à l'appeler par son prénom.

- Et bien mon grand, vos amours ?

Je rigole et pars dans une grande discussion avec elle. Lui parler me détends, et puis elle est d'assez bons conseils. Sauf peut-être la fois où elle m'a dit de bouger mon derrière.

Pendant que nous parlons, Lisa et Monsieur Yung s'embrassent. Enfin, il était temps. Il faudrait peut-être que je pense à lui demander son prénom aussi.

Un peu plus loin Cléo tape sur les touches du clavier de son ordinateur portable & Matt regarde. Il a l'air assez concentré et de temps en temps lève les yeux vers moi. Je ne sais pas ce qu'ils trafiquent, mais je sens que ça ne va pas me plaire.

Au bout d'une heure, je laisse Christine partir se préparer pour sa séance de massage. On ressent tout de suite le vide que fait Amélia, même Sarah me manque, c'est pour dire.

Je me lève et pars rejoindre Iris sur le terrain de tennis. Elle m'a demandé de l'aide pour le cours qu'elle avait cet après-midi. Elle s'occupera d'un couple et moi de deux jeunes.

Une fois sur place, elle me temps une raquette et ma tenue. Un petit short. Petit. Pas très large. Je la fixe sans siller et elle finit par soupirer. Je gagne toujours à ce jeu là. Je cours me changer et redescends sur le terrain habiller avec un pantacourt blanc à mon goût. Je porte aussi un bandeau noir surmonté d'une casquette blanche. Je mets mes lunettes de soleil sur mon nez et prends une pose ridicule. Iris éclate de rire et me fais signe d'aller de l'autre côté du filet.

On s'entraîne un peu avant que je vois la famille de Bill & Chris arriver. Iris se présente et me présente par la même occasion. Elle ne doit pas être au courant de l'histoire.

- Donc aujourd'hui, je vais m'occuper de Roger & Alina et Tom tu prends les deux autres ?

J'hoche la tête et pars chercher deux petites balles jaunes. Iris commence tout de suite les explications, mais peine un peu avec Roger. Alina se charge donc de la traduction.

J'observe Bill et sa s½ur. Chris mâche un chewing-gum bruyamment, et son frère regarde ses ongles. Ça ne va pas être simple.

- Hum, Chris c'est dangereux de faire un sport avec quelque chose dans la bouche, tu pourrais t'étouffer avec...

- Je ne parle pas aux gens de ton espèce. Et je garde mon chewing-gum.

- C'était pas une question, tu l'enlèves parce que là, ça m'emmerde.


Bill relève immédiatement la tête et Chris s'exécute. Depuis quand ce permet-elle de me juger ? Je leur tends une raquette et leur explique la base des mouvements. Bill se débrouille plutôt bien, mais ce n'est pas le cas de la rousse. Elle s'énerve et finit par envoyer valser sa raquette à l'autre bout du terrain avant de s'en aller.

Roger crie quelque chose à l'encontre de Bill qui se permet de ne répondre qu'un « Okey d'acc' » en levant son pouce.

- Je suis désolé ma s½ur est idiote.

Je lui souris est reprends mes explications. Une fois ou deux je dois me placer derrière lui pour l'aider à faire le geste. Ça n'a pas l'aire de le déranger, mais moi je me contrôle pour ne pas rougir. Je ne comprends pas pourquoi je réagis ainsi avec lui et ça m'énerve un peu.

Vers 4h Iris me fait signe d'arrêter, et met fin au cours. Bill est tout mouillé et se passe une serviette sur le visage. Je reste émerveillé par se geste qu'il réitère une seconde fois. Je prends une bouteille d'eau & la lui passe après avoir bu. Il me remercie et bois à son tour. Une goutte glisse le long de son menton, avant de parcourir sa gorge et de disparaître sous son haut.

Je détourne les yeux, ramasse mes affaires et lui souhaite une bonne journée. Il me sourit et se retourne pour prendre son sac. Je marche en direction de l'hôtel, une bonne douche me fera du bien...



L'heure du souper approche et Amélia rentre avec Barnabé d'une longue journée. Elle sourit énormément et n'arrête pas de parler à son père. Je suppose que ce soir, avant de monter me coucher, j'aurai le droit au récit de l'après-midi.

Il faudrait que je passe prendre les horaires des jours qui viennent, savoir si comme Iris, quelqu'un a besoin de moi pour une quelconque activité. J'espère juste que personne d'autre ne tombera malade. Lisa s'est sentie mal au milieu de l'après-midi, et Monsieur Yung l'a amené à l'infirmerie. Elle a un coup de froid, pas énormément de fièvre, mais elle ne cesse de se moucher. Et puis elle tousse & éternue sans arrêt.

Un nouveau client arrive à l'accueil, et le remplaçant de notre petite brune malade est allé aux toilettes. Je vais donc à l'encontre de l'homme qui attend. Il me dit son prénom, et effectivement sa réservation a été faite. Il me semble que c'est la deuxième fois que Monsieur Morel vient dans notre établissement. Je lui donne les clés de la chambre 98, et retourne à mon poste.

Il s'arrête un instant et regarde Alina qui sort de la piscine suivie de Roger. Ce dernier me fait un petit signe de la main auquel je réponds. Lorsque je tourne la tête vers les escaliers, Monsieur Morel n'y est plus. En revanche Madame Liégeois descends. Une fois près de moi, je lui prends le bras et l'entraîne dans la salle.

Elle rigole un peu, et comme d'habitude je vais prévenir Cléo que quelqu'un est arrivé. Matt discute un moment avec elle pendant que j'ouvre un peu les fenêtres. Il fait assez chaud, et je suis persuadé que se soir, de nombreux clients vont aller à la piscine.

S'enchaînent les plats & les demandes. Le personnel s'active, adultes & enfants dégustent leurs plats et Chris pénètre dans la salle. Je l'emmène à la table près du Bonzaï, elle ne dit rien et s'y installe. Je la délaisse pour rejoindre Lisa et Monsieur Yung qui viennent eux aussi d'arriver.

Lisa a amené un paquet de mouchoir et je ne peux m'empêcher de me moquer. Elle me tape avec son précieux, et Yunxuan l'arrête gentiment. Ah oui, je lui ai demandé son prénom en le croisant dans le couloir, après ma douche. Il m'a autorisé à l'appel Yun, et je n'en suis que plus ravi.

Elle éternue et je réprime un petit rire. La pauvre, il fallait qu'elle tombe malade pendant les vacances. Je les amène près de la table d'Amélia, où sont déjà disposées quatre assiettes. Apparemment, Matt avait prévu le coup. Lisa manque de s'étouffer et je pars sous le regard amusé de Yun et celui qui se veut effrayant de la petite brune.

Monsieur Morel arrive, et prend place à la table voisine de celle où se trouve Chris. Il est grand et assez mince. Il a l'air calme et sous quelques mèches noires qui retombent sur son visage, se cachent des yeux amandes un peu bridés marron. Ce qui m'étonne, c'est qu'il ne soit pas accompagné.

Je délaisse mes réflexions et approche de Camille, une jeune fille venue passer la semaine ici. Elle est très sympa et d'après Matt a de très beaux yeux.

- Tout va bien ?

- Oui, tout est parfait !


Elle porte un jeans et un dos nu brun. Ces cheveux sont attachés, et une rose est posée sur sa table. Elle remarque que j'observe la fleure et me demande pourquoi elle est la seule à en posséder une. Ça, c'est quelque chose qu'elle ne saura pas, ou alors, en temps voulu. Mais ce n'est certainement pas moi qui vais le lui dire.

Je pars en souriant sous ses quelques protestations. Je marche en direction des cuisines lorsque je sens deux bras s'accrocher fermement à mes jambes.

- Tomiiiiiiiiii !

La moitié des gens présents dans la salle se retournent & en voyant la scène, et sourient tendrement. Ils finissent par avoir l'habitude, à force. En revanche Barnabé ne sait plus où se mettre.

- Je suis désolé, elle t'aime beaucoup...

Je penche la tête de côté et regarde Amélia. Elle a toujours Sarah dans sa main et je ne peux m'empêcher de la prendre dans mes bras. Elle s'accroche à mon cou et je les conduis, elle et son père, près de Lisa et Monsieur Yung.

Une fois Barnabé installé, dépose la petite sur sa chaise. Elle proteste un moment, ne voulant pas que je sois seul. Je finis par céder et la prend avec moi. Nous faisons le tour des tables et je m'assure que tout le monde aille bien. Soudain, Alina pénètre dans la salle et se dirige vers moi.

- Bonjour, comment allez-vous ?

Je m'apprête à répondre mais Amélia fut plus rapide.

- Très bien, et toi ? Et puis où est Bill ? L'après-midi j'étais avec papa !

Roger arrive derrière et me fait un signe de tête. J'entraîne tout mon petit monde à la table où est assise Chris. Monsieur Morel lève la tête de son assiette et commence à s'étouffer. Je dépose immédiatement Amélia par terre et me précipite sur lui.

Il me rassure et me dit que tout va bien. Je vois Alina blêmir et s'asseoir. Je prends la main libre de ma petite tête blonde et l'éloigne de cette scène quelques peu bizarre.

Elle me raconte son après midi, et je la reprends dans mes bras. Comme personne n'a besoin de moi, je m'appuie contre le mur et elle s'amuse avec une de mes dreads. C'est une de ses habitudes, mais la façon dont elle le fait est très enfantin.

Elle se penche à mon oreille et me chuchote « J'aimerai bien que tu sois le Prince de Bill ». Je la regarde, et vois qu'elle est très sérieuse. Elle me sourit et d'un aire espiègle me dit de regarder vers la jolie jeune fille à droite.

Je vois Matt qui parle avec Camille. C'est lui qui lui a offert la rose. Elle donne l'impression de l'apprécier. J'espère qu'elle n'habite pas trop loin, il serait dommage qu'ils perdent contact. Surtout qu'elle est là toute la semaine.

Cléo sort des cuisines avec un plat, puis va s'asseoir à une chaise non loin de la porte. Je ne comprends pas ce qu'elle fabrique. Barnabé appel Amélia, et je la laisse aller manger. Je vois Bill rentrer et Cléo s'empresser de l'accueillir. J'aimerai savoir ce qu'elle fait. J'espère juste qu'elle ne va pas tout gâcher. Enfin tout...

Je ne lui ai jamais réellement parlé. Il connaît presque tout le monde, mais moi, il ne m'aborde jamais. Je n'ai pas vraiment passé du temps avec lui, sauf lors du cours de tennis.

Peut-être Amélia lui a fait peur avec cette histoire de Prince. Qu'il pense que je vais lui sauter dessus à tout moment. Ou alors, je ne lui intéresse pas. Mon style ne l'attire pas.

- Tom ?

À l'entente de mon prénom, je me dépêche d'aller voir ce que l'on me veut. Christine me fait signe de m'asseoir, ce que je fais. Elle me parle jusqu'à ce que Matt vienne me chercher pour m'emmener en cuisine.

Une fois arrivé, il me demande mon avis sur Camille. Je le taquine un peu et il me raconte heureux qu'elle a aimé la rose.

Cléo s'approche de moi et me tend une assiette. Steak de cheval, frites.

- Euh oui ?

- Pour Bill.


Et elle me pousse dehors. Je me retrouve devant la grande salle avec mon plat, et je me rends compte du monde qu'il y a. Pour la première fois, je suis stressé à l'idée de passer au milieu de tout ses gens. Alors que je le fais tous les jours depuis longtemps maintenant.

J'avance de quelques pas, pied droite puis pied gauche. Ainsi de suite jusqu'à arriver devant la table près du Bonzaï. Sa table.


POV Bill

Je pousse la porte, et Cléo me saute dessus. Elle n'est pas censée être en cuisine elle ?

- Bill, je peux te poser deux trois questions ?

Un peu méfiant, c'est qu'elle n'est pas très normale cette fille, je réponds à l'affirmative. Elle me demande ma couleur préférée, si actuellement j'ai des vues sur quelqu'un, et si je porterais plainte dans le cas où on me prendrait comme personnage fictif. Je réponds à ces questions, et elle me saute au cou.

Je suis soit disant le premier qui ne demanderait pas des dédommagements. Elle n'est pas écrivain, pourquoi est-ce qu'elle voudrait savoir ça ? Elle finit par me conduire à ma table et cours jusqu'à Matt. Il fait une drôle de tête, me regarde et éclate de rire. Cet hôtel est un hôtel de barje. Et je crois que c'est justement pour ça que je m'y plais tant...

J'écoute Roger parler avec ma mère. Ma s½ur n'est pas dans son état normale, quelque chose a du se passer pendant mon absence. Je joue distraitement avec la nappe, et regarde la salle. Tom approche avec entre les mains ce qui semblerait être mon repas. J'entends l'agaçant « Okey d'acc' » de Roger, puis la voix de Tom.

- Bonsoir.

Je le regarde et lui sourit. Il dépose mon plat devant moi et baisse les yeux. Il commence à faire demi-tour, mais j'attrape son poignet avant.

- Merci.

Je retire ma main et il se tourne vers moi avec un grand sourire. Tout le long de mon repas, je n'ai en tête que sa langue jouant avec son piercing.



Il fait décidemment trop chaud. Je suis allongé sur mon lit, t-shirt trop court et jeans. La fenêtre est grande ouverte et depuis mon lit j'entends plus que je n'aperçois les clients de l'hôtel dans la piscine. Mais je n'ai pas envie de me mêler à la foule.

Je prends un paquet d'm&m's posé sur la table basse et le fourre dans ma poche. Je sors discrètement de ma chambre et traverse de nombreux couloirs avant de trouver les escaliers. Je monte, monte et monte. J'espère atteindre le toit.

J'arrive au dernier étage, ouvre la petite porte grise. Un vent frais me parvient et je frisonne. Il a beau faire chaud, en hauteur ce n'est pas pareil. Je m'avance jusqu'à la rambarde et m'y appuie. Je domine tout depuis ici.

Le bruit d'une porte qui se ferme se fait entendre. Des pas se rapprochent. Je risque d'avoir des ennuis.

- Tu sais normalement on a pas le droit de monter sur le toit.


Il murmure cette phrase en fixant un point invisible à l'horizon. Ses mains se posent sur le métal froid de la barrière. Il détourne son regard et le pose sur moi.

- Tu dois avoir froid...

Tout en chuchotant ses mots, il survole mon bras à l'aide d'un de ses doigts. Je frissonne de plus belle.

Il retire son sweat et me le tend. Je le regarde perplexe, puis le met. Son odeur est imprégnée dessus, et je me sens bien.

- Mais toi tu ne vas pas-

- Je viens souvent ici, j'ai l'habitude.


Une légère rougeur teinte ses joues et je souris. J'ouvre le paquet qui était dans ma poche et le lui tend. Il me sourit lui aussi et prend un m&m's. On reste comme ça un moment, à admirer la vue et manger. Le silence n'est pas pesant, juste agréable.

- Tu dessines drôlement bien.

C'est à mon tour de rougir. Je regarde mes chaussures, puis reporte mon attention sur lui. Je me perds dans ses yeux. Noisette. Son visage est simple, il n'a pas besoin de maquillage pour être beau. Il s'apprête à dire quelque chose, mais le cri d'un albatros nous fait sursauter.

Il éclate de rire et je le suis bien vite. La situation est tout de même ridicule, qu'est-ce qu'un albatros fait ici ?

Petit à petit nous reprenons notre sérieux, et je me rends compte que nous sommes très proches. La discussion que j'ai eue avec Amélia me revient en tête. Est-ce Tom le prince qu'elle connaît ?

- Dis, je voulais savoir... Amélia m'a parlé d'une histoire de prince...

Je laisse ma phrase en suspend. J'espère juste qu'il ne va pas me prendre pour un imbécile. Il me regarde, et mâchouille sa lèvre inférieure.

Bonus ; Alina & Julien, son amant.


Une femme quelques peu dévêtue, surtout au niveau de la poitrine, à croire que c'est une habitude, tentait de sortir de sa chambre sans réveiller son mari. Chaussons roses et peignoir blanc en main, elle parcourait les étages à la recherche de la chambre numéro 98.

Une fois devant la porte, elle replaça quelques mèches de ses cheveux, puis entra dans la pièce. Ses yeux parcoururent rapidement l'endroit où elle se trouvait, avant de se poser sur Monsieur Morel.

Julien, de son prénom, dormait sur le canapé, un livre menaçant de tomber de sa main. Alina s'approche doucement et tenta le plus calmement possible de retirer ce satané bouquin des petites mimines de son amant.

Une fois la tâche accomplie, elle prit un coussin et frappa le pauvre homme endormis sur la chaise. Quelque peu sonné, Julien se réveilla, passant une main sur ses yeux collés.

- Je veux mon taille crayon.

N'assimilant pas les dires de la femme, le noiraud répliqua un élégant « Hein ? », ce qui eut pour effet de mettre en rogne l'intruse qui l'avait tiré de son sommeil.

- Tu crois que je n'ai pas vu que tu as volé mon taille crayon la dernière fois ?

Prenant peu à peu conscience de la situation, Monsieur Morel se releva d'un bon et fit le tour du siège où il était autrefois endormi.

Se souvenant parfaitement d'avoir dérobé le taille-crayon bleu, il eut un sourire sadique.

Ce jour-là, il était une fois de plus allé chez Alina. Il ne comptait plus le nombre de fois où elle avait trompée son mari. En même temps, qui tiendrait le coup avec quelqu'un qui répète sans cesse « Okey d'acc' » ?

Il s'était amusé dans la chambre de Chris pour varier un peu, puis Alina était partie se doucher. Comme Roger n'allait pas tarder à rentrer, Julien avait laissé un mot sur le lit avant de partir.

En traversant le couloir, son regard fut attiré par un objet posé sur le meuble ; le fameux taille-crayon bleu. N'y tenant plus, le malotru s'en emparât et disparu à jamais... jusqu'à aujourd'hui.

Cet événement, datant de la semaine dernière, était bel et bien resté dans l'esprit de l'amante du voleur, qui voulait à tout prix récupérer son bien. Quel fut sa surprise lorsqu'elle aperçu Julien, accessoirement son amant & l'auteur du crime, à l'heure du souper. Son plan c'était mis lentement, mais sûrement en marche.

Elle contourna à son tour le fauteuil, et fit reculer Monsieur Morel jusqu'au mur. Dévoilant ce qui ce cachait dans son peignoir, c'est-à-dire une cuillère de dinette, elle toisa son prisonnier.

- Tu récupères ta cuillère si tu me redonnes mon taille-crayon...

Mitigé entre l'envie de garder le beau taille-crayon d'Alina & de récupérer sa précieuse cuillère de dinette, Julien semblait perdu. Il renonça finalement et alla chercher le précieux trésor caché dans la double poche de sa valise.

Récupérant enfin se qui manquait à son meuble, la femme à la poitrine exposée tendit la petite cuillère à son amant.

Une fois le taille-crayon bleu rangé à l'abri dans un de ses chaussons roses, Alina se jeta sur Julien. Dans un hôtel, il ne l'avait jamais fait.


Fin du Bonus.


- Euh... Le prince... Elle est encore petite et je ne savais pas comment lui expliquer que...

Je ne comprends pas la fin de sa phrase, il bafouille avant de baisser complètement la tête. Je remarque alors qu'il rougit fortement.

- Pardon ?

Il se redresse et tente de cacher son visage. Ses doigts tapent nerveusement sa casquette et d'une voix presque inaudible, il me dit qu'il est gay. Oh.

Je vois. Il a certainement du expliquer à Amélia qu'il aimait les garçons. Et il a trouvé ce moyen. Ingénieux. J'admets, ce n'est pas simple à avouer. J'ai même eu du mal à lui dire que moi aussi. Je le vois sourire, mais il ne me regarde toujours pas. Il frictionne un peu ses bras et je me rends compte qu'il tremble de froid. Il n'y a presque plus personne dehors. Le temps a rapidement changé.

Je me déplace derrière lui et entoure son corps de mes bras. Il se crispe et ne bouge plus. Peut-être n'aurai-je pas du. Je me retire rapidement.

- Désolé.

Je me sens idiot d'un coup. Il recule de quelques centimètres jusqu'à buter contre mon torse. A tâtons, il cherche mes bras et les replace sur son ventre. Il pose sa tête contre moi et ferme les yeux.

Progressivement je me laisse aller et joue tranquillement à promener mes doigts sur ses bras. Je ne sais pas combien de temps passe avant qu'il commence à pleuvoir. De fines gouttes tombent sur son visage et commencent à nous mouiller tout les deux. Nous courrons à l'intérieur et une fois la porte grise fermée, je prends conscience que notre petit moment à deux a prit fin.

Je reste un moment le front contre le mur. Juste pour ne pas avoir à le quitter tout de suite. Je sens sa main se posée sur mon épaule et il me souhaite une bonne nuit. J'entends ses pieds frotter conte la moquette alors qu'il s'éloigne inexorablement de moi. J'attends qu'il soit assez loin avant de m'autoriser à me retourner. Mes joues sont trempe. Et j'espère vraiment que c'est la pluie.


Cette nuit, je n'ai pas bien dormi. Je voyais le pull de Tom posé sur le meuble, et je n'avais qu'une envie ; le mettre pour dormir avec. Mais comme je voulais le lui rendre, il était préférable de ne pas le salir davantage.

Je me suis levé de très bonne heure & ai emporté son vêtement avec moi. Il n'y avait presque personne dans l'hôtel, et pour cause, il n'était que 6h. Je me suis donc assis dehors, en face de la baie vitrée, ainsi je pensais voir Tom quand il arriverait. Le problème, c'est qu'il faisait assez froid.

Je me suis donc permis de mettre son sweat, juste le temps de me réchauffer. Et puis je regardais la rosée du matin toujours présente sur les brindilles d'herbes et les fleurs... Et je me suis endormi.

Et là je suis réveillé depuis quelques minutes, mais n'ose pas bouger. J'entends Amélia parler à Sarah, mais je ne reconnais pas l'endroit. Je crois bien que je suis dans la chambre de Tom. Je remue un peu et vois une tête blonde sauter sur le lit.

- Tu es réveillé ?

Elle ne me laisse même pas le temps de répondre qu'elle part en courant. J'en profite pour regarder la chambre et l'heure. Il est 10h du matin. Je tire un peu les couvertures et remarque que je n'ai plus mes chaussures. Elles sont posées à l'entrée. En revanche, je porte toujours le haut de Tom.

La porte s'ouvre et j'aperçois des dreads. La honte. Je me cache dans les manches du gros pull et met la capuche. Peut-être que je passerai inaperçu.

Je sens un souffle chaud sur mes mains, puis des doigts qui m'ôtent le capuchon. Je rougis en pensant que finalement, j'ai l'air plus ridicule qu'avant. Il rigole doucement et dévoile lentement mon visage. Je le vois me sourire tendrement.

Ses mains sont chaudes. Il caresse mes paumes avec ses pouces. Comment ai-je fais pour ne pas le remarquer ? Il est magnifique. Un flash nous fait sursauter et nous nous retournons les deux vers la petite.

- Ah non tu as pas le droit de m'engueuler. Tu dors pas là !

Tom attrape l'appareil photo, le pose sur son bureau et couche Amélia sur le lit. Il me fait un clin d'½il et en même temps nous nous jetons sur la petite pour la chatouiller. Elle rit aux éclats et tente de nous échapper. Elle attrape je ne sais comment un coussin et me le balance dessus. Je prends un air choqué et ils arrêtent tout mouvement.

Sans crier gare, je jette le coussin sur la tête de mon nouvel ami. Il ne l'évite pas, et s'en suit une bonne bagarre entre nous trois. La petite blonde s'extirpe du lit, mais Tom et moi n'arrêtons pas pour autant.

- T'es chatouilleux ?

Mon « Non » pas très convaincant le fait rire et il me plaque sur le lit pour me torturer. Je me secoue dans tous les sens et n'arrive pas à me défaire de sa poigne. C'est qu'il en a de la force ! Je gigote toujours plus et ne parviens presque plus à respirer. Il finit par arrêter et se coucher à mes côtés. Nous sommes tous les deux fatigués et un peu mort de rire.

C'est seulement lorsque j'entends quelqu'un éternuer que j'aperçois Cléo. Elle nous fait un magnifique sourire crispée et pars en courant avec l'appareil photo. Je n'ai pas la force de lui courir après, et apparemment Tom non plus.

Nos respirations se calment et je tourne la tête vers lui. Il a les yeux fermés et ses lèvres s'étirent dans un doux sourire. Il a l'air paisible. Je reporte mon attention sur le mur d'en face et remarque seulement maintenant mon dessin accroché au mur. Il y a aussi une guitare et quelques autres photos. Un autre dessin, sûrement d'Amélia, y est aussi accroché.

- C'est le mur où je mets ce que j'aime bien. Ou plutôt, ce qui me tient à c½ur.

Il se lève et se positionne tout à gauche. Je m'installe confortablement et l'écoute.

- Toutes ses photos sont de ma vie d'avant. Quelques une de mon enfance, d'autres de mes sorties avec mes amis. Par exemple, ici c'est Georg. Mon correspondant Allemand. Je le connais depuis 4 ans maintenant. Je l'ai rencontré quand j'étais encore en Allemagne.

Là, Gustav. C'était mon voisin, mais il a déménagé en France. Et puis la petite Amélia quand elle était petite. Elle marque le début de mon travail. Je faisais un apprentissage ici, et puis mes études et tout le reste. Donc je la connais depuis qu'elle est toute petite. Plus tu avances, plus tu reconnaîtras les gens. Tous mes collègues. Même Rafael y est, c'est pour dire.

Puis, ma guitare. J'en joue depuis longtemps, j'y tiens énormément. Il y a aussi un dessin d'Amélia. C'est moi & mon prince. Ou deux patates, toi qui vois.


J'émets un petit rire et il continue me montrant un peu tout le monde.

- Et euh..., il rougit adorablement, ça bah, c'est ton dessin...

Je me lève et le rejoins. Je regarde le mur emplie de tous ses souvenirs, et une envie soudaine me prend. Je lui intime de ne pas bouger et cours chercher mon petit cahier.

Je reviens essoufflé, et lui montre mes photos. Il sourit et en commente quelques unes. Comme Amélia la dernière fois.

- Tu prends de très belles photos, tu veux en faire ton métier ? Ou alors dessinateur ?

Je lui explique que je n'ai pas vraiment de but dans la vie. Il ne rajoute rien, se contentant de me sourire. J'enlève une photo de mon cahier, c'est un chat assis sur l'herbe. Je l'ai pris un jour de Février, il faisait froid et personne n'était dehors. J'étais le seul assis dans le parc avec ce petit chaton noir.

Je cherche des yeux une place pour ma photo sur le mur de Tom et la colle. Il me regarde surpris, mais me laisse faire. J'accroche une à une les autres & termine avec celle que j'ai pris d'Amélia l'autre jour. J'admets avoir hésité un moment avant de mettre la photo où je porte le t-shirt de Tom...

Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça. J'ai vu tout ces souvenirs, et je voulais y mettre les miens. Faire comme si nous étions amis depuis longtemps, et que nous avions pleins d'anecdotes & de moments passés ensemble. Mais non, rien. Pour l'instant je n'ai presque rien avec lui. Et après je n'en n'aurais plus aucun.

Il pose son menton sur mon épaule et je prends conscience qu'il m'a pris dans ses bras. Je porte toujours son sweat. Oups.

- Hey Tom faudrait qu-

Il se retire doucement des mes bras et Matt paraît embarrassé. Il lui dit qu'il descend dans deux minutes. La porte se referme et il se tourne vers moi.

- Bon, la douche est juste là. Et puis si tu veux un autre de mes pull ou un t-shirt, ou garder celui que tu portes, je te les donne. Je serai en bas, quand tu as fini, rejoins moi.

Il me pose un baiser furtif sur la joue et part à toute vitesse. Je caresse l'endroit où ces lèvres se sont posées & me dirige vers la salle de bain. En ouvrant la porte je vois Amélia jouer avec Sarah.

- Bah alors petite puce, qu'est-ce que tu fais là ?

- Bah on sait jamais hein, je savais pas ce que toi & Tomi alliez faire...



POV Tom


Je suis décidément tête en l'aire. Je suis reparti sans prendre mon costume. Je vais me faire tuer. Déjà que je n'étais pas à l'heure, je débarque avec mon baggy, un sourire idiot sur le visage et les dreads en bataille. J'entre discrètement dans la chambre, et entends des voix provenant de la salle de bain. Bill parle à ma petite blonde. Je l'avais complètement oubliée d'ailleurs.

Je me force à ne pas écouter la conversation, mais à l'entente de mon prénom, commence à faiblir. Ils parlent de moi. Mais je dois partir. Cruel dilemme. Bon tant pis, je demanderai à Amélia.

Je cours en salle et Madame Liégeois me fait quelques signes. Je me précipite vers elle et lui demande ce qu'elle désire manger. Elle me demande de passer à sa table quand tout sera plus calme, et je continue le tour des tables.

Lisa va un peu mieux, mais son nez est toujours aussi rouge. Yun est très heureux et m'annonce qu'il va travailler ici comme couturier. Ça peut toujours servir. Je cours en cuisine chercher deux coupes de champagne et les leurs apporte. Ils ont l'air ravi et je reprends mon travail.

Camille est assise et attend visiblement Matt. La pauvre, elle ne mangera pas avant un bon moment...

- Matt, va manger avec Cam, j'te remplace. Y a pas de mais tu te bouges.

Il me fait un énorme sourire, et part se changer. Bien, ça c'est fait. La famille près du Bonzaï est déjà servie, tu m'étonnes, mais il manque Bill.

Bill... Je n'aurai jamais pensé oser faire ce que j'ai fait hier soir & aujourd'hui. Et puis, il est si gentil. J'ai l'impression qu'il m'apprécie, ce qui en soit est un bon point. Par contre les photos je n'ai pas très bien compris... Cléo !

Je vais en cuisine et m'approche d'elle. Elle tente de se faire toute petite mais ça ne prend pas.

- Je peux savoir où est mon appareil ?

Elle me montre timidement la porte de la salle d'ordinateur. Non mais j'hallucine, elle l'a laissé à la vue de tout le monde ! Je pénètre dans la pièce et me dirige vers son portable, au fond de la salle. Elle a mis les photos sur son ordi'. Je débranche l'appareil, le glisse dans ma poche et m'apprête à partir.

Seulement un dossier sur le bureau m'intrigue. Je l'ouvre et pleins de documents se trouvent à l'intérieur. Han mon dieu, ce sont ses histoires, et des adresses. Mais c'est pas vrai, elle publie ça sur le net ? Je clic sur Bill & Tom et la page s'ouvre. Notre histoire y est en quelques sortes racontée, et Matt est même dedans. Je comprends mieux leur petit jeu. C'est pas possible, je vais la tuer.

Je ferme tout et repars en direction de la salle. Je me souviens avoir promis à Christine de la rejoindre et me presse d'aller à vers elle.

- Ah te voilà ! Dis-moi, ça avance avec Bill ?

Je vire rouge pivoine & elle rigole. Je ne lui parle pas de tout, mais avoue quand même que quelque chose à changer. Remarque, ça ne pouvait qu'évoluer. Notre discussion dévie sur Matt & Camille qui mangent ensemble. Ils sont mignons. Je sors l'appareil de ma poche & les prends discrètement en photo.

Madame Liégeois regarde la photo & je vois la porte s'ouvrir. Je m'excuse et me lève pour faire le travail de Matt, mais lorsque je m'aperçois que ce n'est autre qu'un androgyne et une petite blonde avec une poupée à la main je ralentis.

Une fois devant eux, la petite s'accroche à mes jambes et je regarde Bill. On fait la même taille, et il a mis un de mes sweat. Le même enfaîte. Quelques gouttes coulent de ses cheveux & mouillent ses épaules.

Je lui prends la main et l'entraîne à une table un peu éloignée, avant d'amener Amélia à sa propre table, près de Barnabé. Je reviens avec deux assiettes et m'assois en face de lui.

- Tu ne travailles pas ?

- Au pire je me lèverai...


Pour la première fois depuis le début, aucun de nous ne rougis. Je mange tranquillement, et espère de tout c½ur que personne ne m'appel. Il me parle beaucoup, de tout et de rien, et j'aime ça. Il rit aussi énormément et j'adore l'écouter.

Quand il boit, il ferme un peu les yeux. Il ne pose que rarement son couteau, préférant le garder dans sa main. Tous ses petits détails que j'essaie d'enregistrer, pour m'en souvenir longtemps, longtemps...

Je termine mon repas et l'observe manger ouvertement. Il rit et me dit d'arrêter ce à quoi je réponds non. Il me sourit et mâche lentement. J'éclate de rire et il se cache derrière sa serviette. On fait vraiment n'importe quoi.


Je débarrasse la dernière table et regarde par la fenêtre. Il pleut, et au travers des gouttes, je vois mes amis.

- Ils sont beaux quand même. Matt & Camille. Lisa et Yun.

Bill acquiesce. Il m'a attendu, assis sur une table.

- Tu savais que Cléo écrit ?

Je réponds positivement et rougis subitement.

- Tu as aussi fouillé son ordi ?

Là, je me retourne carrément. Il m'explique qu'il c'est trompé de pièce en voulant aller au toilette tout à l'heure, et qu'il a fait le tour de la salle. Et comme elle lui avait posée quelques questions sur lui et que l'ordinateur montrait clairement que c'était celui de Cléo, il avait jeté un coup d'½il. D'après lui, l'histoire entre nous n'est pas si mal que ça.

Je crois qu'il s'est rendu compte de la gaffe qu'il a faite, et vire rouge cramoisi. Et moi je souris comme un idiot.

Cléo entre dans la pièce et me demande de venir l'aider. Je salue Bill et part avec elle. Je suis heureux qu'elle soit venue, je ne savais pas vraiment quoi dire, ni quoi faire.

Je l'aide à réparer son talon aiguille, parfois je me demande ce qu'elle fabrique, et retourne dans ma chambre. J'allume mon imprimante & mon ordi, et prends mon appareil photo qui est dans ma poche. Ou plutôt était. Et miel. [ Dédicace à Lou *BAAF* ]

Je redescends et pars à la recherche de Madame Liégeois. Je regarde l'emploi du temps, apparemment elle est comme d'habitude ; au massage. Je passe vite lui demander où elle a mis l'appareil, et elle m'indique la petite table à l'entrée. Je me presse de le prendre et m'excuse pour le dérangement.

Une fois dans ma chambre, je regarde nos photos. Il y en a un bon nombre de ce matin, lorsque je chatouillais Bill. Et il y a même certaines de midi. Christine ! Dans cet hôtel, tout le monde est fan de couple gay ou quoi ? Remarque, je ne lui en veux pas... J'adore nos photos.

Je les imprime toutes et change une fois la cartouche d'encre. Je décolle un cadre qui se trouvait au-dessus de mon lit et commence à y afficher les photos. Le mur en face du lit s'est la passé, le mur derrière le lit, mon présent. J'espère avoir encore quelques photos...


Je joue distraitement de la guitare, tentant d'oublier ce à quoi j'ai pensé tout à l'heure. Bill repart dans moins de deux semaines. L'espace de quelques heures, j'avais oublié qu'il n'était qu'un client. Passager, qu'il ne resterait pas. Ce n'est pas comme Camille qui revient régulièrement, non, lui n'habite pas ici.

Je soupire et m'allonge, la guitare posée sur mon ventre. Je ferme les yeux et entends ma porte s'ouvrir. Sûrement Amélia. Je n'ai pas vraiment le c½ur à jouer, mais je ne dis rien.

Une masse s'assoit sur le lit. Une masse trop lourde pour être ma petite blonde. Je préfère laisser mes yeux clos et rester immobile. Peut importe qui c'est, je n'ai pas envie de parler. Si c'est Cléo, elle risque de me réveiller à cause du mur derrière. Si c'est Matt, c'est pour me parler de Camille.

Un bruissement de draps m'indique que la personne s'approche du mur. Et merde, ils vont tous s'imaginer des choses. Je me retiens de soupirer et de dire, à je crois Cléo, de dégager. J'ai envie d'être seul. On bouge la guitare, le poids de mon instrument s'envole.

La personne se déplace et se couche. Enfin, pour ce que j'entends. Sa respiration caresse mon cou. Oula, on est très proche. Je sens des doigts frôler ma joue, refaire les contours de mon visage. J'admets l'avoir reconnu depuis un moment, mais j'espérais que ce n'était pas lui. Je lutte de toutes mes forces pour ne pas qu'il voit que je suis réveillé.

Son doigt s'aventure sous mon menton, remonte jusqu'à mes oreilles, caresse mon front... Timidement je le sens effleurer mes yeux. Il va terriblement me manquer. Il descend l'arrête de mon nez et se stop. Non, continues, s'il te plaît...

Il reprend finalement, et d'une caresse aérienne, touche mes lèvres. Je le sens essuyer mes larmes... Merde ! Je ne m'étais même pas rendu compte que je pleurais. Abrutit fini. Il sait que je suis réveillé, il doit savoir que je sais que c'est lui, donc, aucune raison d'ouvrir mes yeux hein ?

Je le laisse me bercer et essaye de ne plus y penser. Evidemment, ça ne marche pas. Je finis par me retourner et m'accrocher à son haut. Mon sweat. Je ris nerveusement et sanglote encore plus fort. Je ne sais pas ce qui me prend. Mais il ne part pas. Il reste près de moi. Et c'est tout ce dont j'ai besoin...


POV Bill

Je ne pensais pas qu'il serait dans cet état. Je n'ai pas compris ce qui s'est passé. Toujours est-il que je ne bougerai pas. Je le sers de toutes mes forces, espérant le calmer. Je crois qu'il a fini par s'endormir, et je tente de faire la même chose.



Après cet évènement, les jours se sont succédé plutôt bien. Nous n'en avons pas reparlé, et puis nous passions beaucoup de temps ensemble. On s'est encore rapproché, et il agissait avec moi comme avec les autres. Du coup, de temps à autre il me faisait des câlins.

Le mur derrière son lit c'est pas mal rempli, nous prenions souvent des photos. Avec toute l'équipe, Camille lorsqu'elle pouvait venir, Lisa & Yun, la petite Amélia... Une fois Rafael nous a engueulés, sous prétexte qu'il ne faillait pas détruire ses roses. On ne faisait que de courir et rouler, rien de bien grave.

Il m'a présenté Christine, que j'appel encore Madame Liégeois. Et puis, j'ai complètement zappé ma famille. Je ne les voyais presque plus, et je ne me comporte que mieux depuis. Il m'a parlé de l'épisode avec Chris, j'étais fini.
J'emprunte souvent des pulls à Tom quand il fait froid, surtout quand il pleut, ou le soir, quand on monte sur le toit.

Et en ce moment, nous sommes tous assis à l'accueil. Amélia parle à Sarah, Barnabé tente d'expliquer une blague à Lisa, Yun l'a comprise, mais pas elle. J'aime les voir, c'est toujours Lisa qui en prend plein la tête. Cléo tape sur les touches de son clavier, certainement entrain d'écrire la suite de nos aventures, & Matt est au téléphone. Camille ne reviendra que demain, c'est-à-dire lorsque je pars.

Tom est derrière moi, je suis contre lui et il s'amuse avec une mèche de mes cheveux. Je ne veux pas partir...


Mes valises sont faites. Je ne les vérifie pas comme je l'avais fait pour venir ici. J'espère avoir oublié quelque chose, laissé un CD trainer, un t-shirt sous le lit, n'importe quoi qui me ferait revenir. Mais je suis persuadé que tout y est. C'est toujours comme ça, si on veut absolument tout prendre, on laisse forcément quelque chose. En revanche, l'inverse se produit dans mon cas.

Je descends le c½ur lourd & dit au revoir à Amélia. Elle fond en larmes et ça ne m'attriste que plus. Je lui tends un petit sac qu'elle ouvre. À l'intérieur, il y a un de mes bracelets, je voulais le lui offrir pour qu'elle se souvienne de moi.

Lisa et Yun m'ont fait leurs adieux hier, aujourd'hui ils ne sont pas là. Pour ce qui est de Matt, je m'approche de lui maintenant. Il me prend dans ses bras et me demande si j'ai bien l'adresse email de Cléo. Je réponds à l'affirmative. Après tout, elle tenait absolument à m'envoyer la fin de l'histoire.

Mes parents sont déjà dehors, entrain de ranger les bagages. Je leur apporte mes affaires et retourne à l'intérieur. J'espérais que Tom serait par ici. Je passe en revue tout l'accueil et finit par le voir au côté de Madame Liégeois. Elle me fait un petit signe et je lui réponds.

- Bill, on y va !

- J'arrive...


Je vois Tom s'approcher rapidement et il m'enlace. Il cache son visage dans mon cou qui commence à devenir humide. Merde. Je tente du mieux que je peux de ne pas pleurer, mais c'est peine perdue. J'emmêle mes doigts à ses dreads et n'ose même pas imaginer les trainées noires sur mes joues.

Je finis par me détacher de lui. Il me regarde et me fait un petit sourire triste.

- T'as vu dans quel état tu t'es mis !


J'émets un minuscule rire, et pose mes lèvres sur sa joue droite. Un dernier regard et je sors de l'hôtel. Un chapitre de ma vie est clos. Et ça fait mal.


POV Tom

Je passe de table en table et sers les gens. Je vérifie que tout aille bien. Le c½ur n'y est plus. Il est parti en même temps que lui, je crois...

Madame Liégeois n'essaye même pas de me remonter le moral, personne n'essaye. Ça ne marchera pas, à quoi bon. Amélia ne parle plus beaucoup. D'ailleurs, Sarah est devenue muette. Barnabé m'a dit que c'était certainement pour une durée indéterminée.

Cléo ne me fait plus de remarque. Et pourtant un beau garçon est venu. Il s'assoit même à la table du Bonzaï. Mais c'est limite si je le vois...


Je nettoie pensivement la table. Il pleut dehors. Personne ne peut profiter de la piscine. C'est dommage. Rafael reste quand même à l'extérieur. Ces habits sont trempés. J'arrête mon observation et fait face à Yun.

- Tiens.

Il me donne une enveloppe et repart. Je m'assois et regarde toujours à travers la fenêtre. Je pourrais passer des heures comme ça. Il faudrait que je passe à autre chose. Mais je n'y arrive pas, c'est encore trop présent. Irréel.

Je sors une photo de l'enveloppe. Je réalise soudain. C'est le jour où je pleurais contre Bill. On a fini par s'endormir, et je suppose que Yun a pris une photo. Mes joues se mouillent, et ressemblent étrangement au jour où il est parti...


Deux semaines qu'il n'est plus là. Amélia va mieux, et j'aimerai être un enfant. Ne pas m'attacher trop vite, et supporter quelques peines qui paraissent insignifiantes à cet âge là. Les autres aussi, Cléo lui a envoyé un mail et elle va beaucoup mieux depuis. Elle a terminé d'écrire notre histoire & Matt la lit.

Camille est officiellement la copine de ce dernier. Elle passe dès qu'elle peut & lui va la voir ces jours de libre. J'essaie de sourire, mais j'ai encore de la peine. Deux semaines n'ont rien changé.

Je crois que j'éprouvais quelque chose pour lui. Oui, au début, il m'attirait. Oui, au début, j'admets, je flirtais un peu. Oui, au début, je pensais que ce n'était que temporaire, pour m'amuser un peu. Et oui, je me trompais.

Il a prit trop d'importance. J'aimais vraiment sentir ses bras autour de moi. Et le voir sourire, juste parce qu'il passait du temps avec moi. J'aimais l'entendre susurrer mon prénom pour me prévenir qu'Amélia s'était endormi. Ou accrocher nos photos sur le mur.



Se soir, j'ai décidé d'étirer mes lèvres. Juste pour que les gens arrêtent de se faire du souci pour moi. Et ça marche. Tout le monde est moins stressé. Ils recommencent à rire, et Cléo réitère son petit manège. Elle m'a juste demandé d'apporter une assiette à un gars, mais c'est sa façon à elle de réagir.

Amélia réapprend le langage à Sarah sous les yeux amusés de Barnabé. Et je continue mon chemin, passant de table en table, espérant ne pas faiblir. Les plats vont et viennent, et la pluie tape contre les carreaux. Je veux aller sur le toit. Lisa est encore à l'accueil, elle ne devrait plus tarder. Yun est certainement entrain de recoudre un vêtement de dernière minute.


Mon service terminé, je monte dans ma chambre. Je passe vite un baggy et un t-shirt. La photo de Bill & moi endormi est sur le bureau. Je ne la prends jamais pendant mon service, de peur de l'abîmée. Et quand il pleut non plus. Autrement, elle est souvent sur moi.

Je monte les escaliers quatre à quatre, et fini par atteindre la porte grise. Je l'ouvre et cours jusqu'à la barrière. Ça fait du bien. L'eau me mouille, mes vêtements commencent à peser doucement, mais je m'en moque.

J'admire le ciel. Il n'y a aucunes étoiles. La rambarde est froide, mais je la serre de toutes mes forces. Je laisse la pluie s'infiltrer sous mes habits, et frisonne quand les gouttes glissent le long de mon torse.

Il pleut de plus en plus fort, et bientôt, le bruit étouffe tous les sons. Presque de la grêle. Mais je reste. J'en ai besoin. Mes mains sont désormais gelées et ma lèvre inférieure tremble. Mon t-shirt me colle à la peau, et mon baggy menace de tomber. Je suis fou.

Une main caresse mon cou et je sursaute violemment. Ce geste m'a électrisé. Je me retourne et vois Bill. Il est complètement trempe et ses habits déjà moulant lui collent encore plus à la peau. En une fraction de seconde j'ai analysé tout ça et lui est sauté dessus. Nous sommes tombés, son dos a heurté violement le sol.

Il ne s'est pas plaint et je l'ai serré, fort. J'ai emmêlé nos jambes et l'est entouré de mes bras. Je n'ai cessé de répéter son prénom, et d'embrasser son visage. La pluie me tombe dessus, et coule sur lui. Mes larmes de joie se mêlent à toute cette eau & je respire son odeur. Il est là.

Je me relève et l'admire. Toujours aussi beau, comme dans mes souvenirs. Il prend ma main et entrelace nos doigts. Je cours en direction de la porte et me réfugie à l'intérieure. Si la femme de ménage nous voit tremper sa belle moquette, elle me fait la peau.

Je tiens toujours la main de Bill. Sa paume est contre la mien. Ses doigts entre les miens. J'avance rapidement dans les couloirs, l'entrainant avec moi. J'atteins bien vite ma chambre et le pousse à l'intérieur.

Je veux entendre sa voix. Ajouter à cette image, à cette odeur, un son. Qu'il remue ces lèvres. Je reprends petit à petit mon souffle et il fait de même. Il me fixe.

- Tu as froid ?

Je le regarde. Sa bouche est entre-ouverte et laisse passer un souffle silencieux. Ses mains tentent de décollé son t-shirt. Ses jambes se dessinent trop sur son jeans. J'en peux plus.

Je me rue sur lui et le plaque contre le mur. Ma bouche cherche la sienne et je le dévore. Ça fait du bien. Son corps semble chaud, mais les vêtements sont mouillés. Je caresse ses cheveux et n'arrête pas de lécher ses lèvres. Je prends soudain conscience de se que je fais et me recule un peu. Il en profite pour enlever mon haut.

Je ne bouge pas pendant un instant, croise ses yeux emplis de désirs. Je soupire de contentement et presse une fois de plus mes lèvres sur les siennes. Nos mains se cherchent, découvrent, touchent, caressent...

La pièce s'emplie de sons plus ou moins suggestif & je suis au ange.


Une bouche taquine ma gorge et j'ouvre les yeux. Il fait toujours noir, mais je vois bien Bill. Je le sens surtout, il est au-dessus de moi, ses bras entourant ma tête.

Je quémande un baiser en m'avançant qu'il me donne tout de suite. Je profite un maximum, j'ai peur qu'il disparaisse. Il s'allonge sur moi, et cale sa tête dans mon cou. Ses mains se font baladeuses et je gigote un peu. Il rit et lorsqu'il parle ses lèvres frôlent ma peau.

- Enfaîte, j'ai déplacé tes casquettes pour y mettre mes vestes. On trouvera bien une autre armoire pour tes affaires...

Fin.

# Posté le mardi 02 décembre 2008 13:20

Modifié le vendredi 05 décembre 2008 08:25

2ème OS ; Twincest

2ème OS ; Twincest

OS, cadeau d'anniversaire pour Lou ; De quoi as-tu envie là, tout de suite ?


Une belle journée s'annonçait. Un jeune homme admirait la couleur du ciel depuis sa fenêtre, un petit sourire aux lèvres. Les enfants des voisins jouaient dans l'allée, d'autres couraient ou encore faisaient du vélo. La petite Rose s'amusait avec son chat, comme d'habitude, et son frère lisait un livre sous un arbre. C'était ça, vivre dans un beau quartier. Les maisons s'alignaient et chacune possédait un jardin. Les familles étaient chaleureuses et Bill aimait penser que pourtant, elles cachaient toutes un secret, comme dans cette série Américaine où l'histoire est concentrée sur la vie de quatre ménagères...

Après un dernier coup d'½il dehors, le noiraud ouvrit complètement les rideaux et laissa la lumière pénétrer dans sa chambre. Elle était spacieuse et très claire. A côté du lit double se trouvait une table de nuit où était posée une petite lampe et un livre. Diverses choses jonchaient le bureau, dont quelques CDs et dessins. Bill s'approcha de son armoire et fouilla parmi le nombre incalculable de vestes, jeans, t-shirts, chaussures & autres vêtements. La tenue parfaite en main, il se dirigea vers la salle de bain, non sans regarder le cadre qui se trouvait sur l'étagère. Une photo de lui et de son petit ami.

Depuis quelques mois, il vivait une histoire d'amour avec un beau garçon. Ils s'étaient rencontrés dans un café, et s'étaient liés d'une forte amitié qui petit à petit avait laissée place à des sentiments plus profonds. Marc avait fait le premier pas, et devant tant de gentillesse, Bill ne pouvait dire non. Ils passaient la plupart de leurs temps ensemble, et si l'androgyne se préparait consciencieusement dans la salle de bain, c'était parce qu'il avait rendez-vous avec lui. Il serait certainement une fois de plus en retard, mais au moins, magnifique.

[...]

La sonnette retentit, et une touffe noire dévala les escaliers.

- Bonjour !

- Salut Chéri !


Bill rigola à l'entente du surnom et ferma la porte. Il rejoignit Marc dans sa voiture et boucla sa ceinture.

- Où va-t-on ?

- Je t'emmène au parc, l'été approche, il fait chaud, pourquoi ne pas profiter ?

- Super !

- Tu es sublime Bill.


Un sourire resplendissant pris place sur le visage du concerné. Mais il ne rougissait pas. À vrai dire, il ne rougissait plus depuis longtemps.

Il observa Marc conduire, il avait une certaine classe au volant. Cependant, quelque chose manquait. Peut-être un peu d'action, où de changement. Il secoua la tête et chassa ses pensées. Il était heureux et c'était le plus important. Du moins, c'est ce qu'il se disait.

[...]

Marchant main dans la main, le couple riait. A première vue, tout allait bien. Le parc était un des endroits préféré de Bill, il y avait tellement de choses. Des jeux pour les enfants, un étang, un marchand de glace, un autre d'hot-dog... Mais ce qui lui plaisait le plus c'était les fleurs. Il y en avait partout, et comme le parc était plutôt grand, c'était magnifique. Il repéra un endroit tranquille près d'un arbre et entraina Marc dans cette direction.

Il s'adossa au tronc et admira la vue. Tout était paisible, parfait. Il y avait des fleurs à quelques mètres d'eux, ils étaient à l'ombre et pouvaient voir pratiquement tout.

- Tu as bien choisi.

Bill se redressa et l'embrassa. Au début de leur relation, il aimait énormément l'embrasser. Parce qu'il le faisait bien, parce qu'il avait des papillons dans le ventre & parce qu'il se plaisait à glisser ses lèvres contre les siennes. Seulement maintenant, ce n'était plus comme avant. Il avait toujours du plaisir certes, sinon il ne serait plus avec, mais, et c'était plutôt cruel à dire, il s'était lassé. Il aurait aimé que Marc prenne l'initiative, ou qu'il le surprenne. Qu'il fasse quelques folies pour une fois.

Il lui sourit et se coucha. Non, finalement c'était bien. Parce qu'il aimait Marc et que c'est tout ce qui comptait. Il joua un peu avec les brindilles d'herbes avant qu'une main se glisse entre ses doigts. Il ferma les yeux et ce laissa aller. Il avait mit de la crème solaire, il pouvait bronzer tranquille, normalement il n'aurait pas de coup de soleil.

[...]

- Je t'ai pris vanille !

Bill prit la glace que Marc lui tendait et le remercia. Ils s'étaient endormis un moment et le vent les avait réveillés. Un vent frais, doux.

- Tu veux jouer au volley ?

La voix du brun s'éleva dans les airs et rompit le petit silence qui c'était installé.

- Oui, on finit nos glaces et on joue.

Bill acquiesça et sourit. Marc avait toujours un ballon dans sa voiture. C'était une des choses qu'il appréciait chez lui, il n'oubliait rien, pensait à tout. Perpétuellement. Il le vit prendre la direction de la voiture, clés en main, et réapparaître quelques instants plus tard.

S'appuyant sur ses deux mains, il se releva et fit face à son petit ami. Il n'était pas très grand mais ce débrouillait plutôt bien à ce jeu. Sans prévenir, il lança la balle dans les airs & Bill frappa dessus avec la pointe de ses doigts.

[...]

Au bout d'un certain temps, la fatigue les gagna. Le noiraud avide de compétition restait fièrement debout, ravi d'avoir gagné, alors que Marc s'appuyait à l'arbre et félicitait Bill, pas contrarié d'avoir perdu le moins du monde. C'était peut-être ces petits détails qui le travaillaient. Marc était toujours heureux pour Bill. Rien ne le dérangeait, aucun petit jeu ne s'installait entre eux.

D'un commun accord, ils s'éloignèrent du parc pour retrouver le véhicule. La journée touchait à sa fin, et Bill avait hâte de rentrer chez lui. Prendre une bonne douche suite à ces efforts et continuer son livre lâchement abandonné sur sa table de nuit. Il en était fou de ce bouquin. Devant son attitude, on pouvait penser qu'il n'était pas romantique. Cependant, il l'était. Mais il ne fallait pas tomber dans l'extrême, le niais.

Il lisait l'histoire d'amour impossible entre une jeune fille et un vampire. Il avait dévoré les trois premiers livres et s'apprêtait à faire de même avec le dernier. Il souriait, repensant à ces fois où il se surprenait à fantasmer sur Edward, le personnage principal. Il espérait secrètement qu'un jour Marc lui révèle quelque chose de fantastique, quelque chose qui ne soit pas ordinaire. Mais non, il était un homme commun, toujours prêt à satisfaire Bill.

La voiture se stoppa devant sa maison, le sortant de ses songes. Il tourna la tête vers Marc et lui souhaita une bonne fin de journée. Il posa rapidement ses lèvres sur les siennes et s'élança sur le petit chemin de pierre qui reliait le portail à sa porte. Avant d'entrer, il se retourna et regarda son compagnon. Il semblait réfléchir, fixant un point imaginaire devant lui. Au bout d'un certain temps, Bill se résigna et fouilla dans sa poche ses clés.

[...]

Voilà comment se résumaient les journées de Bill. Le peu d'actions qui s'y passait pouvait facilement être isolé. Oh, il ne s'en plaignait pas. Après tout, Marc restait la première personne avec qui il avait une relation plus ou moins sérieuse. Mais il prenait peu à peu conscience que quelque chose n'allait pas. Il ne pouvait pas avoir ce sentiment d'ennuie s'il l'aimait vraiment. Il était attaché à lui, mais pas de la bonne manière.

Il était peut-être trop gentil, pas assez méchant. Il le traitait comme une petite princesse, il était au petit soin pour lui. Tout le monde en rêverait. C'était lui le Prince Charmant. Lui que tout le monde cherchait, et que tout le monde enviait à Bill. Et ce dernier était peut-être bien la seule personne qui ne voulait pas de Charmant comme nom de famille.

Oui, il voulait de l'action. Du changement, de la magie, de l'étonnement, du mouvement peut-être aussi. Sortir de la monotonie, qu'on le surprenne de jours en jours. Comme Edward avec Bella. Il voulait une histoire comme dans les livres, comme dans les comptes de fées. De l'adrénaline. Être dans un état second, comme un drogué, mais sans avoir besoin de stupéfiants.

Il finit par s'endormir, son livre en main, et ses lunettes glissant le long de son nez fin.

[...]

- Dis-moi ce qu'elles ont de si spécial Bill ?

Ils étaient de nouveau au parc, et le noiraud était couché sur le ventre, en face des fleurs. Il les admirait depuis un bon moment déjà, et la curiosité de Marc avait pris le dessus.

- Hum... Je ne sais pas. Elles m'attirent.

Tout en disant cela, Bill s'était mis à caresser les pétales d'une fleur. Elles étaient douces aux toucher, et tellement belles. Soudain, son regard fut captivé par une masse approchant au loin. Ce genre de personne ne présageait rien de bon, en général, c'était plutôt pour les embêter qu'elles approchaient. Bien que Bill n'ait nullement besoin d'être rassuré, Marc posa tout de même sa main sur son dos.

Le noiraud ne quitta pas le garçon des yeux. Il s'avançait, il allait droit sur eux. Et il n'avait pas l'air méchant, au grand étonnement de Bill. Une fois arrivé à leur hauteur, le dreadé, parce que oui, sous sa casquette il y avait une tonne de dreadlocks, ne les insulta pas du tout. Au contraire, il leur sourit gentiment, et se concentra sur les fleurs.

Il déposa son sac noir à terre et fouilla dedans. Il sortit un bloc note et un crayon avant de s'installer. Il fronça les sourcils et se mit à griffonner sur sa feuille. Il paraissait extrêmement concentré, et ne faisait plus attention à ce qui l'entourait. Le bout de sa langue venait parfois mouiller sa lèvre, mais il ne quittait pas des yeux son travail.

Marc ne s'occupait plus de cette étrange personne, et racontait à Bill ce qui c'était passé ce matin avec sa voiture au garage. À contre c½ur, son compagnon lui fit face et l'écouta distraitement, en se demandant ce que pouvait bien faire le garçon derrière lui. C'est vrai, qu'est-ce qui lui prenait, pourquoi venait-il dessiner ici ? Et pourquoi il ne faisait pas attention à lui ?

Tout en pestant contre ce maudit individu, il ponctuait les phrases de son ami par des « Oh » & des « Hum » pas très convainquant. Pourtant, même si Marc savait qu'il n'avait pas toute l'attention de Bill, il continuait à lui parler. Peut-être avait-il l'espoir de l'intéresser un peu.

Mais il finit par capituler, et passa une main affectueuse dans les cheveux du brun. Ses yeux bleus claires trouvèrent ceux châtains qui semblaient s'excuser. Il pressa doucement sa bouche contre la tempe de son amoureux, et se coucha, admirant le ciel comme le faisait souvent Bill.

Le dreadé a un joli piercing à la lèvre, fut la seule chose à laquelle Bill pensa lorsqu'il s'allongea sur le ventre, comme tout à l'heure. La tête posée sur un de ses bras, il contemplait doucement le jeune homme. Il était conscient que son petit ami était juste à côté, qu'il venait d'arrêter de parler parce qu'il ne l'écoutait pas, mais c'était plus fort que lui. Il voulait comprendre.

Qu'avait-il de si intéressant ? Un visage aux traits fins, rivalisant aux siens. Une chevelure soutenu par un élastique, et caché par une casquette. Il remarqua aussi un bandeau, et en dessous de celui-ci, quelques gouttes de transpiration. Il faisait vraiment très chaud aujourd'hui, et Bill ne s'aperçu des amples vêtements que maintenant. Pourquoi diable portait-il cet accoutrement ?! Un si grand pantalon & un énorme t-shirt, avec la chaleur qu'il faisait ?

Et puis, quel drôle de manie avait-il à sortir ce bout de chair rose ? Et cette façon de plisser ses sourcils, de faire tourner son crayon dans sa main, et de replacer sa casquette ! Pire que lui.

Les yeux de Bill s'ouvrirent telles deux soucoupes lorsqu'il s'aperçut que, perdu dans ses réflexions et pris dans une concentration extrême à déchiffrer cet inconnu, il venait de reproduire ce qu'il faisait. Boudant, il plongea sa tête dans l'herbe, étouffant un petit rire. La présence de Marc n'était qu'un lointain souvenir, et c'est pourquoi il sursauta quand il l'appela.

- Oui pardon ?

Un peu confus de l'avoir oublié, il l'embrassa. Ses mains se posèrent sur ces épaules, et celle de Marc sur son visage. Il massait doucement sa carrure, espérant lui faire comprendre son regret.

- On rentre ?

- Oui, bien sûr...

- Je t'aime Bill.


Souriant, il récupéra son sac et se pencha pour cueillir une fleur. Il voulait un souvenir de cette journée. Se redressant complètement, il suivi Marc, tout en parlant de son envie de pop-corn. Leurs silhouettes n'étaient plus qu'ombres, et le dreadé s'autorisa enfin un moment de pause. Son dessin était presque terminé. Il savait déjà comment il l'appellerait

- Bill...

[...]

Debout dans sa cuisine, une main sous son menton, Bill réfléchissait. Il avait entre ses doigts un coquelicot. Rouge sang, magnifique. L'inconnu n'avait utilisé qu'un crayon. Comment rendre toute ses nuances avec un simple crayon gris ?

Il se passa une main sur le visage, las de penser à ce garçon. Ne pouvait-il dont pas sortir de son esprit et le laisser en paix ? Tout en portant une tasse de café à ses lèvres, il regarda la pendule accrochée au mur. C'était Marc qui la lui avait offerte. D'ailleurs, le brun n'avait jamais compris ce geste.

Son ventre gargouilla et il prit le téléphone. Une idée saugrenue lui était venue en tête. Pourquoi ne pas organiser un petit pique-nique à deux au parc ? C'est toujours agréable de manger dehors, surtout par un si beau temps.

Il attendait patiemment que Marc décroche, et espérait sincèrement que celui-ci dirait oui. Au fond de lui, il savait très bien ce qu'il cherchait en allant là-bas. Mais il ne pouvait décidemment pas ce l'avouer. Ce n'était pas correct vis-à-vis de son petit ami, mais en même temps, peut-être qu'après ce dessinateur lui sortirait de la tête.

- Bonjour Marc !

[...]

La couverture était étalée sur l'herbe et Bill disposait contentieusement les plats dessus. Marc avait accepté son idée et lui avait promis de le rejoindre, lui intiment de se rendre au parc avant lui. Il devait rapidement terminé quelque chose au bureau, un imprévu. C'est en général la bonne excuse des hommes qui ont un autre amant, ou qui se tapent la secrétaire. A cette pensée, Bill émit un petit rire. Jamais Marc ne lui ferait ça, puisque Marc est quelqu'un de respectable.

D'autres idées plus idiotes les unes que les autres passèrent dans le cerveau du brun, et celui-ci ne cessait de rire seul, quelques larmes coulant sur ses joues. Parfois, l'hilarité pouvait aller loin, et l'on se sent souvent seul lorsque cela ce produit en plein milieu d'un parc par exemple, et que les gens pensent que l'on est fou.

S'essuyant les joues à l'aide de ses manches, Bill releva la tête tout souriant et remarqua enfin le garçon d'hier, assis en tailleur, la tête cachée entre ses mains, pris de quelques soubresauts. Il entendait aussi quelques sons étranges, allant dans les aigus et les graves.

N'en pouvant apparemment plus, le jeune homme éclata d'un rire franc, et dévoila un visage trempé. Bill l'observa totalement choqué. Etait-il entrain de se foutre de lui ?

Néanmoins, il ne pouvait s'empêcher d'admirer le blond. Il était magnifique même lorsqu'il rigolait. Ses yeux plissés d'une adorable façon, et ses pommettes qui ressortaient à cause du large sourire qu'il faisait. Ses mains tenant son ventre, comme si cela pouvait l'aider à se calmer. Et sa voix, sa si belle voix...

- Je suis désolé.

Brusquement, Bill cessa de le fixer. Il baissa les yeux, et senti une douce chaleur au niveau de ses joues. Il rougissait.

- Ce n'est pas du tout contre toi, c'est juste que, quand quelqu'un rigole, je finis par rire aussi.

Le garçon semblait gêner, il ne cessait de se gratter la nuque. Voulant le rassurer, Bill lui tendit sa main.

- Bill.

Prenant entre ses doigts sa main manucurée, le dreadé lui répondit

- Tom.

Il pouvait enfin mettre un prénom sur cet inconnu. La pression de leurs mains diminuait, et il finit par le lâcher définitivement. Il ne savait plus trop quoi dire, et avait un peu de mal à soutenir son regard.

- Tu... Tu dessines ?

Quelques peu hésitant, Tom ouvrit son sac et sortit une feuille. C'était la fleur qu'il avait dessiné l'autre jour. Elle était totalement terminée, et il avait déjà commencé un autre dessin, mais ce n'était qu'une esquisse.

- C'est très beau.

Ne sachant que dire d'autre, Bill se dit que c'était au tour de son nouvel ami de dire quelque chose. A près tout, s'il voulait le connaître, il devait aussi parler.

- Tu n'es pas avec ton ami ?

Cette remarque pouvait paraître indiscrète, mais le noiraud n'y voyait pas d'inconvénient. Il les avait vu la dernière fois, il était donc normal qu'il se demande où était passé Marc.

- Il va arriver, nous devons pique-niquer.

Devant le sourire de Tom, Bill hésitait. Il semblait vraiment sympa, et puis il avait peut-être faim. Marc ne serait pas fâché s'il lui proposait de se joindre à eux, non ? D'un autre côté, on n'invite pas un autre garçon à un repas en amoureux. Mais ce n'était pas en amoureux qu'ils avaient décidé de manger !

Voyant que l'autre se prenait la tête, Tom sortit un sandwich de son sac, et croqua dedans. Il aurait aimé faire plus ample connaissance avec Bill, mais de toute évidence il était casé. Et il n'aimait pas se mettre entre un couple. Surtout qu'ils avaient l'air d'être très proche.

D'un mouvement de tête, le dreadé indiqua à Bill que Marc arrivait. Ce dernier leurs faisait un petit signe de main auquel le noiraud répondit.

- Bonjour Amour !

Marc glissa sa main derrière la nuque de son petit ami et l'embrassa. Tom détourna poliment les yeux, rangeant son sandwich pour plus tard.

- Marc, je te présente Tom.

Ils se saluèrent d'un signe de tête et le brun aux yeux bleus s'installa confortablement en face des plats. Comprenant le message, Bill sourit une dernière fois au dreadé, et prit le bol de salade.

Apparemment, son petit ami était jaloux. Il ne lui arrivait jamais de l'embrasser spontanément, surtout devant quelqu'un. D'habitude il était plutôt réservé, timide. Et il fallait la présence d'une tierce personne pour qu'il réagisse. Bill était un peu déçu. Il venait de s'apercevoir qu'avant l'arrivée de Tom, sa vie était monotone. Malgré le fait que cela ne fasse que deux fois qu'il le croisait, c'était les deux uniques fois qu'il se passait quelque chose.

En même temps, le dreadé était attirant. Même s'il ne faisait rien, il était de nature plaisant, et n'aspirait pas du tout à l'antipathie. Il était en ce moment même plongé dans ses pensées, un petit sourire au coin des lèvres. Soupirant, Bill termina son verre d'eau & retira son pull.

Marc semblait anxieux. Depuis qu'il avait croisé ce type, son compagnon était différent. Il paraissait plus... heureux. Avant qu'il n'arrive près d'eux, Bill avait ce sourire, ce vrai sourire qu'il ne fait que très rarement. Et ses yeux exprimaient la joie qu'il renfermait. Maintenant, il avait une petite mine, et rangeait son haut dans son sac sans grande conviction. Comme s'il était ailleurs, ou s'il souhaitait être ailleurs. Peut-être n'était-ce qu'une impression.

[...]

Le temps passait, et Bill voulait de plus en plus aller au parc. Cette idée n'avait jamais dérangé Marc, au contraire, cet endroit semblait convenir parfaitement au couple. Seulement, une ombre au tableau était présente. Ce Tom qui depuis quelques temps hantait son esprit, et certainement encore plus celui de son copain.

Bill ne parlait pratiquement jamais à ce dessinateur. Il lui souriait, le saluait tout au plus. Et pourtant, à chaque fois qu'il le voyait ou l'apercevait, Marc pouvait sentir le pou de son ami battre plus fort, au niveau de son poignet. Il était toujours excité à l'idée d'aller se balader là-bas, même quelques instants. Et le brun n'était pas dupe, c'était simplement pour voir le dreadé. Juste pour voir son visage. Et ce qui peinait le plus Marc, c'était qu'il comprenait que petit à petit, plus les jours passaient, et plus ces petits moments semblaient être les meilleurs de la journée pour Bill...

Le téléphone du brun sonna, et « Billou » s'afficha sur l'écran. Il répondit et ne fut pas étonné d'entendre la demande de son compagnon. Il prit sa veste et marcha jusqu'à la maison du noiraud qui depuis quelques temps, était toujours à l'heure. Ou peu souvent en retard. Il ne se formalisa pas, de toute façon il avait compris que c'était une fois de plus lié à Tom.

Il se demandait combien de temps il faudrait encore avant qu'ils ne soient amis. Cela arriverait tôt ou tard. D'ailleurs, ce n'était pas une chose dérangeante. Ce qui l'était plus, c'est ce qui risquait d'arriver dans le cas où ils s'apprécieraient. Il pourrait perdre Bill. Mais l'avait-il déjà eu ?

Apercevant son amoureux assis devant sa porte, il sourit. Le pire, c'est que Bill était naïf. Il ne se rendait même pas compte de ce qui se passait. Il ne voulait pas voir qu'il se préoccupait plus de Tom que de son petit ami. Et lorsqu'il s'en apercevra, il culpabilisera. Seulement, Marc s'était préparé depuis longtemps. Leur relation n'avait jamais été stable, ni battit sur de bonnes bases. Alors, quand ce moment sera venu, il le poussera vers ce garçon. Parce que le bonheur de Bill passait avant tout, et que de toutes évidences, ce n'était pas à ses côtés qu'il le trouverait.

Confiant, il profitait des derniers instants éphémères, même s'ils étaient faux. S'accrocher à n'importe quoi pour ne pas craquer. Vivre au maximum, et respirer.

[...]

Intérieurement Marc riait. Il avait l'impression qu'hier, il était l'amant de Bill, même si jusqu'à maintenant rien de bien sexuel n'était arrivé entre eux, et qu'aujourd'hui il avait prit la place de meilleur ami. Etrangement, il se sentait soulagé. Comme si le moment qu'il redoutait était en fait ce qu'il lui fallait. À vrai dire, la vague de liberté qui s'était propagée dans son corps lui avait fait comprendre.

Être l'ami de Bill le rendait plus heureux que d'être son compagnon. Sauf que se dernier ne le savait pas encore. Il ne s'était pas aperçu du changement tout simplement parce qu'il était trop occupé à penser à Tom. Cela se voyait à la façon qu'il avait de furtivement jeter des regards au banc où le dreadé était assis.

- On va le voir ?

Marc n'avait pas mal. C'était la fin du chapitre, un nouveau devait commencer. Et pour cela, il fallait pousser Bill à aller vers Tom. Qu'ils apprennent à ce connaître et devenir amis. Pas forcément vivre leur vie ensemble, mais au moins se parler. Donc, même s'il leur fallait un peu d'aide, il était désormais prêt à le faire.

Le sourire hésitant et timide de Bill le fit rire. Il lui prit la main et l'emmena. Depuis quelques jours ils ne s'embrassaient plus, mais le noiraud n'avait rien remarqué. Définitivement trop obnubilé par ce canon. Oui, après mûre réflexion, Marc le trouvait craquant. Et il enviait Bill, il aurait aimé être à sa place & attiré ce jeune homme.

Ils firent le tour du banc et se plantèrent devant Tom. Ce dernier leva la tête et une question muette dansait devant ses yeux. Une fois de plus, il était beau avec cet air interrogateur.

- Bonjour !

La réponse fut immédiate & Marc prit place au côté de Tom. Une discussion enjouée pointa le bout de son nez, certainement due aux nombreuses fois où ils s'étaient vus, mais ne s'étaient jamais adressé réellement la parole.

- Vous avez mis un moment avant de venir me parler !

- Normal, avec la timidité de Bill...


Ledit Bill marmonna quelque chose d'incompréhensible et les deux autres se retenaient difficilement de rire.

[...]

Le soleil disparaissait, il était temps de rentrer. Une petite poignée de main, un sourire sur le visage et Marc était fier de lui. Il n'avait même pas eu besoin de trop parler, le feeling était tout de suite passé entre eux. Peut-être cela allait être plus facile que ce qu'il croyait.

Mais le plus dure restait à venir ; quitter Bill. Il avait depuis peu reprit contact avec un ancien ami et ce dernier c'était enfin décidé à l'inviter pour un rendez-vous. Mais il n'y irait jamais sans d'abord laisser son noiraud. Ils continueraient à se parler évidemment, simplement, ils seraient déliés.

En fait, tout serait plus simple. Il en était convaincu maintenant, ils n'étaient pas faits pour être ensemble. Lui cherchait trop de marque d'amour & Bill pas assez... Bill qui rêvassait à l'instant présent.

Il ressassait sans cesse cet après-midi, il n'avait pas dit grand-chose, mais il avait parlé à Tom. Depuis le temps qu'il attendait ça. Il n'aurait jamais eu le courage d'y aller. Il l'intimidait trop. Ou peut-être il avait peur de tout foirer. De bafouiller, de trop parler ou encore de passer pour un crétin.

L'impression d'avoir trouvé ce qui lui manquait, d'avoir comblé un vide, lui était venue à l'esprit. Pour une fois, il s'était senti complet. Et c'était mieux que n'importe quel livre, même celui qui se trouvait sur sa table de nuit.

Tom n'était pas parfait, il s'en doutait. Et c'était exactement ce qui l'attirait. L'envie de connaître tous ses défauts et ses qualités. De faire parti de sa vie, de rire avec, de l'avoir comme ami. Georg était quelqu'un d'exceptionnel, il l'aimait beaucoup, mais il n'était pas comme lui. Justement, ce n'était pas une pale copie de quelqu'un, non, il était unique. Unique à sa façon.

Il avait l'air drôle, et certainement très populaire. Son portable avait sonné plus de trois fois & il n'avait jamais décroché. Soit disant que ce n'était pas important & qu'il ne voulait pas être dérangé. Et malgré son apparence, le noiraud n'avait pas pour habitude de trainer avec ceux qu'au lycée les jeunes appellent « les stylés ».

Une chose de plus qui les différenciait et qui l'avait effrayé, dissuadé d'aller le voir. Vraiment, sans Marc ils ne se seraient probablement jamais parlé.

Il commençait à faire un peu froid et le vent du soir frôlait délicatement les joues de Bill qui venait de se stopper. En une fraction de seconde, il venait de se rendre compte qu'il avait délaissé son compagnon. Complètement. Et que celui-ci ne s'était pas plaint. Qu'il l'avait même poussé à aller vers Tom.

Il jouait nerveusement avec la petite bille qu'il avait sur la langue, la roulant entre ses dents. Il était perdu, ne savait plus quoi faire. Il n'aimait pas Marc. C'était une fatalité.

Il avait des sentiments pour lui, bien évidemment, mais pas ceux qu'il fallait. En réalité, en ce moment, il n'aimait personne. Il était attiré par le dreadé, certes. Mais ce n'était pas de l'amour non plus.

Marc... Il s'était voilé la face tellement longtemps. Il ne regrettait pas le temps passé avec lui, seulement, il allait horriblement faire souffrir le brun qui lui tenait la main. Ses yeux commençaient à s'humidifier, et ce n'était pas du au vent qui soufflait de plus en plus fort.

Sans rien dire, il le prit dans ses bras et lui murmura une litanie de « Pardons » tout en pleurant. Il s'accrochait désespérément à sa veste, ne sachant plus que faire. Il était cruel de le quitter, surtout maintenant. Et il s'en voulait. Oh oui, il s'en voulait.

Ne comprenant pas exactement ce qu'il se passait, Marc frotta le dos de Bill à l'aide de sa main. De quoi s'excusait-il ? Soudain, la réponse lui vint en tête. Il avait compris.

Souriant et confiant, il releva le menton de Bill et l'observa longuement, essuyant les larmes qui traçaient d'énormes sillons noirs sur son visage.

- Ce n'est pas grave. Je m'en étais aperçu avant toi. Ne t'inquiète pas.

Se nichant dans les bras de son désormais ami, Bill cessait calmement de pleurer, et reprenait une respiration normale. Ainsi donc, Marc ne lui en voulait pas. Il resterait en bons termes. Un poids s'enleva de son c½ur & il se sentait bien. Oui, il allait bien maintenant.

[...]

Refermant le livre qu'il avait entre ses mains, Bill laissa sa tête rencontrer le sofa derrière lui. Il était fatigué, il venait de terminer le quatrième livre, celui posé sur sa table de nuit depuis quelques temps. Il était à la fois content, mais aussi contrarié. Il n'aimait pas les histoires qui prenaient fin.

Cela lui rappela la sienne, de fin. Remarque, elle ne datait que d'une semaine. Et il avait déjà revu Marc deux fois. Ce qui semblait étrange, mais qui confirmait ces dernières suppositions et effaçait toutes marques d'inquiétudes, c'est qu'ils étaient plus proche qu'avant. Ils étaient en quelques sortes le confident de l'autre. Marc lui avait même avoué qu'il devait aller voir un certain Gustav se soir.

Et Bill ne savait pas quoi faire. Il n'était pas retourné au parc depuis ce fameux jour, il avait préféré passer son temps avec Georg avant qu'il ne se marie. L'heureuse élue n'aimait pas le noiraud et c'était réciproque. Donc, autant profiter du peu de temps qu'il restait. Sauf que maintenant, il ne savait pas si Tom y allait toujours, au parc.

Il s'était aperçu que la seule information concrète qu'il avait, c'était qu'il allait souvent là-bas. Imaginer qu'il n'y retourne plus, et ils n'auraient plus aucun contact. C'est pourquoi, il devait absolument le revoir, ne serait-ce que pour savoir où il habite, ou encore pour avoir son numéro.

Il retira ses lunettes et se massa l'arête du nez. Son entêtement le perdra. Il enfila ses santiags et claqua la porte de sa maison. Plus vite il y serait, mieux se sera.

Marchant rapidement, il se rapprochait de son but. Il espérait vraiment qu'il n'ait pas laissé passer sa chance. Avoir un nouvel ami, surtout Tom, aurait été génial. Il traversa le parc, essayant de repérer quelques dreads. Il fit le tour, en vain.

Traînant des pieds et extrêmement déçu, il avançait n'importe où. Il fallait toujours qu'il se rende compte des choses trop tard. Il n'avait jamais appris à vivre l'instant présent. Il tentait de faire bonne figure au près de tout le monde, il n'arrivait pas à être lui-même. Même ses parents, il ne les connaissait pas. Adopté par une famille assez aisée, il avait presque tout ce qu'il voulait. Matériellement il était gâté. Parfois même, lorsqu'il était petit, il offrait ses jouets à ses camarades dans l'espoir de ne plus être jalousé. Mais cela ne marchait pas.

Plus grand il avait appris à se faire discret, et être sourd aux insultes. Ses parents lui avaient payé une petite maison & il n'avait pratiquement plus de contact avec eux. Comme pour se débarrasser d'un poids.

Néanmoins son compte était toujours alimenté. Il ne travaillait pas parce qu'il n'en avait pas besoin, mais surtout parce qu'il ne savait pas quoi faire. Il n'avait pas de rêve. Aucune envie concernant un travail ou une activité. Il n'avait pas de réelle identité, comme s'il était perdu.

Et il se sentait seul. Et même en ce moment, il était seul. Debout devant le lac, il fit le tour de lui-même pour s'apercevoir que personne n'était là. Evidemment, il avait voulu finir son livre, et maintenant, il était déjà 17heures. En plus, il faisait froid, et il n'avait pas pensé à prendre son manteau.

Mais il ne bougeait pas. Il voulait rester, regarder l'eau se mouvoir. Imaginer une plage, de grandes vagues, lui en maillot de bain buvant un cocktail. Ou encore un balcon, des étoiles et un chocolat chaud en main. Il ne savait pas, il ne savait plus. Se sentiment était dérangeant, être perdu l'oppressait.

- L'automne approche.


Bill soupira de contentement et laissa sa tête retombée en arrière. Soulagé, c'était ça. Une voix reconnaissable entre toute. Il sentit une chose se poser contre ses épaules, et lorsqu'il ouvrit les yeux, il vit une veste le recouvrir.

- Mais tu va avoir froid.


De la buée sortait de sa bouche à chaque fois qu'il prononçait un mot. Le vent lui donnait des frisons et ces mains étaient froides. La nuit arrivait de plus en plus rapidement, et les feuilles tombaient de temps en temps.

- Non, il me reste encore un sweat.

Reconnaissant, le brun lui murmura un merci, et observa Tom. Se dernier se penchait pour ramasser quelques cailloux, et laissait entrevoir un beau postérieur. Les joues de Bill se réchauffèrent un peu, et il comprit qu'il rougissait une nouvelle fois. Une agréable sensation.

Les ricochets que provoquait le blond étaient la seule source de bruit. Des « Plouf » sonores. Aucun des deux ne parlait. Et c'est à ce moment là que le brun se remémora le pourquoi de sa sortie. Le trouver. Et maintenant qu'il l'avait au près de lui, il ne disait rien.

- Dis, où habites-tu ?

Cessant son mouvement, le dreadé se retourna. Enigmatique, voilà ce qui qualifierait son regard. Un mince sourire étira ses lèvres et il frotta ses mains l'une contre l'autre.

- Viens, je vais te montrer.


Leurs pieds foulaient le sol assez rapidement, choutant parfois le gravier qui se trouvait sur le chemin. Le brun reconnaissait l'endroit, un quartier pas loin du sien, une dizaine de minutes à pied tout au plus.

Tom finit par s'arrêter devant une maison, souleva le paillasson et prit une clé.

- Entre.

Bill retira ses chaussures et suivit le dreadé. La maison semblait habitée par quelqu'un d'autre, et il en eut confirmation en voyant un garçon étalé sur le canapé. Ce dernier lui fit un petit signe de la main avant d'exploser de rire en regardant le blond. Une de leur histoire récente, sans doute...

Ils passèrent part la cuisine avant de monter à l'étage. Lorsque Tom marchait, ses dreads sautaient et tapaient ses épaules. Mouvement fascinant. Tellement fascinant que Bill se cogna contre le dos de son ami n'ayant pas remarqué qu'il s'était arrêté.

- 'Scuse.

Cachant maladroitement son sourire, le dreadé lui présenta sa chambre. Certes, assez banale, mais elle avait son propre style. Ce qui attirait le plus Bill, c'était son lit. Il avait l'air confortable, et était très grand. S'il s'écoutait, il serait déjà couché dessus depuis longtemps.

- Tu peux aller sur le lit si tu veux.

Sursautant, le brun se retourna vers le blond. L'aurait-il entendu penser ?
Il s'installa néanmoins sur les couvertures et resserra davantage la veste qu'il lui avait prêtée autour de lui, espérant trouver un peu plus de chaleur. Il était frileux.

- Que faisais-tu en face du lac ?

Tournant la tête à droite, le brun regardait Tom. Comment est-il sans casquette ?

- Je n'ai rien d'autre à faire.

Il baissa les yeux, peut-être un peu honteux. Qu'est-ce qu'il allait penser ? Passer pour un snob qui ne veut en aucun cas se salir les mains était une des choses qu'il redoutait le plus. Remarque, il ne savait même pas qu'il était riche, donc il ne penserait pas à ça. Il se dirait dans se cas que ce n'est qu'un bon à rien.

- Alors, tu ne fais rien de ton temps libre ?

- Je ne sais pas quoi faire.


Il n'allait certainement pas se mettre à pleurer. Prendre un peu plus d'assurance ne lui ferait pas de mal. Il arrivait très bien au près des gens qu'il ne connaissait pas, alors il n'allait pas le faire devant Tom.

Le blond s'assit en tailleur et scruta silencieusement le brun. Il retira sa casquette et la posa délicatement sur sa table de nuit.

- Réponds sérieusement. De quoi as-tu envie là, tout de suite ?

C'est un peu perplexe que le brun se redressa.

- Allez, dis-moi.

Tom s'était levé, et faisait de grand geste. Comme pour l'inciter à parler, à dire des choses extraordinaires, au-delà du possible. Il avait une telle force, tant de volonté. Et cela l'encourageait tellement.

- Hum. J'ai envie de chips.

Le dreadé parti en courant, laissant seul Bill. Quelle idée de répondre des chips ? Il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait faim. Cette question, il ne se l'était jamais posée. De quoi a-t-il envie ?

Un énorme sourire plaqué au visage, Tom reprit place sur le lit, déposant le paquet entre eux deux. Ils mâchaient bruyamment, riant quand le brun tentait de camoufler le bruit. Il était heureux de partager ce moment avec lui.

- On a tout fini.

- Exact.


Ils partirent dans un fou rire, sans réellement comprendre pourquoi. De toute façon, il ne fallait pas chercher de raisons pour tout. Vivre, c'était déjà amplement suffisant. A peu près calme, Tom reprit la parole.

- Et maintenant, de quoi as-tu envie ?

- D'un câlin ?


Pour toute réponse, le blond ouvrit ses bras.

[...]

Il venait de refermer la porte sur Bill. C'était la deuxième fois qu'il venait chez lui, et ils commençaient à vraiment bien s'entendre. Il ne pensait pas se lier d'amitié avec quelqu'un d'inconnu aussi facilement. Cela n'avait que très rarement marché, les gens oubliaient trop vite son existence. Et la seule personne qui était restée depuis toujours, était Kyle, la masse étendu sur le divan.

Il avait répondu à l'annonce, celle que Tom avait mise pour trouver un colocataire. Et il était toujours là. Le rouquin, comme l'appelait le blond, avait le même âge que lui & travaillait comme réceptionniste dans une boîte. Il était au courant concernant les préférences du dreadé, mais cela ne le dérangeait pas, bien qu'il soit un pur hétéro.

Souvent, il écoutait le blond lui parler de sa vie, des garçons qui venaient et repartaient. Il ne s'y attachait pas, trop déçu par quelqu'un auparavant. Sa mère lui avait dit que son frère l'avait abandonné plus jeune, choisissant de partir dans une famille d'accueil. Il ne l'avait jamais accepté. Il ne connaissait pas son frère, trop petit pour s'en souvenir. Il avait même jusqu'à oublier son existence, ne l'apprenant que lorsque sa mère lui avait avoué qu'il avait un frère.

Il ne savait ni son prénom, ni son âge. Encore moins où il avait bien pu partir. Ses parents s'étaient toujours opposés à ses recherches, et il ne savait pas pourquoi. Mais Kyle, lui, le savait. Ce que Tom n'avait jamais remarqué, c'est qu'en aucun cas un bébé aurait décidé seul de partir. Ses parents avaient certainement décidé de ne pas le garder et préféraient mettre la faute sur lui, plutôt que de dire à leur unique fils qu'ils l'avaient privé d'un amour fraternel.

Il espérait qu'un jour le dreadé s'en rende compte, et qu'il reprenne ses recherches. Savoir que quelqu'un de sa famille se promenait dans la nature, sans même savoir qu'il avait une vraie famille était horrible.

- Hey Tom !

Le son de sa voix était sans appel. Il était grand temps que son ami lui explique qui était donc ce brun qui venait sans cesse chez eux. Et surtout, il voulait se plaindre. Pourquoi donc Tom ne les avait pas présentés ?

- Qui c'est ? C'est lui que tu voyais au parc, avoues !, dit Kyle, un regard suspicieux.

Le blond s'installa sur le canapé et se maudit intérieurement d'avoir parlé de Bill à son colocataire. Il pensait ne jamais le revoir & c'était donc laissé aller à lui raconter des qualités dont il n'était pas certain. Même si elles se confirmaient à chaque fois qu'il revoyait le brun.

Il avait de suite eu envie de connaître cet étrange phénomène. Personne n'osait s'habiller ou se comporter comme lui, et il semblait joueur. En gros, il n'avait pas l'air ennuyeux.

- Ouai, c'est Bill, souffla-t-il.

Le roux paraissait tout excité et gigotait sur le canapé. Il voulait en savoir plus, qui sait, peut-être que Tom allait enfin accepter un ami. Le brun n'avait pas l'air de vouloir le laisser tomber de si tôt.

- Mais encore ... ?

Devant l'air avide de réponse de son ami, le blond éclata de rire. Il n'y avait que lui qui avait une tête pareil. Il était à peu près au courant de tout, se foutant royalement de lui quand Bill était venu pour la première fois. Heureusement, ce dernier n'y avait pas accordé trop d'importance.

Il lui sourit et se leva. Il n'avait pas envie de tout lui raconter. Par contre, une mandarine ne serait pas de refus.

Voyant Tom partir en direction de la cuisine, Kyle lui balança un cousin que le dreadé évita en riant. Le roux allait bouder, allait faire tout ce qu'il pouvait pour savoir ce qu'il n'avait pas voulu lui dire, mais ce n'était pas grave. Il était heureux.

[...]

- Les fleurs sont carrément fanées.

- J'admets.

Le mois d'octobre venait de commencer, et il pleuvait très souvent. Ce matin en revanche, aucune goutte de pluie à l'horizon. Juste de l'herbe humide, un veut froid et un ciel gris. Marc et Bill se promenaient dans la rue, flânant sans but précis.

Marc était désormais en couple avec Gustav. Tout était parfait, il vivait dans une bulle de bonheur. Il passait le plus claire de son temps avec lui, dînant au restaurant, allant au cinéma. Il pensait emménager avec lui, chose qu'il n'avait jamais faite avec Bill. Ils avaient pris la bonne décision, être ami amenait plus d'avantage.

Il parlait toujours de son compagnon, et ses yeux brillaient constamment. Un peu comme un enfant devant une sucrerie, empli de joie. C'était à en croire ses paroles l'homme le plus doux de la terre.

Cependant, il n'aimait pas trop étaler sa vie devant Bill. Il savait qu'il pouvait tout lui raconter, mais le brun était seul et ne semblait trouver personne. Il avait pourtant l'air comblé, mais n'avait toujours pas d'activité précise à faire ou de petit ami.

Il s'ennuyait ses jours-ci. Tom était parti voir sa mère durant 2 semaines, et ils ne s'étaient pas vus beaucoup. Il n'avait pas encore découvert qui était le jeune garçon qui partageait son appartement, et se sentait moins fort comme il n'était pas là.

Sans le savoir, le dreadé l'aidait. Il était patient et avait toujours la joie de vivre. Ils ne se connaissaient pas vraiment, discutant de choses futiles sans jamais vraiment prendre le temps de parler de choses plus intimes, de problèmes. Pourtant, Bill voyait que quelque chose le tracassait.

Peut-être à cause de la cigarette. Il n'en prenait qu'une par semaine. Ce n'était pas du tout une dépendance, il avait l'air de s'obliger à la faire. Comme si tirer sur cette clope pouvait évacuer quelque chose d'intérieur, quelque chose de trop dur. L'espoir de voir tout s'envoler en même temps que la fumée qui passait dans sa gorge. Foutaises.

Il ne lui avait jamais demandé pourquoi. Pourquoi il était triste lorsqu'il le faisait, et pourquoi il prenait un malin plaisir à détruire ses poumons pour se punir d'une chose dont il n'était certainement pas le coupable, à en juger la peine qu'il avait à fumer.

Et il y avait aussi ce regard. Quand parfois, un petit silence s'installait et qu'il regardait dans les vagues. Il bougeait ses doigts et semblait chercher des réponses. Bill était persuadé qu'il jouait de la guitare. Cette façon de mouvoir ses mains, sans s'en apercevoir.

Normalement, il devait rentrer cet après-midi. Le train arrivait vers 14heures et il lui avait promis de passer l'aider pour les valises. Ce n'était pas une corvée, au contraire, il avait hâte. Il soupira et admira les feuilles qui virevoltaient au vent. La nature faisait de belles choses.

- À quoi tu penses ?, demanda Marc.

Le brun releva la tête. Quelques mèches de cheveux lui barraient la vue, il les déplaça dans mouvement de main. Perdu dans ses réflexions, il fixait ses converses, usées avec le temps, depuis un moment.

- À quelques détails.

Ses paroles furent un peu couverte par le vent, mais le brun les compris. Ils marchèrent encore un peu avant de prendre la direction d'un petit café, histoire de boire du chocolat chaud.

La tasse entre les mains, Bill humait la vapeur qui s'en dégageait. Ça sentait bon. Il n'y avait pas trop de bruit dans la salle, quelques personnes étaient là, mais tout était calme. Reposant.

Il repensait à Révélation. Dernier livre qu'il avait lu, et qui l'avait emporté au-delà de ses rêves les plus fous. Ou encore à la musique. Certaines chansons, tristes. Il n'allait pas très bien ses temps-ci. Plongé dans un profond vide, loin de tout, rien. Et pourtant proche. Il ne comprenait pas.

[...]

14h50, la gare. Marc l'avait laissé sur un banc, il devait rejoindre Gustav. Ils avaient passés la matinée ensemble, mais sans réellement parler. Bill était ailleurs, vraiment, et il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour lui.

Le brun était penché en avant, ses deux mains jointes. Il écoutait les trains, les gens, la vie. Toute cette agitation, ses accolades, ses discussions. Tous répartis sur différents quai, quittant la ville pour ne plus jamais revenir, ou juste pour quelques jours.

L'attente insoutenable de quelqu'un qui devait arriver. Les adieux déchirants de personnes qui n'allaient plus se revoir avant longtemps. Lui était dans le premier cas, impatient. C'était difficile d'attendre seul, dans le froid. Mais la simple pensée que dans quelques minutes il allait le retrouver l'aidait. Il pourrait peut-être de nouveau l'aider.

De son côté, Tom était appuyé contre la vitre. Sa tête se cognait parfois, mais il n'en n'avait que faire. Il était trop préoccupé, cette semaine ne s'était pas passé comme il l'avait espéré. Tout avait été remis en question.

Il espérait vraiment que Bill n'ai pas oublié. Qu'il l'attende sur le quai. Et puis quoi ? Rien. Il ne pourrait pas résoudre son problème, n'en connaissant même pas l'existence. Kyle ne pourrait pas, tout simplement parce que le blond ne voulait pas. Il ne voulait pas y croire, c'était trop compliqué.

Alors il regardait sa montre avec impatience. Les passagers autour de lui étaient aussi excités, le train ralentissait. Et plus il s'approchait du brun, plus il se sentait mal & extrêmement bien à la fois. Il venait d'apprendre une partie de la vérité, et tout ce qu'il voulait c'était un peu de réconfort. Il n'était peut-être pas aussi costaud que ce qu'il croyait. Il était lui aussi faible, humain.

Toutes ses personnes qui se pressaient devant les portes et celles dehors qui ne tenaient pas en place. Lui ne se levait pas, attendait que plus personne ne bouche le passage. Il ne chercha même pas à trouver le brun dehors, il était là, il le savait, il le sentait.

Lorsque son tour vint enfin, et qu'il descendit avec ses deux grosses valises, il senti le changement de température. Il faisait très froid. Il avança de quelques pas, et l'aperçu, assis sur un banc. Et c'est à ce moment que Bill leva les yeux. Ses traits étaient tirés, et la fatigue se ressentait. Il se leva et s'approcha du blond.

Face à face, Tom lâcha ses bagages.

- De quoi as-tu envie, là ?

Ses mots n'étaient que murmures, et au fond, la question était plutôt une demande muette. Bill passa ses bras autour de lui et le serra fort. Lequel des deux en avaient le plus le besoin, aucune idée. Mais le blond pu enfin évacuer tout le stress accumulé, et une partie de sa peine. Les larmes coulaient et quelque chose entre eux c'était cassé. L'illusion que l'autre allait bien.

[...]

Ils étaient restés un moment enlacé au milieu de la gare, entouré de deux valises. Personne ne les avait bousculés, comme pour ne pas les déranger. Ce qui au début promettait d'être une belle amitié c'était vite transformé en jeu vicieux. Ils ne montraient que le positif, et avaient négligé le plus important, eux-mêmes.

Se séparant doucement, le brun s'abaissa pour ramasser une des malles et commencer à marcher. Pas la peine de parler, ils étaient conscient que plus tard, une discussion s'imposerait. Les roulettes des malles buttaient contre les cailloux et donnaient un peu de vie aux alentours. Aucune voiture ne passait, et aucun bruit ne se faisait entendre.

Tom ne savait pas trop où ils allaient, mais Bill semblait sur de lui. Ils arrivèrent près d'une maison, et il comprit que c'était celle de son ami. Il n'y était jamais allé, et se demandait où vivant le brun.

La maison sentait bon, elle sentait clairement Bill. Tout était beau, et il le suivait en admirant la décoration. Ils montèrent les escaliers et le blond abandonna ses bagages dans le couloir.

- La salle de bain. Je vais t'apporter un linge, et tu pourras te doucher.

Le dreadé acquiesça, et entra dans la pièce. Une grande douche était présente dans le coin, entouré de fenêtres floues. Plusieurs shampooings étaient posés sur un rebord, et il ne savait pas lequel il devait prendre.

Il prit la serviette que lui tendait le brun et ferma la porte. Il se déshabilla, pliant ses affaires pour les poser sur le petit meuble. Il alluma l'eau et se glissa sous le jet. Il ferma les vitres, et se sentit tout d'un coup très à l'étroit. La cabine était assez petite, mais il y avait assez de place pour deux personnes. Deux personnes très rapprochés. Il rit doucement, sentant tout de même le rouge envahir ses joues. Bill aurait-il déjà amené quelqu'un ici ?

Il se lava consciencieusement, se délectant de l'odeur du parfum qui emplissait la pièce. Il se rinça une dernière fois, et s'enroula dans le linge qu'il lui avait prêté. Un miroir lui faisait face, et il s'observa. Il n'était pas si attirant que ça. Il ne comprenait pas tous ses gens qui lui tournaient autour.

Il passa son caleçon et son t-shirt. Le baggy ne lui faisait pas très envie, et il avait un jogging dans ses bagages. Son haut assez large le couvrait jusqu'aux genoux, il sortit donc dans les couloirs.

Il trouva non sans peine le vêtement qui lui manquait et retourna dans la salle de bain nettoyer la douche. Il détestait quand Kyle trempait tout et se doutait qu'il en était de même pour Bill. Il se regarda une dernière fois dans le miroir avant de relâcher ses dreads. Elles goutaient sur ses épaules.

- Bill ?

Une porte s'ouvrit faisant sursauter le blond et il entra dans la chambre où son ami se trouvait. Il était assis sur le lit, un livre entre les mains. Il s'était lui aussi changé et portait le même bas que Tom.

- Tu as de bon goût.

Un rire accompagna sa phrase et le dreadé sourit.

- Que tiens-tu entre tes mains ?, demanda-t-il.

Un immense sourire vint se glisser sur les lèvres du brun. Il lui raconta l'histoire, et de cette façon lui révéla certaines choses. Il lui parla de son envie de vivre quelque chose d'extraordinaire, de faire des choses interdites. Il lui expliqua pourquoi il avait quitté Marc, mettant ainsi au courant Tom. Se dernier ne le savait pas, et en fut étonné.

Il écouta avec attention tout ce que lui disait, sachant pertinemment qu'il devrait en faire autant après. Ce livre semblait être ce que voulait vivre Bill. Seulement, dans la vraie vie cela n'arrivait jamais. Aucun vampire ne viendrait l'aimer.

Il remarqua qu'au fur et à mesure que son ami parlait, il se détendait. Un poids s'enlevait de son c½ur, et il respirait mieux. Alors il l'encourageait d'avantage à lui raconter ses espoirs, même si tout était vain.

Ils étaient appuyés contre la tête de lit, et le temps passait. Ils discutaient, échangeant anecdotes et autres souvenirs. Le livre avait été reposé sur la table de nuit, et un petit silence venait de se faire. C'était son tour.

- Tu sais, les deux semaines chez ma mère ne se sont pas passées comme je le croyais.

Il ne savait pas par où commencer. Peut-être par le début. Il rencontra deux yeux noisette qui le fixaient et il reporta son attention au plafond.

- Ma mère m'a dit que j'avais un frère. Mais qu'il avait préféré partir.

Il soupira, sentant les larmes monter. Il n'aimait pas en parler, surtout depuis qu'il savait. Il s'était totalement trompé, et il s'en voulait. Ce n'était pas de sa faute.

- Sauf qu'elle m'a avoué quelque chose. Mon frère n'a pas choisit de partir. C'est elle qui l'a donné. Elle l'a fait adopter, sa voix se cassa.

Bill expira fortement. Il ne lui avait pas dit qu'il s'était lui-même fait adopter. Etait-ce aussi dur pour le blond que pour lui ? Ressentait-il lui aussi un vide, un manque. Un ou plusieurs membres d'une famille, des gens qui auraient du l'aimer ?

Il se tourna vers Tom. La tête baissée, les mains tremblantes. Il devinait sans peine des yeux débordants de larmes. Mais une impression, quelque chose lui disait qu'il n'avait pas terminé.

- J'ai un jumeau, merde.

La voix c'était voulue forte, claire, mais il n'y était pas arrivé. Il reniflait, sanglotait, comme il ne l'avait jamais fait avant. C'était plus fort que lui, il ne contrôlait plus rien.

Le brun frictionna son bras, ne sachant que dire. Cette nouvelle était choquante. Jamais il n'aurait pensé entendre quelque chose comme ça. Il venait de voir que le blond était comme lui, qu'il le comprenait. Sauf que c'était certainement plus dur pour lui, il était incomplet, une moitié de lui perdue.

Un téléphone sonna, et Tom reconnu son portable. Il tenta de se calmer, et sécha quelques larmes avant de regarder qui l'appelait. Kyle. Il laissa l'appareil sonner et ne répondit pas.

Au bout d'un moment, sa respiration se fit plus régulière. Bill était toujours à ses côtés, perdu dans ses pensés. Sa main était toujours posée sur son bras, et se contact le rassurait.

- Je me suis fait adopter.

Un sourire compatissant sur le visage. C'était tout ce qu'ils pouvaient faire.

[...]

Décembre. La neige tombait, et recouvrait les routes. Tom laissait des traces de pas derrière lui. Une écharpe recouvrait son menton, et ses mains étaient enfoncées dans ses poches.

Kyle marchait à ses côtés, pestant contre les flocons qui se glissaient dans son col. Quelle idée de sortir par un temps pareil ? Il soupira une énième fois créant une fumée. Il rencontra une nouvelle fois le regard noir de son ami.

D'accord, il avait insisté pour accompagner le blond. Mais depuis tout ce temps, il ne connaissait pas encore Bill et il voulait que cela change. Le dreadé passait de plus en plus de temps avec lui, et apparemment il était au courant concernant son frère. Sujet très sensible, donc, ils s'étaient certainement rapprochés.

Et il lui manquait quelques informations. Il avait épuisé son stock d'allusion, de petites remarques concernant le brun. Il aimait bien taquiner Tom, et il ne savait plus quoi dire. Alors, il allait se rabattre sur Bill. Ou peut-être même sur les deux en même temps. Un sourire machiavélique se dessina sur ses lèvres, et le blond aurait juré voir deux petites cornes dépasser de ses cheveux roux.

- On y est, souffla-t-il, tu ne fais rien d'idiot.

Devant l'air innocent de Kyle, il savait qu'il était foutu. Il secoua la tête et sonna.

Un « J'arrive » se fit entendre et la porte s'ouvrit. Les deux jeunes hommes entrèrent rapidement, espérant trouver un peu de chaleur dans la maison.

Habitué, Tom se débarrassa de ses affaires avant de se diriger au salon. Il revint quelques secondes après, confus, ce qui provoqua un fou rire chez les deux autres.

- Oh ça va hein...


Malgré ses protestations, ils n'arrêtèrent pas, et un doux sourire prit place sur son visage. Que c'était bon de les voir rire.

Calmés, ils se rendirent au salon. Kyle découvrait la maison pendant que Bill sortait à boire. Tom ne cessait de marmonner, se massant le front. Pourquoi avait-il amené le roux ? Pourquoi ?

- Donc, c'est toi son colocataire ?

La question de Bill attira l'attention de Kyle, et il répondit positivement. Ils firent connaissance, découvrant quelques points en commun. Ils partagèrent quelques histoires sur Tom qui en ce moment faisait mine de bouder.

- Bah alors, on fait la tête ?, questionna le roux.

Cette remarque lui valut un coussin. Bill haussa un sourcil lorsque Kyle se jeta sur le blond. Ils avaient de drôle de réaction. Il fut tiré de ses réflexion par un objet non-identifié qui lui arriva dessus. S'attendant à un reproche, les deux amis stoppèrent leurs gestes.

Le brun se leva, et monta les escaliers. Durant quelques secondes rien ne se passa, jusqu'à ce qu'il revienne chargé de bouteilles d'eau. Un sourire carnassier aux lèvres il avançait, sadiquement. Le roux en profita pour partir, lançant un « Bonne chance » à qui voulait l'entendre.

Le blond reculait, espérant ne pas se faire mouiller.

- Allez Bill... Tu vas quand même pas-

Un giclé d'eau lui arriva dessus et il frissonna. Le brun partait déjà en courant à travers la maison alors que Tom se baissait pour prendre une des bouteilles lâchement abandonnée.

Rigolant, ils se balançaient de l'eau, mouillant tant tôt les meubles, tant tôt l'autre. N'ayant plus de munitions, le dreadé se dirigea dans la salle d'eau, suivi de près par son ami.

Un bruit de porte qui se ferme, et Tom était pris au piège. Il ferma le robinet, et Bill en profita pour déverser le reste de sa bouteille sur lui. L'eau coulait dans son d'eau et il riait.

- Et maintenant ?, demanda le blond.

- Et maintenant, sous la douche !

Tout en disant cela, il poussa son ami. Son dos heurta le mur et le brun ferma les vitres. Il alluma l'eau chaude et s'appuya contre la paroi. Ils étaient trempe, et sous la douche habillés. Les yeux fermés, il se laissa aller. Il était bien là.

En revanche, Tom avait très chaud. Comme il avait pu le constater auparavant, la douche était assez grande pour deux personnes. À condition qu'elles se touchent. Il avait son bras pressé contre celui de Bill et ne pouvait faire autrement.

De la buée se créait, et des vapeurs s'envolaient. Les cheveux de Bill se collaient à son front et ses habits le moulaient exagérément. Ils devaient sortir, et vite. Comme si le brun l'avait entendu, il arrêta l'eau et sortit. Il prit de linge et en donna un à son ami.

Alors qu'il s'essuyait, le brun se rendit compte d'une chose. Avec son idée stupide de faire une bataille d'eau, Tom se retrouvait complètement mouillé et n'avait pas d'habits de rechange. Pire, il ne pouvait pas rentrer chez lui dans cet état, avec le froid qu'il faisait. C'était une pneumonie assurée.

Pendant que l'autre réfléchissait, le blond tentait de se calmer. Une bouffée de chaleur certainement due à la température de la pièce. Il ne se comprenait pas d'ailleurs. Depuis quelques temps déjà, il cherchait son frère. Il devait remplir des tonnes et des tonnes de feuilles pour l'agence à laquelle il avait fait appel. Elle devait commencer par demander l'accord à son frère, dans le cas où elle le retrouverait. Autant dire que cela prendrait un moment.

Et il ne s'était plus laissé aller à penser aux autres. Il s'était attaché à son frère, personne qu'il ne rencontrerait peut-être jamais. Mais sous la douche, quelques secondes avant, avec Bill, il s'était emporté. Il avait ressenti un sentiment qu'il s'était interdit, d'abord parce qu'il en voulait à son jumeau, puis parce qu'il voulait retrouver ce-dit jumeau.

De l'intérêt. Il éprouvait un certain intérêt pour le brun. Il ne devait pas, surtout qu'il le connaissait depuis peu de temps et qu'il ne s'imaginait pas avec lui. Non, il ne pouvait pas. Surtout que maintenant, ils se disaient énormément de choses, et c'était rapprochés.

- Tu as remarqué que quand tu vas bien, moi aussi & quand je m'inquiète, toi aussi ?

Le blond sursauta et porta sa main à sa poitrine.

- J'ai failli avoir une crise cardiaque !

Tout en disant cela, il lui donna un petit coup avec la serviette. Mais Bill avait raison. Il porta son attention sur le brun. Il se semblait préoccupé, mâchonnant sa lèvre inférieure. Ses sourcils étaient froncés et il lui rappelait étrangement quelqu'un. Lui.

- Tu n'as qu'à resté ici !


Devant son air enfantin, Tom ne put que rire gentiment. Il était adorable.

- Je ne voudrais pas te déranger.

- Mais tu ne me déranges pas, murmura-t-il.

L'ambiance avait complètement changé. Un petit silence c'était installé, mais pas un silence lourd, juste détendu. Mise à part les câlins, ils ne se montraient jamais leurs affections, estimant que l'autre n'en n'avait pas besoin.

Il était rare qu'une phrase comme celle-ci soit prononcée, même banale, elle était tellement importante. Parce qu'ils avaient tous les deux peur. Peur de s'attacher, peur de s'emporter. Chacun avaient leurs raisons. Raisons qui se rejoignaient peut-être.

- D'accord. Mais laisse-moi t'aider à nettoyer.

[...]

Il était assis sur son sofa, observant le blond sur le canapé. Ils regardaient la télévision, n'ayant pas trouvé d'autre idée plus attrayante. Seulement, le dreadé avait finit par s'endormir.

Tom était couché sur le divan, la tête reposant sur son bras. Ses dreads étaient lâchées, et ses jambes repliées contre son torse. Le brun le contemplait depuis un moment, et se posait des questions. Comment se faisait-il qu'il n'ait personne ? Il était tout simplement magnifique.

La fatigue le gagnant lui aussi, Bill prit la télécommande et éteignit le poste. Il décida de porter le blond jusqu'à la chambre, n'ayant pas le courage de le sortir du sommeil. Il glissa une main sous ses genoux et cala la tête du dreadé contre son torse. Il n'était pas très lourd et la chambre pas très loin.

Une fois arrivé à destination, il le coucha veillant à ne pas faire de mouvement brusque. Il ne savait pas comment Tom dormait et le préféra le laisser habiller. Lui en revanche ne dormait qu'en boxer. Il ferait une exception cette nuit, et laisserai le bas.

Torse nu, il s'installa aux côté du blond, rabattant les couvertures sur eux. Il se laissa bercer par la respiration de son ami, attendant Morphée...

[...]

Il ouvrit les yeux essayant de s'habituer à l'obscurité de la pièce. Il n'aurait su dire si c'était le matin ou la nuit, les volets étant clos. Mais il savait qu'il n'était pas chez lui. La masse allongée à ses côtés le confirma.

Il était bien, couché au milieu des coussins de Bill. Son odeur était partout, et le rassurait. Il était dans une sorte de cocon, emmitouflé de la sorte. Mais était-ce normal qu'il se sente si bien en compagnie de son ami ? Ou cela cachait-il quelque chose ? Il devrait peut-être en parler avec Kyle, en avoir le c½ur net.

Les doigts du brun remuaient doucement, effleurant l'avant bras de Tom. Il se réveillait à son tour, non conscient de son geste affectueux involontaire.

- Bonjour...

Parole presque inaudible, le sommeil toujours présent dans l'esprit de Bill. Mais un sourire lui répondit tout de même.

Ils restèrent là pendant un moment, se contentant de la présence de l'autre. Il était plus agréable de dormir avec quelqu'un que de dormir seul. Le réveil l'était aussi. Le souffle chaud du blond caressait le front du brun, qui se sentait apaisé.

- Tu veux qu'on se lève, murmura le blond.

Bill acquiesça et souleva doucement les couvertures. Il s'étira avant de voir le regard suspect de son ami.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

D'un mouvement du menton, Tom lui désigna une des branches de l'étoile qui dépassait de son jogging. Son tatouage.

- Oh, c'est un de mes tatouages. Une étoile.

Le brun descendit lentement son bas, dévoilant entièrement son dessin. Il était placé dans un endroit assez délicat, mais la pièce était sombre, ce qui le gênait moins et arrangea Tom. Ses joues étaient devenues rouges, et il essayait de se concentrer sur autre chose.

- Tu en as d'autre ?, demanda-t-il essayant de reprendre contenance.

Bill lui indiqua son avant-bras que Tom avait déjà vu, et souleva ses cheveux. Sur sa nuque, il y en avait un autre. Dos tourné au blond, il attendait une réaction.

Il sentit deux doigts retracer le contour du signe, et frémit lorsqu'il sentit la peau rêche du guitariste. Il le savait, et cela ne faisait que prouver ce qu'il pensait. Il jouait bien de cet instrument.

Le dreadé laissa glisser sa main sur la nuque de son ami avant de la laisser retomber mollement sur le matelas. Le dos de son ami l'attirait. Stop.

Le brun lâcha ses cheveux et se retourna.

- Tu sais que j'ai un piercing à l'arcade ?, l'autre acquiesça.

Bill lui tira la langue, laissant ainsi apparaître une petite boule argenté. Il la roula entre ses dents, avant de refermer ses lèvres. Il était fier de sa petite démonstration, et ne remarqua pas le léger changement de couleur des yeux de Tom. Ils étaient un peu plus foncés.

Sautant hors du lit, le brun s'avança près de la fenêtre dans le but d'ouvrir les volets. Lorsqu'il se retourna, le blond n'était plus dans la pièce, mais l'on entendait le bruit de la douche.

[...]

- Tu n'y échapperas pas cette fois ! Viens me raconter !

À contre c½ur, Tom entra dans la chambre de Kyle. Il était rentré de chez Bill depuis plus de deux heures, mais avait trouvé toutes les excuses possibles pour ne pas pouvoir venir parler au roux. Il ne savait plus trop où il en était, et espérait être tranquille un moment avant de devoir lui raconter. Histoire de mettre un peu d'ordre dans ses pensées.

Il prit place sur la chaise de bureau, passant ses bras autour du dossier. Il posa son menton sur ses bras, attendant une quelconque remarque de la part de son colocataire. Remarque qui ne vint jamais. Pour une fois, alors que c'était justement aujourd'hui qu'il n'aurait préféré rien dire, Tom avait la parole.

- En fait..., il soupira.

Kyle sourit. S'il n'y avait rien d'important, le blond aurait tout de suite dit ce qu'il se passait. À croire que quelque chose le tracassait. Se serait-il entiché du brun ?

- T'aimes bien Bill, c'est ça ?

L'autre ne bougea pas. Oui, il l'aimait bien. Comme un ami. Ou peut-être plus.

Au début, il l'avait juste vu, couché sur l'herbe avec Marc. Il n'aurait jamais deviné qu'il était homo, mais la main de son ami sur son dos le lui avait montré. Et puis, le brun était près à lui bondir contre dans le cas où il se permettrait une remarque déplacée. C'est vrai qu'avec son look, il pouvait s'y attendre.

Il avait senti son regard, mais se concentrait sur son dessin. Une certaine anxiété à l'idée de croisé se regard peut-être trop fort. Et c'est seulement lorsqu'ils se levèrent pour partir, qu'il releva la tête, pour le voir s'éloigner.

Et il était revenu. Tous les jours. Il pensait que peut-être ils reviendraient, et qu'il pourrait éventuellement lui parler. Ils avaient effectivement discutés un petit moment, avant que son compagnon ne revienne. Il avait cru apercevoir du regret dans les yeux du brun, mais avait vite oublié cette idée.

Plus les jours passaient, et plus il hésitait. Il le voyait souvent, très souvent, mais ne s'était jamais décidé à lui parler. Il ne voulait pas que Marc pense que c'était pour lui voler Bill, alors que tout ce qu'il cherchait, c'était comprendre.

Comprendre pourquoi est-ce qu'il l'attirait. Qu'avait-il de plus, pourquoi était-il tant énigmatique ?
Et finalement, contre toutes attentes, le petit ami du brun était venu de lui-même. C'était lui qui avait engagé la conversation. Qui lui avait donné une opportunité.

Il ne l'avait pas saisie. Bill ne revenait plus au parc, et il ne savait pas où le trouver. Il l'avait laissé s'échapper. Lui, qui avant n'avait jamais cherché à retenir quelqu'un. Mais il persistait, et revenait sans cesse, espérant que le brun en fasse autant.

Et il l'avait vu. Debout, devant le lac. Puis tout s'était enchaîné. À partir de se moment-là, tout avait changé. En positif. Ou pas.

Des mauvais événements s'étaient produits, comme son frère. Son jumeau plus exactement. D'ailleurs, les recherches n'avançaient pas vraiment. Il ne savait pas si, un jour, il aurait l'espoir de voir la personne qu'il était censé aimer le plus.

Voilà où était le problème. Il se dégoûtait d'aimer quelqu'un autant, alors qu'il aurait du le faire avec son jumeau. Il ne pouvait se permettre de tomber amoureux. Du moins, dans sa logique. Mais apparemment, il ne pouvait pas tout contrôlé, et c'était trop tard.

Bill avait pris possession de ce qu'il avait toujours renfermé. Il avait refusé d'admettre qu'il était capable de sentiments pour un autre. Un autre homme.

Tout s'assemblait dans son esprit et il se rendit à l'évidence ; il aimait Bill. Oh oui, il en était foutrement amoureux.

- Oui.

Seul le silence lui répondit, et quand il releva la tête, il s'aperçu que Kyle n'était plus là. Certainement parti depuis un bon moment.

[...]

Noël. La période de fêtes que Kyle détestait le plus. Il neigeait encore plus souvent qu'avant, ses moufles étaient horribles, et aucune fille ne se risquait à mettre des jupes. L'hiver, c'était nul.

Ronchon, il marchait dans les rues entièrement éclairées. Des décorations par-ci, des gamins par-là... Il aurait tout donné pour voir le Père Noël débarquer en tenu de militaire et tout bousiller. Non, il n'était pas de mauvaise humeur, l'esprit de Noël le comblait au plus au point.

- Fais pas cette tête là voyons !


Il l'avait oublié lui. Bill. Il devait bien être le seul bien heureux de toute la planète. Qui aimait regarder les flocons recouvrir les toits, écouter les petites chansons que les enfants s'évertuaient à massacrer ? Personne. Ou peut-être tout le monde sauf lui.

Si le roux était dehors à marmonner, c'était pour aider le brun. Ce dernier voulait trouver un cadeau pour Tom, et évidemment il s'y était pris à la dernière minute. Mais vraiment. Ce soir, c'était le Réveillon, et comme ils étaient majeurs, ils n'attendraient pas que quelqu'un daigne descendre par la cheminé.

- Tu disposes de combien ?, grogna-t-il.

Bill rit un peu, et rougi avant de lui dire que cela n'avait aucune importance. Il n'avait pas encore évoqué ce petit détail.

Les vitrines défilaient devant leurs yeux, la neige s'entassait sur la tête de Kyle et aucune chose n'attirait vraiment le brun. Ils s'approchèrent de se qui devait bien être la dernière boutique de la ville et là, Bill se précipita à l'intérieur. Il avait trouvé.

[...]

La porte d'entrée claqua, et quelqu'un couru jusqu'à la salle de bain. Tom devina sans mal qu'il s'agissait de Kyle, vu le temps actuel. Il était sur qu'au fond, le roux aimait bien la neige. Il râlait pour la forme.

Bill enleva ses gants, le tissu glissant sur ses doigts. Son écharpe était mouillée, et son bonnet aussi. Le sac contenant le cadeau pour Tom reposait près de ses chaussures. Il ne fallait pas qu'il le voit.

Il monta discrètement les escaliers, espérant que le blond ne le voit pas. Il rentra dans sa chambre, cachant le présent sous son lit. De toute façon, se soir il serait ouvert.

De retour en bas, il entendit Kyle rouspéter contre la lenteur que mettait la dinde à cuire. Il s'était changé et portait un simple training, prouvant de cette façon là qu'il n'aimait pas Noël. Bill pouffa, persuadé que le roux n'attendait qu'une chose, l'ouverture des cadeaux. C'était un vrai gamin, et il ne voulait pas le montrer.

- Sa sent bon.

Tom se retourna et sourit fièrement au brun. Il avait préparé le souper seul, et n'était pas sur de ses talents culinaires, alors une remarque de se genre ne pouvait que lui faire plaisir. Un petit tintement se fit entendre, et Kyle ouvrit le four.

- À table !

Ils s'installèrent tous, impatient de goûter au repas. Le roux se servit et passa les plats à ses amis, content d'être au chaud et de n'avoir aucune neige dans la maison.

[...]

Marc avait téléphoné pour souhaiter un Joyeux Noël à tout le monde. Il était en compagnie de Gustav, et avait préféré ne pas les rejoindre. Georg avait envoyé un rapide sms, certainement occupé avec sa femme.

Tom ne connaissait vraiment pas Georg. Il ne l'avait jamais réellement vu, et d'après Bill, s'était son épouse qui lui empêchait tout contact. Il n'approfondit pas le sujet, n'en voyant pas l'intérêt, mais il savait que cela devait affecter le brun.

Ils étaient couchés par terre, observant les lumières que faisait le sapin. Ils attendaient minuit, chacun réfléchissant aux cadeaux qu'ils avaient faits, ou à ceux qu'ils allaient recevoir.

Le souper avait été excellent, et ils étaient pleins. Ils ne savaient que faire en attendant, et donc, restaient immobile. L'aiguille des secondes avançait, celle de minutes aussi, mais celle de l'heure semblait stagner, ne voulant pas s'approcher du 12. C'était une torture, surtout pour Kyle. Il n'était que 22heures, & il ne cessait de soupirer.

Comme chaque année, Tom décida de ne pas attendre. Le roux n'arrêterait pas son manège, il le connaissait bien maintenant, et il n'y avait aucune raison de ne pas ouvrir les cadeaux tout de suite. C'est pourquoi il se leva et tendit sa main à Bill.

Kyle était déjà debout devant le sapin, un sourire goguenard au visage. Le brun pouffa gentiment et se laissa tomber à genoux.

- Tiens Kyle, c'est pour toi, dit le dreadé tout en agitant un paquet sous ses yeux.

Il déchira rapidement l'emballage, dévoilant trois CDs de son groupe préféré. Lentement, il les observa un à un, avant de se jeter dans les bras de son ami, le remerciant pour son présent. Il les avait cherchés longtemps, et aucun disquaire n'avait été en mesure de les lui fournir.

Bill s'avança timidement à son tour, une boîte entre les mains.

- Tu m'as aussi acheté un cadeau ?

Le brun rougit et fit oui de la tête. Ce n'était pas prévu, mais il voulait lui offrir quelque chose en remerciement. Ils étaient amis, et même si c'était nouveau, il avait eu envie.

Le roux prit une légère teinte rose, et s'excusa de ne rien avoir pour lui. Il déballa l'emballage pour découvrir un t-shirt de la marque qu'il affectionnait le plus. Il l'essaya et fut ravi de voir qu'il était à sa taille. Comme pour le blond quelques instants avant, il prit Bill dans ses bras.

- Merci les gars, sincèrement, et sur cette phrase, Kyle monta les escaliers.

Sa silhouette disparaissant dans le couloir, Tom reporta son attention sur le brun. Il était très beau se soir, et ne s'en rendait même pas compte. Il ne cherchait pas à séduire, il était naturel, et même sans maquillage il était magnifique.

Le blond se baissa pour prendre l'unique cadeau restant, le déposant dans les mains de Bill. Ce n'était pas grand-chose, mais il s'était dit que le brun aurait du plaisir à la porter. Un petit pendentif qui collait bien au style de l'androgyne.

Le brun ne dit rien, admirant le petit objet posé dans sa paume. Tom lui avait fait un cadeau. Un très beau cadeau. Se souvenant du sien, Bill prit la main du dreadé afin de l'entraîner dans l'escalier.

Il ouvrit la porte de la chambre, et chercha sous le lit le paquet. Debout, le pendentif dans une main, il tendit la boîte à Tom.

- Merci, souffla-t-il.

Un bracelet scintillait sous le reflet de la lumière. Il releva la tête, plantant ses yeux dans ceux du brun. Il était fou, de lui avoir acheté une chose aussi précieuse. Fou d'être inquiet, ce cadeau ne pouvait que faire plaisir. Fou d'être là, sans même se douter de ce qu'il se passait dans sa tête.

Il s'avança, et entoura Bill de ses bras. Il ne pouvait pas le perdre, jamais. Il s'était rendu à l'évidence concernant son jumeau, il ne le retrouverait certainement pas. Il avait donc prit la décision de se laisser aller, et d'accepter ses sentiments. Mais il n'avait pas encore eu le courage de les avouer au principal concerné.

Aucun des deux ne parlait, rejouant la scène de la gare, quelques temps plus tôt. A la seule différence que personne ne pleurait et qu'ils étaient seuls. Le souffle de Tom était comme la dernière fois, chaud et lui lançait quelques frissons.

Le brun ne put s'empêcher de passer lentement sa main sur le dos de son ami, le caressant tendrement. C'était un de ses meilleurs Noël, et il ne l'oublierait jamais. Le dreadé avait cuisiné pour lui, et lui avait offert quelque chose. Quelque chose qu'il serrait toujours dans sa main.

Bill mit fin à cette étreinte et éteignit la lumière. Il s'approcha de la fenêtre et admira la neige tomber, ces milliers de flocons recouvrant le quartier. Ce beau spectacle ne faisait que lui rappeler ce dont à quoi il pensait tout le temps, lorsqu'il se passait quelque chose de spécial. Tom.

Il s'était rendu compte qu'à chaque fois qu'il aimait quelque chose, il se demandait comment allait le trouver son ami. S'il regardait un film, il se tournait souvent pour voir si le dreadé était à ses côtés.

Il éprouvait de nouveaux sentiments envers le blond. Et il ne savait pas du tout s'ils étaient réciproques. Ce qui le perturbait le plus devait être le fait qu'il ne s'était jamais posé la question pour Marc. Au fond, il n'y avait pas accordé d'importance.

Un menton se posa sur son épaule et il soupira de bien être. Il aimait le contact du dreadé, même si ces derniers temps il était distant. Il se retourna et cala sa tête dans le cou de son ami. C'était plus fort que lui, il devait le sentir.

Son nez frottait sans cesse la peau du blond, lui procurant un doux frôlement. Les doigts de Tom passaient dans ses cheveux, et il le serrait étroitement contre son torse.

Le bracelet était à son poignet, et il luttait pour ne pas se déconcentrer. La situation était déjà ambiguë, et Kyle n'était pas loin. Il pouvait rentrer d'un moment à l'autre & rigoler de la situation.

Prenant conscience de ses dernières pensées, le blond se dit qu'il était idiot. Jamais le roux ne lui ferait ça, lui qui cherchait toujours à l'aider. Et puis, peut-être qu'il pourrait tenter sa chance. Les lumières étaient éteintes, il n'aurait pas à voir le rejet dans les yeux de Bill.

Il se recula de quelques centimètres et contempla le brun. Ses yeux étaient fermés, ses lèvres entrouvertes, il semblait paisible, à sa place. Lentement, il s'approcha de son visage, effleurant de ses lèvres la bouche de Bill.

Pour la première fois depuis longtemps, il se sentait enfin complet. Il remua un peu, priant pour que le brun ne le repousse pas. Sa bouche se referma sur sa lèvre inférieure, et ses mains s'accrochèrent à son t-shirt.

La délicatesse de Tom l'aurait fait pleurer. Il retrouvait enfin se qu'il pensait avoir perdu depuis si longtemps. Et derrière son dos, les flocons tombaient toujours.

[...]

Ils étaient restés sans bouger de longues minutes. Chacun appréciant le baiser, la présence de l'autre et surtout, le monde qui paraissait les entourer, les protégeant de tout et leur procurant un bien être immense.

Puis, quand ils s'étaient séparés, il avait suffit d'un regard pour comprendre. Et Bill était parti, avant minuit, des étoiles plein les yeux. La nuit l'avait accompagnée jusqu'à chez lui où il s'était enfin permis un sourire idiot.

Et se matin, il s'était levé le même sourire idiot sur le visage. Il était assis dans son sofa, jouant avec le pendentif que Tom lui avait offert. Voyant le facteur faire sa ronde, il se dirigea vers sa boîte aux lettres, récupérant son courrier.

Il retourna à l'intérieur grelottant, le vent froid du matin l'ayant surpris. Comme toujours, des factures ou de la publicité composait essentiellement son courrier. Une carte lui souhaitant un Joyeux Noël & une bonne année, et une lettre étrange.

Il l'ouvrit, curieux de savoir ce qu'elle contenait. Il était à mille lieu de se douter ce qu'elle cachait en vérité, et il ne savait pas ce que cela allait engendrer. Alors il déplia la feuille, lu l'adresse de l'expéditeur.

Sous ses yeux, écrits noir sur blanc, pour la première fois de sa vie, l'agence d'adoption le contactait. Peut-être que finalement, il allait retrouver sa famille. Son c½ur se serra lorsqu'il se rendit compte que Tom n'avait toujours pas eu de réponses, et que lui oui, alors qu'il n'avait fait aucune recherche.

Il commença sa lecture, confirmant sa première idée « Un membre de votre famille souhaite vous rencontrez ». Un sourire illumina son visage suite à cette phrase. Ses doigts se crispèrent sur la lettre, et son impatience grandissait. Qui était donc sa famille ?

Il attendait la réponse depuis si longtemps qu'il n'y croyait pas. Un bon matin, comme ça, une lettre apparaissait et lui révélait la vérité sur une bonne partie de sa vie. « Nous communiquons l'adresse de cette personne ainsi que son prénom & nom. [...] C'est à vous de décider, nous n'obligeons rien ».

Excité, il laissa ses yeux courir sur le nom de cette personne. « Monsieur Tom Kaulitz ». La lettre lui échappa des mains, et vola un moment avant de se poser délicatement sur le sol, sans bruit.

Il n'avait même pas fait le rapport. Cette idée n'avait jamais, ô grand jamais traversé son esprit. Il avait un jumeau. Un jumeau, qui voulait reprendre contact avec lui. Un ami à lui, dont il était tombé amoureux. Il aimait son jumeau, il avait même embrassé son jumeau.

Tout se bousculait dans sa tête, il ne comprenait plus rien. Des larmes lui brouillaient la vue, il se pencha espérant avoir mal lu, mais non, même l'adresse correspondait. Au moment où sa vie reprenait un sens, où il commençait à oublier cette famille absente, il fallait que tout vienne gâcher.

Il devrait être heureux d'avoir retrouvé un jumeau. Tom serait content aussi, de plus, ils s'adorent. Et s'aiment. Ce qui n'est pas permit. D'énormes sanglots secouèrent le brun qui se laissa glisser au sol.

Un étau comprimait son c½ur, et il ne se relevait pas. Il ne pourrait affronter cet obstacle, il avait assez donné. Alors il pleurait, laissait ses larmes salir ses joues blanches, comme l'eau qui coulait sur les carreaux de sa cuisine. Il n'y avait même pas fait attention, à la pluie.

[...]

Deux jours. Deux jours que Bill n'avait pas donnés de nouvelles et qu'il ne répondait pas au téléphone. Tom commençait à s'inquiéter, peut-être avait-il mal compris ?

Il n'aurait peut-être jamais du embrasser le brun. C'était sûrement une grave erreur, et il ne voulait plus lui parler. Pourtant, ses yeux se soir là étaient si intense...

Il ferma sa veste, mis son capuchon, et sortit sous la pluie. Il avançait sous le ciel gris, en direction de chez son ami. Il ne pouvait rester dans l'ignorance, peut-être qu'il allait mal. Et au fond de lui, il ne saurait l'expliquer comment, mais il le savait. Le brun n'allait pas bien, vraiment pas bien.

Ses chaussures frappaient les flaques d'eau, mouillant son jeans. Ses mains étaient froides, et le vent passait par son cou. Il avait oublié l'écharpe. Il mordillait sans arrêt sa lèvre, espérant trouver une réponse dans ce geste. Mais rien ne venait.

Arrivé devant la porte, il porta sa main à hauteur de son visage, et frappa trois petits coups brefs. Aucun mouvement ne se fit de l'intérieur, mais pas démonté pour autant, Tom ouvrit la porte. Les lumières étaient éteintes, et l'appartement semblait sans vie. Pourtant, il sentait la présence de Bill.

Une masse était couchée sur le canapé, et il sourit. Il s'approcha, et son sourire diminua. De longues traînées noirs souillaient son visage et tachaient son pull. Il passa sa main sur les joues du brun, espérant chasser ses malheurs.

Mais Bill se réveilla en sursaut, s'éloignant de la main de Tom, et pleurant une fois qu'il l'eut reconnu. Il paniquait et ne savait plus où se mettre, murmurant inlassablement « Pars, je t'en pris pars ».

Ne sachant que faire, le blond se précipita et le pris dans ses bras. Il s'excita encore plus, remuant sans cesse. Il gémissait, et semblait souffrir énormément. Tom n'abandonna pas et passa sa main sur son dos, encore & encore & encore...

Le souffle de Bill se calma, sa respiration n'était plus saccadée, les pleurs diminuaient. Son frère le rassurait, bien malgré lui. Il voulait l'oublier, sachant très bien qu'être juste un membre de sa famille ne lui suffirait pas. Il lui fallait plus.

Même s'ils n'étaient que jumeau, leur lien serait certainement très fort. Trop fort peut-être aux yeux des autres, et ils ne pourraient s'empêcher de l'aimer. Comme un amant. Et il s'en voudrait trop et souffrirait.

- Qu'est-ce qui se passe Bill ?

Tom avait chuchoté comme pour ne pas briser le silence qui c'était installé. Et le brun frissonna à l'entente de son prénom. Il était dans les bras de son frère, et il frissonnait. Il ne pouvait se le permettre. De nouvelles larmes se formaient, mais elles ne couleraient pas. Il devait apprendre à ne pas avoir se genre de réaction.

Il se leva et parti chercher la lettre, toujours abandonnée au sol. Il ne l'avait pas bougé, estimant que ce lieu était assez bien pour elle. Ou parce qu'il ne pouvait juste pas la relire.

Le blond récupéra la feuille, ne comprenant rien au manège de son ami. Il alluma la lumière et regarda Bill. Il s'était assis dans son sofa, le regard dans le vide, les bras pendants. Il avait mal pour lui.

Les lettres, les mots, les phrases se mélangeaient, et il avait du mal à les lire. Ce n'était pas possible. Contrairement au brun, il ne lâcha pas la lettre, relisant encore et encore ses mots qui détruisaient tout. Tout ce qu'ils avaient battit, tout ce qu'ils avaient espérer. Leur baiser.

Il se tourna à nouveau vers son... jumeau. Il s'approcha et l'observa. Il semblait anéanti.

- Est-ce que cela change quelque chose pour toi ?

Les yeux de Bill s'agrandirent. Peut-être était-il en train de se moquer de lui ? Peut-être ne s'était-il pas aperçu qu'il l'aimait ? Qu'il ne pourrait jamais accepter ce lien qui les unissait par le sang. Qu'ils pourraient toujours être ensemble, se faire des câlins comme tous frères, mais que lui souffrirait.

Que rien ne pourrait les unir alors qu'ils étaient déjà si proches. Que la douleur qui tiraillerait son c½ur à chaque fois qu'il penserait à la seule et unique fois que ces lèvres auront frôlés les siennes serait si insupportable qu'il tomberait dans une profonde nuit noire où rien ne pourrait l'aider.

Qu'il ne rêverait que d'un monde où ils pourraient s'aimer, se tenir la main et regarde le soleil ensemble, sans se soucier du chemin qu'ils prendraient. Les mots s'épuisaient, le monde réel faisait mal, et il n'en pouvait plus.

Il ne s'en était pas aperçu, mais il venait d'hurler ses paroles au blond. Il les avait criées, comme pour s'en débarrasser, les rendre floues & silencieuses. Pour se réveiller, pour arrêter se cauchemar et glisser ses doigts sur les bras de Tom. Pour se prouver qu'il était là, qu'il ne partirait pas et qu'il ne l'abandonnerait pas. Une fois de plus.

- Calme-toi, chut...

Le blond ne lâcha pas Bill. Il s'était effondré au sol, et il était tout de suite venu près de lui. Ce que son jumeau n'avait pas compris, c'était que rien ne changeait pour lui. Il l'aimait. Ni moins, ni plus.

Il passa ses doigts sous le menton du brun et déposa un baiser sur son front. Il tenta de le calmer, et comme la première fois, il réussit. Fusionnels.

Doucement, il frôla la tempe de son ami avec le bout de son nez. Les gestes doux l'aideraient peut-être à comprendre. Il murmura quelques mots réconfortant avant de le serrer un peu plus contre lui.

- Tu te souviens de ton fameux livre ? Révélation. Tu voulais d'une histoire comme celle d'Edward. Un vampire qui aime une fille. Une histoire fantastique, du piquant dans ta vie. Le brun acquiesça, redoutant la suite. Et bien, tu vois, tu as un frère. Un jumeau. Ce qui en soit est déjà très hors du commun. De plus, tu ne le connaissais pas. Et aussi, Tom se racla la gorge, tu as embrassé un garçon. Le hasard a voulu que ce soit ton jumeau. Et le plus extraordinaire de toute l'histoire, c'est que ton jumeau t'aime. Oui, je t'aime.

Il rougit à la fin de sa phrase, et sentit Bill se détendre. Il ne l'avait peut-être pas entièrement convaincu, mais rien n'était perdu. Il lui fallait peut-être un peu de temps avant de s'en remettre.

La main du brun se glissa dans celle du blond. Il respirait mieux, et Tom était là. Ils surpasseraient cette lettre. Bientôt.

[...]


- Je t'aime.

Ses mots résonnèrent dans la pièce. Tom s'arrêta au milieu de l'escalier, et sa main se crispa sur la rambarde. Il se retourna, et admira Bill. Il était en bas, la tête relevée, sûr de lui. Les paroles atteignirent le c½ur du dreadé.

Ils y étaient parvenus. Un sourire éblouissant prit place sur son visage et il dévala les marches. Sa bouche se posa sur celle de son jumeau et ses mains s'accrochèrent à son t-shirt. Les doigts du brun glissaient entre ses dreads.

Il n'y avait rien de violent, juste un goût d'espoir. Et l'excitation de penser que c'était son jumeau, et qu'il l'aimait. Quelques semaines étaient passées après la lettre. Ils n'en parlaient jamais, attendant que Bill soit prêt. Qu'il dépasse sa peur, et qu'il accepte.

Il avait compris que sa vie était un rêve éveillé et non un cauchemar. Aucun vampire n'était venu. Mais Tom oui. Et il valait beaucoup mieux que tous les Edward.

- Dis, de quoi as-tu envie, là, maintenant ?, susurra Tom.

- De ton amour.

À partir de ce moment, ils avaient réussi. Ils venaient de faire de ce monde, le leur.

Fin.

# Posté le samedi 06 décembre 2008 18:32

Modifié le dimanche 07 décembre 2008 05:12

3ème OS ; Twincest

3ème OS ; Twincest

OS pour le concours de Noël de la YAC ; Virage à 180°


Un son strident retentit, et les élèves se dirigèrent automatiquement vers le bâtiment. L'imposant édifice se trouvait au centre de la ville, non loin du centre commercial. En semaine, c'était là que les adolescents se trouvaient. En revanche, l'école était pratiquement vide le week-end, occupée seulement par quelques étudiants en retenue.

Dans les couloirs, les jeunes se bousculaient, certains se précipitant en classe pour ne pas arriver en retard, d'autre flânant, espérant rater quelques secondes d'un cours qui s'annonçait ennuyant. Comme dans chaque lycée, il y avait des groupes. Filles et garçons se distinguant par leurs vêtements, leur style, leur langage, leur option... Les populaires et les démodés, deux clans bien distincts imposés par les élèves eux-mêmes.

Un garçon se tenait en retrait, loin de cette agitation. Debout devant une salle, le brun serrait ses livres contre lui, la tête baissée. Comme d'habitude, avant que la sonnerie ne retentisse, il était passé à son casier récupérer ses cours. Du coup, il était le premier, attendant l'arrivée du prof, seul. Bill n'était pas quelqu'un que l'on pouvait qualifier de social.

Il ne faisait pas attention à lui, et son apparence le prouvait. Il portait de vieux jeans, quelques hauts usés. Ses longs cheveux cachaient son visage, mais il n'en prenait pas soin, et cela lui donnait un aspect négligé. Au fond, il ne voyait aucun intérêt à s'habiller correctement, il ne se trouvait pas beau, comme beaucoup d'adolescents à son âge.

Et il n'avait pas vraiment d'amis. Certaines personnes se souvenaient de lui lorsqu'il s'agissait d'un devoir de physique ou d'un exercice de math. Autrement, il était seul. Ses camarades passaient leur temps à se moquer de lui, et il avait déjà du subir de nombreuses plaisanteries de mauvais goût. Surtout de la part trois garçons.

Il n'avait jamais compris comment cette bande était parvenue à passer en Première S. Et mieux encore, dans sa classe. Evidemment. Il n'était pas très chanceux non plus.

Lorenzo, Alexandre et Tom. Il n'entendait que trop souvent ces prénoms, c'était le groupe perturbateur du lycée. Et leur cible favorite semblait être le brun. Mais depuis quelques temps, ils ne s'attaquaient plus à lui, préférant d'autres élèves plus jeunes. Et puis, avec toutes les filles qui leurs tournaient autour, ils devaient certainement avoir mieux à faire.

Un homme âgé arriva, ouvrit la porte et laissa un flot d'élèves entrer dans la salle de cours. Bill, le jeune brun, entra comme toujours en dernier et s'installa à la première place. Les tables du fond étaient occupées par ses trois bourreaux justement. La leçon n'avait même pas débuté, qu'ils commençaient déjà à bavarder et à déranger les autres. C'était un quotidien épuisant.

- Aujourd'hui, le sujet est ''Comment passer de l'ADN aux protéines ?''. Commençons par un bref historique de...

[...]

Alexandre s'assit sur un banc, vite rejoint par sa troupe. La pause de midi était enfin arrivée, et comme le mois d'octobre était plutôt frais, ils avaient décidés de ne pas sortir, mais de rester à la cantine. Ils préparaient un mauvais coup, et devaient en discuter. Pour ne pas changer, ils allaient s'en prendre à Bill.

- Bon, commença Lorenzo, c'est Tom qui le fera. On est tous d'accord.

Le blond tourna la tête, quelque peu étonné. Tom était un garçon plein de vie, extrêmement serviable, mais fréquentait les mauvaises personnes. Il suivait ses amis, profitait de sa jeunesse, essayant de temps en temps de les calmer. Beaucoup de filles l'admiraient, surtout pour son look. Il portait de large baggy, de grands t-shirts et une casquette. Parfois, il remplaçait la casquette par un bandeau, et attachait toujours ses dreads avec un élastique.

- Qui a dit que je voulais le faire ? Non, vous vous débrouillez.

L'autre jour, Alexandre avait exposé son idée pour humilier Bill. Il pensait que si quelqu'un pouvait avoir sa confiance et le modifier un peu, ils pourraient ensuite le ridiculiser. Tom n'était pas très partant, mais n'avait rien dit. Et là, ils venaient de décider sans son accord que lui se jouerait du brun ?

- Ta peur hein ? Tu ne veux pas blesser cette tapette, c'est ça ?

Une chose que le dreadé détestait par-dessus tout, c'était la provocation, les défis. Car il les acceptait toujours. Aussi idiots soient-ils. Il était conscient de faire du mal autour de lui, et se sentait honteux après chaque fois. Seulement, il avait peur de perdre ses amis, de ne plus savoir où aller. Au fond, il n'était pas si sûr de lui.

- Ok, j'vais le faire, murmura-t-il.

Ses amis lui sourirent, heureux de voir qu'il ne se dégonflait pas. Mais il regrettait déjà de ne pas avoir refusé, de s'être embarqué dans une histoire foireuse. Comme toujours. Néanmoins, il écouta attentivement les conseils de Lorenzo, et chassa la petite voix qui lui disait de s'éloigner d'eux.

[...]

Bill marchait le long des murs, essayant de se fondre dans la masse. Il n'était pas très à l'aise en ville, le regard des gens semblait si dur. Son sac à bandoulière tapait sa cuisse à chacun de ses pas, suivant le rythme auquel il allait. Le ciel était gris, il allait certainement pleuvoir à tout moment. Il n'avait pas prit de parapluie.

Une main se posa sur son épaule, et il sursauta, se retournant rapidement. Un blond se tenait en face de lui, un piercing au labret. Tom. Avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, le brun reprit son chemin, sans hésitation. Il ne valait mieux pas trop trainer dans les parages lorsqu'ils y étaient. Même si Tom était seul.

- Bill, attends !

Ce dernier s'arrêta, surpris d'entendre son prénom. Il réalisa qu'il n'avait que très rarement entendu la voix de Tom, et qu'elle était belle. Grave et douce.

- On peut faire le chemin ensemble ?, questionna le blond, sortant par la même occasion Bill de ses pensées.

Abasourdi, le brun acquiesça. Il avançait aux côtés d'un garçon qui n'avait cessé de l'embêter durant les derniers mois. Bien qu'il ait arrêté. Il devait se méfier, c'était sûrement une nouvelle ruse, un nouveau moyen de se foutre de lui. Alors il s'éloigna un peu, se décalant vers la droite.

Le blond l'observa. Le pari n'allait pas être difficile à réaliser. Bill avait un joli visage. Il remarqua qu'il était percé à l'arcade, et que le bijou était un petit anneau. Il fouilla dans sa mémoire, espérant que jamais Alexandre ou Lorenzo n'ait frappé à cet endroit là. Il leva les yeux et rencontra ceux du brun. Il semblait inquiet et sur sa garde.

- Tu as un piercing? Je ne l'avais jamais vu.

Peut-être qu'en étant gentil, il gagnerait rapidement sa confiance. Il ne savait pas trop comment s'y prendre, et y allait à tâtons. Mais sa technique ne semblait pas marcher, son camarade avançait devant d'un pas plus rapide. Il soupira et trottina jusqu'à son hauteur. Il n'allait pas lâcher l'affaire aussi facilement.

- Bon, d'accord. J'ai été méchant avec toi, mais ça fait un moment que je ne te fais plus rien. Je voulais te connaître, donc j'ai demandé à mes amis de te laisser un peu tranquille, histoire de me laisser un peu de chance pour devenir ton ami.

Il détestait mentir. Mais là, il n'avait pas trop eu le choix. Bill s'était arrêté et fixait le sol. Effectivement, il était passablement tranquille, on ne l'embêtait plus. Et Tom ne participait pas vraiment lorsque c'était le cas. Il était présent, mais ne faisait rien. C'était peut-être la vérité. Simplement, il était persuadé que ce n'était rien d'autre qu'un piège.

- Tom.

Le dreadé tendit sa main en avant, attendant que le brun la saisisse. Il s'était aperçu de son hésitation et avait décidé de mettre toutes les chances de son côté. Il patienta quelques secondes, avant que Bill ne lève la tête et glisse sa main dans la sienne, un petit sourire timide aux lèvres. Il avait réussi.

[...]

- Alors, ça avance ?, demanda Lorenzo, croquant une pomme à pleines dents.

- Ça va...

Tom était perdu dans ses pensées. Depuis une semaine maintenant, il rentrait tous les jours avec Bill. Il parlait de tout et de rien, mais n'abordaient jamais les sujets trop personnel. Le brun était encore un peu suspicieux.

Aujourd'hui, il voulait passer une étape, l'inviter à quelque chose. Essayer de connaître un peu plus de sa personnalité, quitte à perdre le peu qu'il avait acquis. Au fond, il voulait en savoir plus sur lui. Il était mystérieux, et ne révélait rien. Et puis, il ne devait pas trop faire durer la chose, ne pas s'attacher à lui, comme il risquait de le faire.

Il se leva et marcha derrière ses deux amis, d'un pas lent. Ils avaient cours de math, tout comme Bill. Et s'il s'asseyait à côté de lui ? Pourquoi pas. De plus, il n'avait pas fait ses devoirs. Avant de venir dans ce lycée, il était un élève modèle, il s'amusait mais travaillait quand même. Maintenant, il sortait avec Lorenzo et Alexandre, et ne faisait que très rarement ce qui était demandé. Ses moyennes étaient à la limite.

Le prof arriva, et leur ouvrit la classe. Le blond se redressa, et pénétra dans la salle. Il prit place au premier rang, découvrant la vue qu'il avait depuis là. Ce n'était pas du tout comme au fond. D'ailleurs un de ses camarades avait déjà pris sa chaise. Bill n'aurait pas le choix, les autres sièges étaient déjà tous occupés. Pourquoi rentrait-il en dernier alors qu'il était toujours le premier à attendre ?

Le brun arriva, posa automatiquement son sac sur la table, et releva la tête.

- Mais qu'est-ce que tu..., il balaya la pièce du regard pour constater qu'il n'y avait aucun autre endroit où s'asseoir.

Ses yeux se posèrent à nouveau sur Tom qui lui souriait. Hésitant, il tira sa chaise avant de s'installer, et se poussa le plus possible vers le coin. Il jeta un coup d'½il aux deux amis du blond, peut-être étaient-ils entrain de rire. Mais non, ils parlaient doucement, contrairement à d'habitude. La situation était étrange.

Tom avait sorti sa trousse et un bloc note, et semblait attendre que le prof parle. Bill secoua la tête, et pris à son tour ses affaires. Peut-être était-il devenu parano, il se méfiait de tout. Peut-être que pour une fois, quelqu'un était sincère. Beaucoup de peut-être, mais le brun voulait y croire. Tom était gentil avec lui. Et très beau.

Il rougit à cette pensée. Les autres l'avaient traité de gay, mais lui-même ne savait pas ce qu'il préférait. Il était clair qu'aucune fille n'avait voulu de lui, et jamais il n'irait en aborder une. Donc, il ne se vexait pas lorsqu'Alexandre ou Lorenzo le disait, et ils arrêtèrent bien vite. En revanche, cette insulte n'était jamais sortie de la bouche de Tom. Mais même, il ne devait pas penser à ça. Les filles étaient très jolies aussi.

- Bill, prends quelques notes, le prof risque de ne pas apprécier et tu vas avoir des problèmes, chuchota le blond.

Le brun écarquilla les yeux sous la remarque. Tom était déjà plongé dans son cours, il avait peut-être rêvé. Le dreadé tourna la tête à droite et lui sourit. Non, c'était bien réel. Il prit un stylo et commença à écrire quelques phrases. Tout était bizarre. Mais rien ne le dérangeait.

[...]

- Salut Bill !

Le brun venait de terminer un cours et s'avançait près de Tom. Il était en travaux pratiques, et il y avait deux groupes différents. Lui et le blond n'étaient pas dans le même, alors pourquoi l'avait-il attendu s'il avait congé ?

- Que fais-tu là ?, demanda-t-il surpris.

Tom sourit et s'adossa au mur. Ses amis n'étaient pas là, et il en était bien heureux. Ils s'étaient foutu de lui, lui disant que s'il faisait traîner les choses, c'était parce qu'au fond, il aimait la compagnie du brun. Evidemment il avait nié, mais c'était vrai que Bill n'était pas méchant. Mais il devait finir ce qu'il avait commencé.

- J'veux te montrer quelque chose...

Sur cette phrase, il avança vers la sortie. Bill, perplexe, le suivit. Parfois, son nouvel ami était bizarre. Mystérieux devait certainement être le mot pour le qualifier. Il avait arrêté de croire que le blond voulait lui tendre un piège, il ne serait pas resté aussi longtemps. Il profitait juste, être accompagné de quelqu'un était agréable.

- Où va-t-on ?, murmura-t-il.

Tom s'arrêta, et lui fit face. Mains sur les hanches, sourcils froncés.

- Je t'ai déjà dit de parler normalement, je ne vais pas te manger.

Il rit un peu avant d'attraper le bras du brun et de l'embarquer dans une course folle. Pendant qu'ils courraient, Tom essayait de garder son pantalon et réfléchissait. Il fallait qu'il arrête ce genre de chose. Il allait finir par hésiter au moment où ils devraient l'humilier, et n'arriverait pas à passer plus d'un an à ses côtés sans lui parler.

Ils arrivèrent bien vite devant une maison, un peu en retrait. Elle était grande, et possédait un magnifique jardin. Le blond s'avança, tirant Bill. C'était chez lui, et il voulait que le brun voit où il habitait. Un moyen de se rapprocher rapidement de lui et d'en finir avec cette histoire au plus vite.

Il poussa le petit portail et marcha jusqu'à la porte d'entrée. C'était ouvert, sa mère devait donc être rentrée.

- Maman ?

Du bruit se fit entendre, et une jeune femme arriva, s'essuyant les mains sur un tablier. Bill se cachait un peu derrière Tom, honteux de son apparence. Qu'allait penser la mère du blond ?

- Bonjour chéri, elle lui colla un baiser sur le front.

- Bonjour. Je veux te présenter Bill, un ami.

Il se tourna légèrement, dévoilant le brun qui se cachait derrière son dos. Bill releva la tête, et regarda la main tendue. Il la saisit doucement, espérant ne rien faire de mal.

- Bonjour jeune homme ! Tu es tout timide, il ne faut pas !

Elle lui sourit et caressa sa joue. Elle ressemblait beaucoup à Tom, très belle et d'une telle gentillesse. Le blond pressa son épaule, et ils la suivirent à la cuisine, endroit d'où provenait une bonne odeur.

Au premier abord, la maison de Tom était bien rangée, et accueillante. Il avait l'impression d'être une tache au milieu de tout ça, de ne pas être à sa place. En même temps, il s'y sentait bien. Ils prirent quelques choses à manger, et montèrent à l'étage, empruntant un grand escalier.

- Tu veux voir ma chambre ?

Ils se tenaient devant une porte fermée, et de l'autre côté devait certainement se trouver ladite chambre. Bill acquiesça, et Tom ouvrit la porte.

[...]

Hier, il était resté une bonne partie de l'après-midi chez le blond, et était rentré avant que la nuit ne tombe. La mère de Tom lui avait proposé de manger chez eux, mais il avait poliment refusé. Il ne voulait pas imposé sa présence, et puis, il fallait qu'il réfléchisse.

On était samedi, et donc, ils n'avaient pas cours. C'est pourquoi son ami lui avait dit qu'ils pourraient passer la journée ensemble, et plus précisément, faire les magasins. Ils avaient parlés comme d'habitude de tout et de rien, mais cette fois Tom avait abordé un sujet délicat ; ses habits. Il avait demandé au brun de venir avec lui, pour trouver quelques vêtements qui le mettraient en valeur. D'après lui, Bill pouvait être très beau.

Il n'avait évidemment pas accepté, mais sous les protestations du blond, il avait fini par dire qu'il y réfléchirait. Et à ce moment-là, Tom savait qu'il avait gagné. Il avait appris à apprivoiser le brun, et s'il ne disait pas un « non » catégorique, cela pouvait être considéré comme un « oui ».

C'est pour cette raison que Bill se retrouvait debout, devant la maison du blond. Il l'attendait depuis un petit moment déjà, et le vent foutait son visage. Décembre approchait à grand pas, et il n'avait ni écharpe, ni bonnet, ni gants. Peut-être que finalement, ce n'était pas une si mauvaise idée.

Les mains au fond des poches, il vit la porte s'ouvrir. Tom apparu, tout vêtu de blanc. Il était magnifique. Il arriva très vite aux côtés de Bill, un énorme sourire plaqué sur le visage. Ils allaient bien s'amuser, et il pourrait totalement relooker le brun.

- Allez, on y va, dit-il agrippant le bras de son ami.

[...]

La première chose qu'ils firent en arrivant dans le centre commercial, ce fut d'aller boire un chocolat chaud. Ils étaient tous deux gelés, et la boisson chaude n'était pas de refus. Bill touillait le lait à l'aide de sa cuillère, les yeux dans les vagues. Il ne savait pas s'il pouvait faire confiance au blond. Mais depuis tout ce temps, il ne se posait plus trop de questions. À vrai dire, il considérait vraiment Tom comme un ami.

Les mains de ce dernier entouraient sa tasse fumante, cherchant un peu de chaleur. Il se sentait très mal. Il devait berner le brun, et il y arrivait très bien. Tellement bien, qu'il avait même réussi à l'emmener avec lui pour acheter des vêtements. Ses amis lui avaient précisé et encore rappelé que « ce sont des habits qui doivent le rendre sexy. Qu'il ait confiance en lui, et qu'il perde toute illusion quand on l'humiliera ».

Seulement, il voulait s'amuser avec Bill et l'aider, non pas le ridiculiser. Il savait que le brun serait beau s'il faisait plus attention. Et il l'aimait bien. Il s'était attaché à lui, à sa timidité excessive. À son petit sourire qu'il ne voyait que très rarement. Toutes ces choses qu'il s'était promis de ne pas remarquer, d'effacer de sa mémoire. D'oublier, pour ne pas s'en souvenir lorsque ses amis auront décidé qu'il avait assez joué. Il n'aurait jamais du accepté ce pari. Jamais.

- Tu es prêt ?

Bill termina de boire, et suivit Tom à travers la foule de gens. Il y avait énormément de monde, et comme d'habitude, il n'était pas très à l'aise. Semblant le remarqué, le blond lui prit la main et l'amena dans une boutique tranquille.

- On va commencer par te trouver un bonnet. C'est ici que j'achète mes casquettes.

Tout en disant cela, le dreadé tapota la visière de sa casquette, et haussa un sourcil. Le brun sourit, se souvenant de la montagne de bandeaux, bonnets et autres que possédait son ami. Un petit rire passa la barrière de ses lèvres et il avança au milieu des rayons, préférant ne pas voir la réaction de Tom.

Un vendeur s'approcha, reconnaissant le blond. Apparemment, il venait vraiment souvent ici. Le garçon tourna la tête vers lui, et Bill sentait déjà le rouge lui monter aux joues. Il n'aimait pas que les gens l'observe, surtout lorsqu'il s'agissait d'un inconnu.

- Bill ?

Son ami se tenait à ses côtés, plusieurs modèles en main. Il y en avait de plusieurs styles, de plusieurs couleurs aussi. Le brun saisit un bonnet noir et le tourna dans tous les sens avant de le poser sur sa tête. Il ferma les yeux, mordillant un peu sa lèvre inférieure. Il devait être ridicule.

Tom le regarda un moment avant de parler. Il allait lui faire du mal alors qu'il était très mignon comme ça. Un enfant sans défense, attendrissant. Le noir lui allait bien. Ils allaient lui trouver de très beaux vêtements.

- On le prend !

[...]

- Bill, sors de là !

- Mais je suis horrible !


Tom se passa une main sur le visage en soupirant. Comment lui faire comprendre qu'il était canon sans le lui dire ? Il n'allait tout de même pas lui avouer qu'il était magnifique, le brun serait capable de prendre peur. Et le blond ne pouvait tout simplement pas le faire.

Bill avait essayé énormément de hauts, et Tom avait découvert un tatouage sur son avant-bras. Toujours caché par les manches de ses pulls, il ne l'avait jamais vu. Et il en avait d'autre ! Seulement, il n'avait pas voulu les lui montrer. Et là, monsieur était dans une cabine pour normalement passer un pantalon quelque peu moulant, mais ne voulait pas sortir.

- Bon, bah je rentre.

Il ouvrit le rideau, et entra dans la cabine. Il n'y avait pas vraiment de place pour deux, mais tant pis. Il se stoppa et admira le brun. Ses mains cachaient son visage, et Tom les lui retira. Les joues de Bill étaient colorées, comme très souvent.

- Bill...


Ce dernier se retourna, voulant cacher sa gêne et laissa ainsi une belle vue à Tom. Le dreadé secoua la tête avant de sortir et d'apporter de nouveaux vêtements à son ami. Et il osait dire qu'il était horrible...

[...]


Sur le chemin du retour, Bill cogitait. Tous ces sacs entre ses mains, c'était une nouvelle garde-robe. Il n'allait jamais oser les porter, mais Tom paraissait si confiant. D'ailleurs, il souriait. A quoi pouvait-il bien penser ?

- Où habites-tu en fait ?

La phrase du blond avait cassé le silence qui perdurait depuis un moment. Le brun lui indiqua un immeuble, il vivait dans un appartement avec ses parents. Rien à voir avec la maison de Tom.

Ils entrèrent dans le bâtiment et prirent l'ascenseur. Bill habitait au troisième étage, et vu le nombre de sacs qu'ils avaient, mieux valait ne pas tenter de monter les escaliers. Les portes s'ouvrirent et ils traversèrent le couloir jusqu'à l'appartement du fond. Le 39.

Bill souleva le paillasson, et saisit la clé pour ouvrir la porte. Méthode courante pour les gens qui oubliaient sans arrêt de les prendre avant de partir.

Contrairement à chez Tom, l'appartement était assez en désordre, et la mère de Bill n'était pas là. Le brun se dirigea vers sa chambre à fin de poser toutes ses affaires, ne prenant même pas le temps de lui montrer où il vivait. C'était petit, et il avait presque tout vu en traversant le corridor.

- Je suis désolé, ce n'est pas très bien rangé..., chuchota Bill.

Un regard sévère le fit rire et il s'assit sur le lit. Tom détestait lorsqu'il murmurait ou ne parlait pas fort. Il lui répétait sans cesse qu'il fallait qu'il prenne confiance en lui et qu'il arrête de se rabaisser.

- Tu as du maquillage ?

Le brun ouvrit la bouche et la referma plusieurs fois de suite avant de bredouiller quelques mots incompréhensibles. Il avait laissé trainer sa trousse sur son bureau, puisqu'en général personne ne venait le voir.

- Tu veux bien me montrer ?

Bill sursauta et regarda son ami. Il se foutait de lui, il en était sur. Seulement, dans les yeux de Tom, il n'y avait aucune trace de moquerie. Alors il se leva, prit sa trousse de maquillage et s'approcha de son miroir. Ses mains tremblaient, et il n'avait pas dit un mot depuis qu'ils étaient sortis du centre commercial. Il ne faisait que des gestes.

Il respira doucement, essayant de se calmer. Le blond n'allait pas se mettre à rire, ni à le traiter d'homo. Il n'était plus méchant depuis très longtemps. Il prit un crayon noir et fit le contour de ses yeux, d'un geste simple, tellement il en avait l'habitude. Il le faisait souvent, mais se démaquillait toujours pour sortir.

Une fois satisfait, il se retourna vers Tom. Le dreadé le fixa un long moment, sans aucune expression sur le visage.

- Tu me fais confiance ?

Bill acquiesça. Oui, il lui faisait confiance. Et il ne comprenait pas pourquoi d'ailleurs.

[...]

Lundi. Le brun était dans sa chambre, et n'osait pas sortir. Il devait aller en cours, il était prêt. Prêt pour partir, mais pas prêt pour affronter le regard des autres. Qu'est-ce qu'il lui avait pris ?

Tom lui avait proposé d'aller chez le coiffeur. D'y aller maquiller, et le jour-même. Comme la plupart du temps, Bill n'avait pu refuser et il s'était retrouvé dans un salon de coiffure. Durant le chemin, il gardait la tête baissée, mais c'était vite aperçu que les gens ne disaient rien concernant son changement. De toute façon, que pouvaient-ils bien dire ? Ils n'allaient pas aller vers lui pour le critiquer.

Il s'était teint les cheveux en noir, et avait fait un dégradé. Ils étaient légèrement bombés, mais pas trop. Il venait de se créer un style. Un style qui lui était bien propre. Personne dans la ville ne lui ressemblait.

En rentrant, suite à une longue discussion, il s'était laissé convaincre. Il avait promis de venir en cours avec ses nouveaux habits et maquillé. Il était complètement différent. Il s'était même verni les ongles dimanche. Tom n'était pas au courant pour ça.

Mais maintenant, il hésitait. Ce n'était peut-être pas une bonne idée. Même si tout c'était bien passé samedi, là, il serait confronté aux élèves de son lycée. Tous les élèves.

Il s'observa au miroir avant de s'élancer hors de sa chambre. Il pouvait le faire et il allait le faire. Il devait prendre confiance en lui, et arrêter de se laisser marcher dessus. Un soudain élan de courage. Il n'en n'avait pas eu depuis longtemps.

Ses santiags claquaient sur le sol, en même temps que son sac à bandoulière tapait sa cuisse. Certaines choses ne changeaient pas au moins. Personne dans la rue ne lui faisait de réflexion, et il marchait la tête haute, ne fixant plus le bitume. Il se sentait bien.

Il arriva dans la cours, et les réactions étaient différentes. Quelques élèves le regardaient étrangement, d'autres ne faisaient pas attention à lui. Beaucoup se retournaient, et peu le reconnaissaient. L'anonymat l'aidait un peu.

Tom n'était pas encore arrivé, et il en profita pour aller aux toilettes. Il entra dans une cabine et posa son sac par terre. Il entendit des voix, et reconnu celles de Lorenzo et Alexandre.

- Tu sais que d'après Tom, Bill va même se ramener maquiller ?

- Sérieux ? On peut dire qu'il a bien réussi !


Le brun essayait de rester silencieux, et de ne pas se faire remarquer. Il voulait savoir la suite, il espérait que le blond ne lui ai pas fait ça. Il ne pouvait pas l'avoir fait. Seulement, plus la discussion avançait, plus il découvrait la vérité. Il s'était joué de lui.

Il ne restait qu'une semaine avant les vacances de Noël. Il avait passé plus d'un mois en compagnie de Tom, et il lui avait fait confiance. Et peut-être même plus. Et il apprenait qu'en réalité, ce n'était que de la comédie. Il ne savait pas s'il devait pleurer ou rire. Mais il ne fit aucun des deux.

Quand Lorenzo et Alexandre furent partis des toilettes, Bill sortit de sa cabine bien décidé à parler à Tom. Il n'allait pas laisser les choses comme ça. Il prendrait les devant, retournant la situation à son avantage. Pour la première fois.

Il arpentait les couloirs à la recherche du blond, conscient qu'il n'allait certainement pas le trouver de cette manière. Il retourna près des casiers, et attendit l'arrivée de son ami. Enfin, de Tom. Il ne pouvait plus le considéré comme un ami. Pas après ce qu'il venait d'apprendre.

Le dreadé arriva, marchant lentement, perdu dans ses pensées. Il ne voulait pas que les autres rabaissent Bill. Ce matin en se levant, il s'était senti tellement mal qu'il avait pris cette décision. Il les empêcherait. Quitte à passer pour un imbécile, et ne plus être des leurs. Après tout, il n'en n'avait que faire. Ce n'était pas de vrais amis, contrairement à Bill.

Et puis, il ne voulait pas le perdre. Il s'était assez rapproché du brun, et ne voulait plus se passer de lui. Il s'était peut-être un peu trop attaché à lui.

- Toi !

Le blond releva la tête et sourit à Bill. Il était magnifique. Et il l'avait vraiment fait, il avait osé. Jeans noir serré, haut près du corps. De nombreux bracelets, bagues et colliers. Il s'était même fait les ongles. Un bel androgyne. Il allait ouvrir la bouche, mais le brun le coupa net.

- Tu ne voulais pas devenir mon ami. Tout n'était qu'une mascarade. J'ai entendu tes amis tout à l'heure. Le but était comme toujours le même, vous foutre de moi. Mais je ne vais pas t'en laisser l'occasion. Tu m'as si longtemps répéter que je devais prendre confiance en moi, et bien c'est fait. Il marqua une pause. Je pensais te faire plaisir, mais apparemment, je me trompais. Je ne veux plus jamais te voir.

Sans un regard de plus, Bill s'en alla, prenant le chemin de la sortie. Il ne pouvait pas rester un instant de plus, ses forces l'abandonnant. Il était fier de lui, il avait dit tout ce qu'il avait sur le c½ur. Mais là, une seule chose lui venait à l'esprit, c'est que même si Tom était un beau salop et qu'il avait eu raison de le repousser, il était triste. Le blond représentait beaucoup pour lui.

[...]

La sonnerie s'était fait entendre, mais Tom n'était pas rentré en classe. Il était resté debout près de son casier, à l'endroit où il se trouvait avant que Bill ne parte. Il faisait toujours tout de travers. Toujours.

Pour commencer, il n'aurait pas du accepter cette idée idiote. Ensuite, il n'aurait pas du s'attacher au brun. Et il n'aurait pas du faire confiance à Alexandre et Lorenzo. Il frappa un casier et appuya son front dessus. Il venait de perdre un vrai ami.

- Merde.

Il se releva, décidé à ne plus faire d'erreur. Il devait retrouver le brun. Il était sûrement rentré chez lui, et Tom connaissait le chemin. Il fallait qu'il lui explique. Il ne pouvait le laisser partir sans rien faire.

Il couru au travers de la ville, tenant son baggy comme il le pouvait. Il pleuvait fort, et les gouttes s'écrasaient sur lui, ralentissant sa course. Il s'était mis à pleuvoir après son arrivée au lycée, et il n'avait pas de parapluie. De toute façon, courir avec un parapluie ne l'aurait pas aidé. Il serait trempe pour parler à Bill, tant pis.

Arrivé devant l'entrée, il grimpa les escaliers ne voulant attendre l'ascenseur. Il mouillait tout sur son passage, et s'épuisait rapidement. Il s'autorisa une pause lorsqu'il atteignit le troisième étage. Reprenant son souffle, il frappa à la porte.

Du bruit ce fit entendre, et une dame apparut à l'entrée.

- Oui ?

Avec difficulté, Tom lui demanda si Bill était ici. Elle acquiesça et le laissa entrer. Peut-être le fait d'acquiescer était une habitude de famille. Le brun le faisait très souvent. Il sourit à se souvenir et posa son sac par terre.

Il retira ses chaussures, et remarqua que sa mère n'avait pas cherché à savoir pourquoi il était là. Sûrement le fait que Bill soit rentré plus tôt et que lui arrive à l'improviste, épuisé. Les mères devinent souvent les choses.

Il marcha silencieusement jusqu'à la chambre de son ancien ami, et s'arrêta. Devait-il entrer ou toquer ? Il retira sa casquette et s'assit au sol, contre la porte. Il devait d'abord réfléchir. Même si le couloir de Bill n'était peut-être pas l'endroit le plus approprié.

Les minutes passaient, et il ne bougeait pas. La mère de brun passa dans le couloir et revint sur ses pas quelques secondes après. Elle s'approcha du blond et s'accroupi en face de lui. Elle lui sourit avant de lui tendre sa main et de l'aider à se redresser.

- Ne réfléchis pas. Entre.

Elle n'était restée que quelques instants, mais c'était suffisant. Elle lui avait donné du courage, peut-être inconsciemment, mais il en doutait. Il soupira et frappa à la porte. Pour la deuxième fois de la journée, sauf que cette fois, il était sûr de trouver le brun.

Comme personne ne venait lui ouvrir, Tom entra de lui-même. Bill était couché sur le lit et fixait le plafond. Il n'avait pas entendu la porte s'ouvrir, ni même son camarade avancer.

- Bill ?

Ce dernier sursauta, et s'assit sur son lit.

- Qu'est-ce que tu fais là ? Je ne veux plus te voir.

Il parlait d'un ton las, fatigué. Extrêmement déçu, il n'avait plus envie de parler.

- Ecoute-moi, s'il te plait, chuchota le blond.

Le brun ne répondit pas, attendant simplement que Tom s'explique. De toute façon, il savait que lui demander de partir ne servirait à rien. Il avait appris à le connaître, tout comme l'autre l'avait fait.

Avant de commencer, le dreadé s'assit au bout du lit. Il ne savait comment lui expliquer les choses, et il devait lui en dire tant. Il joua avec ses doigts avant de débuter une longue explication, hésitant de temps à autre sur les mots à employer. Bill ne l'interrompit pas durant son monologue, écoutant son histoire attentivement.

C'était facile de venir s'excuser après. Mais c'était aussi facile de nier les choses. Le brun était conscient que Tom ne s'était jamais réellement payer sa tête. Il ne l'avait jamais vraiment agressé, ni même insulter. Il se contentait de rester là, et rire aux blagues de ses amis.

Bill soupira à la fin du récit. Une vieille manie le reprit, et il baissa la tête. De longues trainées noires se formaient sur ses joues alors qu'il s'était interdit de pleurer depuis qu'il était rentré. Pourquoi est-il revenu ? Il allait encore se faire avoir.

Il ne pouvait que lui pardonner. Parce qu'au fond il avait besoin de lui. Mais il ne savait plus quoi faire. Une main souleva son menton, mais il détourna les yeux.

Tom se déplaça dans son champ de vision, provoquant un petit rire au brun.

- Excuse-moi..., murmura-t-il.

Bill reporta son attention sur lui, et observa ses yeux. Il semblait sincère, comme toutes les autres fois. Il entrouvrit ses lèvres, prêt à dire quelques mots. Seulement, une bouche le coupa et il ne put rien faire d'autre que de rester à apprécier le moment. Il n'était pas gay, mais... Ou peut-être que oui.

Les lèvres de Tom étaient douces et caressaient délicatement les siennes. Il répondit au baiser, passant ses bras autour du cou de son ami. Les mains du blond étaient posées sur son dos, et lui procuraient d'agréables sensations.

Ils s'arrêtèrent et reprirent leur souffle, front contre front. Bill chercha la main de son compagnon, et entrelaça leurs doigts. Ils ne faisaient rien comme il faut. Chaque fois, ils se trompaient, prenaient de mauvaises décisions. Mais cela ne comptait plus. Ils apprendraient ensemble, et continueraient ensemble.

Fin.

# Posté le dimanche 07 décembre 2008 12:08

Modifié le samedi 17 janvier 2009 19:15

4ème OS ; Twincest

4ème OS ; Twincest
Petite note ;
Hum. Un OS qui ne me plait pas vraiment (comme les autres quoi ><), mais c'est un cadeau pour Doli. J'espère qu'à toi il te plaira un minimum. Je t'aime Math xD.


OS pour Doli ; Yesterday, Today, Tomorrow.


Les portes s'ouvrirent, et il releva la tête, avançant doucement. Le soleil éclairait le ciel qui n'était parsemé que de quelques nuages blancs. Il faisait beau. Il continua sa marche, se déplaçant très lentement. La cour était déserte, il était seul. Personne n'était là, et il fut un peu choqué. Il n'était plus habitué. Au fond, à quoi c'était-il attendu ? Tout c'était passé si vite. Il repéra un banc et s'y dirigea.

Une fois assis, il prit conscience de ce que contenait le sac qu'il serait dans sa main. Il le posa sur ses genoux, impatient de l'ouvrir. Il n'avait même pas pensé à regarder à l'intérieur lorsqu'on le lui avait remis. Trop préoccupé. Il farfouilla dedans, à la recherche d'un objet bien précis. Mais avant de le trouver, il tomba sur certaines choses qu'il n'aurait jamais pensé revoir.

Ses lunettes de soleil par exemple. Plus ou moins carré, qu'est-ce qu'il avait pus les porter celles-là ! Il sourit doucement avant de les poser sur sa tête, se promettant de les mettre pour rentrer. Il découvrit aussi un bandeau et une casquette. Alors ça ! Il les examina sous toutes les coutures, heureux de les retrouver. Qu'est-ce que ça avait pu lui manquer ! Jamais sa folie des casquettes et bandeaux ne l'avait abandonné, il avait mainte fois demandé la permission. Que personne n'avait accepté.

Il retira doucement les lunettes qu'il venait de mettre et les glissa sur l'arête de son nez. Avec une technique qui témoignait de nombreuses années à le faire, il noua son bandeau avant de mettre sa casquette. Il n'avait pas perdu la main depuis tout ce temps. Il ne savait pas s'il devait pleurer ou rire, mais il se sentait un peu mieux avec ça. Un peu plus lui-même.

Il y avait aussi un plectre. Objet précieux. Il en avait toujours un sur lui à l'époque, pour lui rappeler qui il était. Qu'il était avant tout Tom. Guitariste. Le Tokio Hotel ne venait qu'après, plus tard. Il ferma les yeux ne voulant penser à cette période maintenant, chaque chose en son temps. Mais le petit pincement au c½ur qu'il avait eu montrait qu'il n'avait pas oublié. Rien. Mais que lui restait-il si ce n'est des souvenirs ?

Soudain, un reflet attira son attention. Il prit l'objet dans ses mains, caressant l'inscription de ses doigts rêches. Son collier. Souvent dissimuler par ses hauts, mais il le portait couramment. Ce n'était que rarement qu'il le retirait. Et il devinait sans mal les lettres sous ses doigts, pour les avoir maintes fois touchées et lues. Bill. Son frère. Il expira fortement, chassant ses pensées. Ils avaient beaucoup souffert. Vraiment.

Normalement, ils n'auraient rien du avoir. Cela ne les concernait pas, ils étaient deux garçons. Mais leur cas était différent, prit à part. Ils étaient connus, leurs agissements avaient soi-disant un impacte sur certaines personnes. C'est pourquoi, non seulement ils avaient été arrêtés et emprisonnés, mais pour la peine maximale. 2 ans. Sans compter que le juge avait ordonné plusieurs suivis, psychiatrique ou autre.

Deux longues années en prison, puis quelques années dans un centre spécialisé. Une thérapie, les gens tentaient de comprendre ce qu'il s'était passé pour qu'il en arrive là. Les premiers jours, tout cela avait été tellement dur. Gustav était venu. Retissant, mais il était venu. Il n'avait rien dit, il ne s'était douté de rien. Et il se sentait peut-être trahi. Et comme ils venaient de détruire sa vie, Tom ne pouvait que le comprendre. Il avait pleuré se jour-là, silencieusement.

Puis, plus les jours passaient, plus les semaines se suivaient, moins le batteur venait. Georg n'était jamais venu lui. Sa mère lui avait rendue visite une seule fois, pour lui montrer quelques magasines, lui jeter en pleine figure que même enfermé, il restait le centre d'intérêt des journaux à scandale. Mais il savait qu'ils avaient finit par disparaître. Tout simplement parce que les gens s'étaient lassés, les fans les avaient oubliés. Même s'il était certains que quelques-unes étaient restées. Pourtant, personne n'était dehors aujourd'hui, il était seul, assis sur son banc.

La justice avait été injuste. Pourquoi lui ? Pourquoi eux surtout. Il n'avait rien fait de mal, surtout après avoir pris connaissance de leur droit. Il soupira, se promettant de ne pas y repenser, comme il le faisait à chaque fois. Chercher des réponses dans le passé n'allait pas l'aider. Il devait se reconstruire, apprendre à vivre avec le regard des autres, et trouver un logement. On lui avait appris que sa mère avait déménagée, mais que son compte en banque n'avait pas bougé. Normal, il le partageait avec Bill, et ce dernier était lui aussi en prison.

Quelque chose qui l'avait énormément touché, c'était la séparation avec son frère. Les psychologues avaient conseillés un éloignement de quelques temps, les interdisant de se voir. Jumeaux, leur lien était trop fort, et il valait mieux pour leur santé à tout les deux qu'ils ne s'approchent pas avant quelques temps. Autant dire que c'était n'importe quoi, et qu'ils n'avaient fait que de s'amuser de leur cas. Et personne ne disait rien.

Dans un premier temps, il ne pouvait parler à Bill qu'une fois par semaine. Puis comme leur comportement était jugé comme normal, on leur avait accordé le droit de manger ensemble ou autre petit détail. Mais il ne pouvait s'empêcher de penser que ce n'était pas normal, que personne n'avait le droit de faire ça. Lui interdire son frère.

Tom se leva, remontant ses lunettes de soleil et chassant désespérément ses souvenirs. Il serait étroitement son sac d'une main, et de l'autre, le collier de Bill. Il adorait marcher avec son baggy, et détestait ces affreux pantalons blancs qu'il avait. Il profitait pleinement de sa sortie, regrettant juste certaines choses. Où était son frère ? Etait-il sorti avant ou après lui ? Pourquoi personne n'avait souhaité venir le chercher ?

Il ne se l'avouerait certainement jamais, mais il se sentait blessé. Que les gens accordent autant d'importance à sa vie privée jusqu'à en oublier l'essentiel ; son amitié. Ses amis l'aimaient donc parce qu'il était célibataire ou hétéro ? Il ne pouvait le croire, mais pourtant, la réalité était là. Presque rien n'avait changé au premier abord, mais il savait que oui. Les années étaient passées, le temps ne l'avait pas attendu.

Il arriva enfin dans ce qui semblait être la ville, et les personnes allaient et venaient, sans faire attention à lui. Il était devenu quelqu'un de commun, il pouvait se promener sans garde du corps près de lui. Aucune personne n'allait lui demander d'autographe, et pourtant, pourtant il n'avait pas changé. Toujours ses longues dreads et son piercing. Il était juste plus âgé. Et maintenant, il avait un casier.

Il s'arrêta, profitant de la vue. Les voitures roulaient, quelques jeunes s'amusaient, certains adultes entraient dans de grands bâtiments. La vie continuait. Il sentit une pression sur son épaule, et sursauta avant de se retourner.

- Georg ?

Ces mots ne furent que murmures tant il était choqué. Il n'avait pas changé. C'était trait pour trait son bassiste. Il ne l'avait pas revu depuis des lustres.

Son ami était seul, personne ne l'accompagnait. S'il en avait été capable, il aurait rit. Tom & Georg de Tokio Hotel, en pleine ville, seuls, sans qu'aucune filles hystériques ne les harcèlent ? Pourtant, il n'y parvenait pas. Georg était là, et il ne disait rien, il se contentait de le regarder. Peut-être de le juger.

- Ils avaient tord. Y a rien de différent. T'as toujours la même tête de con.

Le temps que le blond assimile les paroles du brun, ce dernier l'avait déjà pris dans ses bras. Et lui, il restait les bras le long de son corps, incapable de bouger. Il n'était jamais venu, et c'était le seul là aujourd'hui. Quelques larmes roulèrent sur ses joues sans qu'il ne comprenne pourquoi et un rire nerveux le prit. Son ami le lâcha, lui souriant doucement. C'était lui le plus âgé, et il ce devait de protéger son petit Tom. Et son petit Bill. Ces deux là ne faisaient rien comme les autres. Mais il avait compris qu'au fond, il s'en fichait. Ils ne restaient pas moins Bill & Tom.

[...]

Il était assis dans la voiture de Georg, regardant le paysage défiler. Il n'avait plus fait de balade comme ça depuis longtemps. Et tout le monde savait qu'il appréciait les voyages en tourbus, voir les pays défiler, être trimballé d'une ville à l'autre. C'était épuisant, certes, mais il adorait ça. Et le bassiste ne l'avait pas oublié, c'est pourquoi il prenait le chemin le plus long pour rentrer chez lui.

- Tu n'as pas intérêt à rire quand on va rentrer chez moi, averti Georg.

Tom tourna son visage vers son ami, une question muette dansant dans ses yeux. Le brun rouspéta, son ami savait toujours faire la bonne tête pour le convaincre.

- J'me suis marié Tom.

Un sourire radieux illumina le visage du blond, ainsi donc son ami avait une épouse. Il comprenait la gêne de Georg, oui parce qu'il était gêné, cela se voyait à la façon qu'il avait de taper ses doigts sur le volant dans l'attente d'une réponse.

- Tu vas voir, même si ça fait longtemps, j'ai toujours un sacré pouvoir sur les femmes. Dès qu'elle va me voir, tu vas être cocu mon pote.

Son ami frappa le haut de son crâne, déplaçant par la même façon sa casquette. Le dreadé se pressa de la remettre en place, et Georg éclata de rire. Non, décidemment, il n'avait pas changé.

[...]

La voiture se gara devant une grande maison, avec un jardin. Sans savoir pourquoi, le blond fut soulagé de voir qu'aucun enfant ne jouait dehors. Il espérait ne pas avoir perdu trop de temps, et ne pas avoir tout manqué. Il comprenait que Georg se soit marié, il n'allait pas l'attendre indéfiniment, mais il était heureux de voir que si un jour il avait un enfant, il serait désormais présent.

- Sors de la voiture, personne ne va t'attaquer ! Ou tu veux vraiment que je retire mon t-shirt et que j'hurle « Tom ! Je t'aaaaime !!! » ? Tu sais, ça peut se faire hein, mais après faudra expliquer deux trois choses à ma femme...
Le blond sortit en claquant la porte, boudant un peu. Georg arrivait toujours à ce foutre de sa gueule. Malgré les apparences, ce n'était pas toujours lui le plus fort en vanne. Mais il ne put empêcher un petit sourire venir trahir son masque.

Lorsque le brun ouvrit la porte, Tom découvrit une grande maison propre, et non pas bordélique comme l'ancien appartement de Georg. Il est vrai qu'après toutes ces années, il devait avoir changé. Une petite femme arriva, les cheveux attachés. Elle avait un peu de farine sur le visage et son tablier était bien tâché.

- Oh non ! Vous êtes déjà là ?!

Elle semblait paniquée, et Georg éclata de rire. En revanche, Tom ne comprenait rien.

- Tom, je te présente Ambre, Ambre, c'est mon ami Tom.

- Han mon dieu !


La jeune femme se jeta sur le blond, l'enserrant à la taille. Tom ne comprenait vraiment rien.

- Je suis navrée ! Je préparais un gâteau pour votre arrivée, je ne savais pas ce que vous aimiez et je n'ai pas eu le temps de finir ! De plus, je viens de vous salir, excusez-moi !

Ambre continua un moment avant que Georg ne la stoppe. Elle fut renvoyé en cuisine surveiller son gâteau, et le brun tira son ami à l'étage. Le blond était tout à fait perdu à présent.

- Je t'explique rapidement. Je lui ai parlé de toi, je lui ai expliqué que nous étions amis d'enfance. Je ne lui ai rien dit, de toute façon elle était déjà au courant. Ça ne la dérange pas, et elle était impatiente de te voir. Elle t'a préparé une chambre le temps que tu trouves quelque chose. Ah, et elle risque de te vouvoyer tant que tu ne lui dis pas de te tutoyer. Et puis-

Tom s'arrêta brusquement, coupant court aux paroles de son ami. Georg se retourna, lui demandant ce qu'il avait. À vrai dire, il ne savait pas. Pourquoi tout le monde était gentil ? Pourquoi s'acharnait-il à l'aider ? Il ne comprenait pas.

- C'est rien. Juste que tu me donnes beaucoup d'informations en même temps, répondit-il.

- Excuse-moi, c'est que je suis assez heureux de te revoir.

Ils se sourirent et le brun ouvrit une porte. Une chambre spacieuse était aménagée, et une petite valise était appuyée contre le mur. Sur le lit, il y avait une housse. Une housse de guitare. Il s'approcha doucement, n'y croyant pas ses yeux. Georg se souvenait de sa préféré ?

- Bien sur que je m'en souviens, tu l'amenais partout !

Il hocha la tête. Avait-il parlé à haute voix ? Il la sortit doucement, découvrant en plus de sa guitare, une lettre à l'intérieur. Il la posa sur le lit, préférant caresser les cordes. Il était à genoux par terre, ses doigts s'amusant avec la guitare. Complètement fou. Il se releva, et s'approcha de sa valise. Elle contenait de nombreux habits, et beaucoup de casquettes. Il n'avait rien oublié.

Il allait remercier Georg, mais quand il se tourna vers la porte, le couloir était vide. Son ami l'avait laissé retrouver calmement ses affaires. Il regarda un peu la chambre, et s'attarda un moment sur le lit. Il avait toujours eu un lit deux places, toujours. Sauf en prison bien sur. Et là, il se retrouvait avec un lit une place. Où était Bill ? Toujours la même question.

Il s'assit sur le bord du lit, prenant la lettre entre ces mains. Il y avait seulement « Tom » écrit sur l'enveloppe. Rien d'autre. Il la déchira délicatement, espérant ne pas abimer ce qui se trouvait dedans. Il sortit la feuille et commença sa lecture. L'écriture n'avait pas changé, mais il n'avait pas voulu se faire de faux espoirs. Sous ses yeux s'étendaient une suite de mots, les mots de Gustav. Lui, qui n'était pas revenu le voir depuis bien longtemps.

Les phrases étaient courtes, précises. Il s'expliquait clairement, et de façon naturelle. Comme si rien ne c'était passé. Il l'avertissait juste qu'il ne serait pas présent pour sa sorti, car oui, il s'était lui aussi renseigné sur la date. Il viendrait le voir plus tard, lorsqu'il aurait terminé son travail. Apparemment, il était en voyage d'affaire. Que faisait Gustav à présent ? Quel était son métier ? Il était certainement toujours en contact avec Georg.

Il fut sorti de ses pensées par trois petits coups frappés sur le mur. Ambre se tenait debout, gênée de l'avoir dérangé.

- Si vous voulez, le gâteau est prêt, et il y a des boissons...

Tom acquiesça, et se leva afin de suivre la femme de Georg. Cet idiot ne lui avait même pas montré les lieux.

- La chambre vous plait ? Vous pouvez la changez si vous le désirez.

- Ambre, tu peux me tutoyer, chuchota-t-il.

Il avait encore du mal, il n'était pas habitué à tant de gentillesse. Et puis, il s'était fait tout une autre idée quant à sa sortie. Il avait l'impression de n'avoir quitté Georg que depuis quelques jours, du moins par rapport à leur amitié. Tout était intact, comme en suspend. Toujours le même bassiste, et il était prêt à parier qu'il possédait toujours un lisseur, vu l'état de ses cheveux. Aucun épi.

- Alors, la chambre ?, questionna Georg lorsqu'ils arrivèrent à la cuisine.

- Très bien ! J'ai hâte de découvrir le reste de la maison quand tu décideras d'lever ton postérieur de la chaise qui se trouve dans ta très jolie cuisine.

Ambre pouffa, s'attirant un regard noir du brun. Pourquoi, pourquoi même après tant d'années, c'était de lui qu'on se moquait ? Néanmoins, il sourit à Tom, attendant avec patience le moment de se venger. Il coupa une tranche de gâteau à tout le monde, et chercha le lait pour le blond. Il buvait souvent du lait le matin, avant. Alors, pour le goûter, pourquoi pas ?

Ils parlèrent de tout et de rien, et Georg ne cessait d'avoir un petit sourire vainqueur sur le visage. Tom ne comprenait pas pourquoi, et chercha la raison de son contentement. Ambre n'avait rien remarqué, trop préoccupée par son gâteau et l'avis du blond.

- Georg, mais qu'est-ce qu'il se passe ?, demanda suspicieusement le dreadé lorsqu'ils finirent de manger.

Le brun désigna sa bouche, et Tom comprit. Il essuya le lait qu'il restait au-dessus de sa bouche du revers de la main, et soupira. En générale, c'était Bill qui lui tendait un mouchoir pour qu'il se nettoie. Mais il ne savait pas où il était.

- Dis Georg ?

Le concerné releva la tête, écoutant son ami.

- Où est Bill ?, murmura Tom.

Il avait tant hésité à poser cette question. Il avait peur qu'on s'imagine des choses, de retourner là-bas et d'être à nouveau séparer de lui. Pour une simple question, il paniquait déjà. Que ce passera-t-il quand il devra lui parler, juste ce comporter normalement avec lui ? Au moindre geste, il allait avoir peur. Et il en était persuadé, à chaque fois qu'il mentionnerait son prénom ou qu'il serait avec lui, les gens auront toujours un doute dans leur esprit. Une question qui viendra les hanter. « Ont-ils recommencé ? ».

- Il devait sortir en même temps que toi. Mais finalement il va passer encore une nuit là-bas. Le motif ? Je ne sais pas.

Le blond acquiesça, et Georg passa un bras autour de ses épaules affectueusement.

- Ça va aller petit Tom.

[...]

- Tu sais, j'avais vraiment espéré. Mais non, ta chambre est toujours un vrai foutoir.

Georg balança un coussin sur la tête de Tom. Il devait bien l'admettre, le côté de sa femme était nickel, mais le sien un peu en désordre. On ne le changerait pas.

Comme ils ne savaient pas quoi faire avant le souper, Georg avait eu une bonne idée. Montrer à son ami ce qu'il s'était passé de marquant durant son absence. Il évita soigneusement la longue période où les journaux ne parlaient que de lui et Bill, mais parla un peu de ce qu'était devenu Tokio Hotel.

Le groupe c'était effectivement arrêté. De nombreux fans étaient tristes, d'autre un peu en colère. Ils avaient reçu énormément de lettres, de cadeaux, de soutien aussi. La page était tournée, mais il en restait tout de même qui créaient des pétitions dans l'espoir que le groupe se reforme. Beaucoup ne cessaient de répéter que la vie privée du groupe importait peu, que seule la musique comptait. Mais ils ne pouvaient pas répondre, ils avaient décidé lui et Gustav de reprendre une vie normale, ou du moins, essayer.

Il lui confia que se lever tard le dimanche, et devoir chercher du travail n'était pas plaisant. Mais que c'était lui qui l'avait décidé. Il ne voulait se reposer sur l'argent acquis, il préférait bouger. Il changeait juste de métier. Il était vendeur dans un petit magasin près de chez lui. Pourquoi vendeur ? Parce qu'il se souvenait que Bill autrefois avait mentionné ce métier. Dans un de leur DVD. Et que quelque part, il ne voulait pas rayer Tokio Hotel de sa vie.

- Il m'arrive parfois encore de jouer quelqu'un de nos morceaux, quand la nostalgie revient. Evidemment, je ne retrouve pratiquement rien. Il manque la voix de ton frère, la batterie de Gustav, et ta guitare. Je ne suis rien si vous n'accompagnez pas.

Un sourire triste se dessina sur les lèvres de Georg, et Tom souffla des excuses. Sans le vouloir, ils avaient tout de même un peu gâché la vie de leurs amis. Mais le brun lui dit de ne pas s'excuser, qu'au fond de nombreuses choses de bien étaient arrivés. Ambre pour commencer. Et puis, les autres groupes avaient enfin quelques prix. Ils rirent de bon c½ur, il est vrai qu'ils en avaient reçu une tonne.

Tom se laissa aller contre le lit, se couchant sur le dos. Le plafond était blanc. Il se perdit dans ses souvenirs, et s'aperçu de quelque chose. Déjà à l'époque, la situation pouvait paraître ambiguë. Mais tout c'était fait si lentement, tout paraissait si logique. Comme si c'était une évidence, quelque chose qui devait arriver. Mais il n'avait rien vu venir. Ni lui, ni Bill.

Flash Back

Il déplia ses doigts lâchant ainsi la lanière de son sac qui tomba au sol, non sans bruit. La journée avait été longue, pénible. Il est vrai que depuis quelques semaines ils étaient plus tranquilles, peut-être un peu oubliés par certains, mais ils ne cessaient de travailler pour autant. Bien au contraire, ils préparaient leur nouvel album, chose qui prenait du temps. Et comme pour tout, Tom ne voulait en aucun cas bâcler le CD, il voulait atteindre la perfection. Pour ses fans, mais surtout pour lui-même.

Il bâilla en s'étirant, fatigué. Aujourd'hui, son frère avait eu beaucoup d'inspiration, et lorsque cela arrivait, ils en profitaient pour créer un maximum de choses, cherchant les petits détails. Certes, ils s'étaient amusés, il est toujours agréable de passer du bon temps avec ces amis tout en composant, mais le blond adorait passer du temps avec son jumeau, loin des caméras. Loin de sa famille, de Gustav, de Georg, de David... Retrouver son frère à lui.

C'est pourquoi, comme tous les soirs, il venait de laisser tomber ses affaires à côté de la porte de sa chambre, mais se dirigeait vers celle de son frère. Ils avaient loué deux petits appartements. Un pour le batteur et le bassiste, et un pour lui et Bill. Evidemment, personne ne connaissait l'adresse de ces logements, pas même leur producteur. Après tout, un peu d'intimité n'allait pas déranger.

Il traîna des pieds, avançant collé contre le mur, exagérant peut-être un peu sur son état de fatigue. Mais une chose qui lui plaisait énormément, était de voir son jumeau sourire grâce à lui. Et si ses idioties parvenaient à étirer les lèvres de Bill, il continuerait, tout comme il ne cessait de vanner Georg.

Le brun ce tenait debout, les mains appuyées contre les hanches, attendant patiemment que son frère ce décide à avancer. Il n'avait qu'une envie, s'étaler sur son lit et ne plus bouger. Ou peut-être se pelotonner contre Tom, comme il le faisait si souvent maintenant. Depuis qu'ils étaient en studio, il avait l'impression d'avoir mis le groupe sur pause, du moins du côté des journalistes. Ils n'étaient plus harcelés, et pourtant, continuaient la musique. Une chose qu'il appréciait. Une sorte de break.

- Allez Tom, avance, dit Bill en tendant une main audit Tom.

Les doigts du dreadé s'enroulèrent autour du poignet de son frère, et il s'approcha d'un coup, manquant de les faire basculer. Le guitariste se sentait tellement bien en compagnie du brun, il le comprenait toujours. Jamais il ne lui avait fait du mal, et il ne lui en ferait certainement pas.

Tom ouvrit la porte de la chambre, retira ses lunettes de soleil, et fit un signe de main à Bill. Il paraissait ridicule, mais il s'en fichait. Après tout, il n'était ni dans une interview, ni à la télé et encore moins à un concert. Un peu de laisser aller lui procurait le plus grand bien. Son frère entra dans la pièce en secouant la tête, se précipitant sur le lit.

- T'es plus pressé de le voir lui que moi c'est ça ?, questionna Tom, faignant d'être jaloux.

Ils rigolèrent ensemble, puis le blond ferma la porte à l'aide de son talon avant de rejoindre son jumeau. Tout deux savaient que rien ne comptait plus que l'autre. Une évidence entre eux, quelque chose de normal. Un lien incompréhensible qui pouvait parfois faire peur.

Le blond se coucha à côté de Bill, collant sa jambe à la sienne. Ils étaient les deux allongés sur le dos, la main de Tom tâtonnant à la recherche de sa jumelle. Il lia leurs doigts, jouant avec les articulations de son jumeau. Couché sur les couvertures, la tête sur les coussins, le dreadé se sentait enfin tranquille. Aucun portable ne sonnerait, aucun inconvénient de dernière minute ne viendrait le déranger. Il était là, près de sa moitié, et c'était tout ce qui comptait.

- Tu trouves que mon idée est bonne ?

Un petit murmure provenant du brun venait de s'élever dans les airs. Bill semblait toujours sûr de lui, mais au fond, il devait avoir l'avis de son frère. Parce que c'était important pour lui, parce qu'aucune critique ne l'atteignait tant que cela plaisait à Tom. Tant qu'il était fier de lui, et qu'il l'encourageait. C'était ça aussi, leur lien. Si l'un lâchait prise, l'autre ne pourrait tout simplement pas continuer. Même s'il le voulait. C'était troublant.

Tom tourna la tête à gauche, encrant ses yeux dans ceux de Bill. Sa main droite replaça une mèche derrière l'oreille du brun, avant de doucement effleurer sa joue.

- Bien sûr. Je te l'aurai dit sinon.

- Oui. Mais quand même.

Le blond ferma les yeux, ne cessant de caresser les doigts de Bill. Ils devraient de toute façon se relever pour se changer, et pour éteindre la lumière. Peut-être pour manger aussi. Mais il voulait somnoler un peu, se laisser bercer par la respiration légère de son jumeau. Juste quelques minutes. Pas plus. Après tout, il avait encore du temps. Le lendemain, il n'avait rendez-vous qu'à 14h. Il pouvait largement se reposer. Ses pensées s'évadèrent, et il s'endormit, lentement.

Fin Flash Back

[...]

Il se réveilla doucement, dans une pièce qui lui était inconnue. Après quelques secondes il se souvint de sa sortie. Il était dans la chambre que Georg lui avait préparée. Pourtant, avant de s'endormir il était avec le brun. Il se leva, ouvrit les volets et remarqua que le soleil était déjà levé. Pourtant, il n'était pas couché avant. Aurait-il dormi aussi longtemps ?

Comme Georg lui avait montré la salle de bain, il s'y dirigea dans le but de se laver le visage. Il n'était pas très bien réveillé et n'était plus habitué à dormir autant. Lorsqu'il ouvrit la porte, un doux parfum lui parvint. Il sourit avant de s'approcher du miroir et s'observer. On aurait dit Bill sans maquillage. Constatation idiote. Bill est son jumeau.

Il se rinça le visage et sourit un peu plus en voyant le maquillage d'Ambre. Il y en avait beaucoup, et posé un peu n'importe où. Comme son frère le faisait avant. Il s'essuya le visage avant d'aller se changer dans sa chambre. Pendant ce temps, Georg qui avait vu le petit manège du blond descendit à la cuisine. Il s'approcha de sa femme et lui murmura quelque chose à l'oreille. Elle rit un peu, apparemment comblée.

Quelques instants plus tard, des pas se firent entendre dans l'escalier et quelqu'un dans la cuisine se tendit. Toujours la même démarche. Lorsque Tom arriva devant la porte de la cuisine, il voulut dire « Bonjour » mais ne termina jamais son mot. Il comprenait mieux pourquoi le maquillage d'Ambre ressemblait à celui de Bill, il remarqua que le soleil était effectivement déjà levé & que la douce odeur qui se trouvait dans la salle de bain n'était autre que celle de Bill. Bill qui se tenait appuyé contre le lavabo.

- On ne voulait pas te réveiller, donc nous sommes allés le chercher seul. Je ne te le présente pas.

Georg lui fit un petit clin d'½il avant de recommencer à préparer le dîner. Ambre était déjà retournée au salon et plus personnes ne faisaient attention aux jumeaux. Jumeaux qui n'avaient toujours pas bougés de place. Bill se redressa, n'osant parler. Depuis longtemps, trop longtemps à vrai dire, ils ne s'étaient retrouvés seuls ou presque sans la présence de quelqu'un. D'accord, Georg était là, mais Georg s'en fichait. Du moins, il l'avait fait comprendre.

Tom observait son jumeau. Toujours le même visage, les mêmes traits. Il devinait sans mal ses pensées, tout comme lui devait le faire. Il savait l'état d'esprit dans lequel il se trouvait et lui était dans le même. Il voyait ses cheveux mis-long, ses yeux perdus et ses doigts si fins. Ses vêtements toujours trop serrés, et cette légère rougeur aux joues lorsqu'il l'observait trop intensément. Le même. Il s'avança de quelques pas, s'arrêtant à quelques centimètres de son jumeau.

Bill pouvait sentir le souffle de Tom s'écraser contre son visage. C'était étrange. Il n'avait pas été aussi proche depuis tellement longtemps. Sauf qu'un malaise était présent, et qu'aucun des deux n'arrivait à prendre l'autre dans ses bras. Alors, le blond prit un doigt du brun entre les siens. Et ce fut extraordinaire.

- Bill tu peux me passer l'assiette s'il te plait ?


Ce dernier ouvrit les yeux, non conscient de les avoir fermés, et se sépara de son frère. Du moins, du petit contact qu'ils avaient établi. Tom alla s'asseoir sur une chaise, encore remuer d'avoir vu son jumeau de si près. Toujours debout, Bill s'assit sur le plan de travail et questionna Georg.

- Qu'as-tu dit à Ambre tout à l'heure ?

Le bassiste eu un moment de réflexion avant de rire un peu. Il secoua la tête.

- Non mais, tout à l'heure, Tom était dans la salle de bain. Il a fait exactement la même chose que toi lorsque tu y es allé.

Les deux concernés rougir, et Georg sourit. Il leur faudrait certainement du temps avant d'oser se comporter comme des frères sans penser qu'ils faisaient quelque chose de mal devant autrui. Et peut-être qu'au fond, ils s'aiment toujours un peu trop. Ce n'était pas un problème pour lui, mais il ne comprenait pas comment il avait fait pour ne pas s'en apercevoir.

C'était Bill et Tom. Juste eux. Des jumeaux différents des autres, identiques entre eux. Il les avait toujours trouvés un peu spécial, mais c'était juste leur façon d'être. Et il ne cherchait pas à comprendre. C'était ainsi. Il ne pourrait rien changer, et au fond, il les aimait bien. Quelque soit leurs secrets. Il trouvait cependant dommage que quelques années auparavant, on ne les avait pas laissés tranquilles. La justice, les journalistes et tous les autres avaient tout gâchés. Il soupira, épiçant un peu le plat.

[...]

- À toute à l'heure, et la porte claqua.

Tom resta un moment assis sur les escaliers à fixer la porte d'entrée. Celle par où étaient sortis Georg et Ambre. Depuis trois jours, ils étaient là, lui et son frère. Mais ils ne s'étaient pas encore retrouvés seul. Il laissa son regard dévier sur le mur où étaient affichées de nombreuses photos de l'entourage de son ami. Il était bien ici, aucune envie de bouger. Et puis, il se souvenait de pas mal de moment de son passé. Comme par exemple à l'époque de Tokio Hotel. Une belle période. Surtout ce soir-là, après un concert.

Flash Back

Il sentait son c½ur battre, cogner contre sa poitrine. Si fort. Et il souriait, il en avait mal aux joues. Mais tout avait été parfait, une soirée excellente. Il aurait aimé rester plus longtemps, dans son univers. Cette montée d'adrénaline, cette ambiance. Quel concert !

Il ouvrit la porte et couru jusqu'à son frère. Le brun était dans le même état que lui, et il transpirait énormément. Dans un élan de bonheur, Tom prit son jumeau dans ses bras et le serra fort. Encore plus fort que les battements de son c½ur. Il souriait contre son cou, heureux de voir que la musique pouvait les amener aussi loin. Georg et Gustav étaient encore sur scène.

- C'était...

Bill ne trouvait pas les mots et son frère ne pouvait qu'acquiescer, le moment ne pouvait avoir de mots assez forts. Alors qu'ils cherchaient tout deux, le bassiste fit son entrée, complètement à l'ouest. Comme sous l'effet de la drogue, il marchait lentement, souriait et regardait dans le vide. Dans le même état d'extase qu'eux. Quelques instants après, Gustav arriva en sautillant, se dégourdissant les jambes et montrant son contentement par la même occasion.

- Putain, souffla le batteur.


Le dreadé acquiesça une fois de plus, s'asseyant sur un petit canapé. Il tira son frère sur ses genoux, et s'appuya contre son dos. Ils étaient bien comme ça. Juste apprécier le moment. Après plusieurs minutes, Georg alla se doucher dans sa loge et Gustav partit raconter le concert à l'équipe. Le premier de la tournée. Toujours le meilleur, ils chantent leurs nouvelles chansons, les fans sont toujours plus nombreux, et ils s'améliorent.

Et puis, c'est le début de la vie dans le tourbus, des villes, des répétitions. Plus rien n'est comme dans les studios. Et Tom adorait ça. Bill se leva, tendant sa main à son frère. Comme d'habitude, le blond enroula ses doigts autour du poignet du brun, et s'approcha d'un coup. Ils rirent, et le dreadé colla un baiser sur la joue de son frère. Ce n'était pas nouveau, mais tellement rare. Tactiles, ils l'étaient. Mais au-delà des accolades, il n'y avait pas grand choses. Dernièrement, il y avait les bisous de Tom, c'était tout.

Bill rougit et sourit doucement. Il le trouvait mignon.

Fin Flash Back

En fait, c'était un peu lui qui avait commencé. Il se gratta la nuque, comme prit en faute. « Ouai, ou une suite d'événements » pensa-t-il. Il joua un moment avec ses pieds, avant de s'amuser avec une dread. Il ne savait pas quoi faire, juste assis sur les escaliers. Il pourrait jouer de la guitare, mais il ne savait pas ce que faisait Bill. Peut-être qu'il allait le déranger en grattant, donc il préférait ne pas bouger. Rester là, attendre le retour de Georg.

- Excuse-moi.


Un simple murmure qui le fit sursauter. Il n'y avait aucun bruit dans la maison, tout était silencieux. Il se leva rapidement, laissant le passage à son frère.

- Tu vas faire quoi ?, souffla-t-il.

Le brun releva la tête, heureux d'entendre la voix de son jumeau. Seulement, il ne savait pas quoi faire, il étouffait dans ce silence et n'était pas très à l'aise.

- Hum, je ne sais pas. Et toi ?

Toujours la tête baissée, Tom haussa les épaules. Il voulait vraiment toucher sa guitare. Juste quelques morceaux. Mais il ne savait pas comment le lui dire. Et puis, ce qui l'énervait le plus, c'est qu'avant il n'aurait même pas eu à le faire. C'est comme s'il était face à un étranger. Et cela ne lui plaisait pas. Il espérait tout de même que leur lien existait toujours. Alors il releva la tête et planta ses yeux dans ceux de Bill.

Un frisson parcourra le brun, et il rougit, comme souvent lorsque son frère le regardait trop fixement. Comme la dernière fois. Il voulait détourner le regard, ne pas voir tout ce qu'il y lisait, et ne pas se tromper. Mais il ne pouvait s'en empêcher. Il comprenait tout. Mais il ne pouvait mettre de mots là-dessus, pas encore. Il doutait.

- Est-ce que, il soupira, tu voudrais jouer, il hésita, de la guitare ?

Un sourire timide étira les lèvres du blond, et il acquiesça. Bill expira fortement, content de toujours pouvoir lire en lui. Ils montèrent les escaliers côte à côté, ne se frôlant que très peu. Dans le couloir, le blond se retourna d'un coup vers son frère.

- Merci, chuchota-t-il.

Son jumeau ne dit rien, observant juste les gestes de Tom. Ses doigts appuyèrent sur la poigné afin d'ouvrir la porte. Il la poussa avec la paume de sa main, et une fois les deux à l'intérieur, la ferma avec son talon. Comme avant. Au fond, il le connaissait. Et n'avait rien oublié.

Il s'installa sur son lit, l'instrument posé sur ses genoux. Enormément de détails qui ne lui échappaient pas, qui lui rappelait sans cesse le passé. Il se décida enfin à rejoindre son frère après un moment de réflexion, et prit place en face de lui. Une question le travaillait ; Qu'allait-il jouer ?

Comme s'il avait entendu la question, Tom inclina la tête de côté. Une façon de lui demander quel morceau il voulait. Troublant.

- Ce que tu veux.


Ils se sourirent et le blond laissa ses doigts se promener sans trop réfléchir. Une des choses qui lui avait manqué. Certes, jouer, mais surtout la présence de Bill. Tout deux restèrent là, juste pour écouter les chansons que Tom jouait. Juste pour être avec l'autre, se détendre un peu, oublier le reste. Peut-être que bientôt, ils pourraient se reparler sans aucune gêne.

Lorsqu'ils s'allongèrent en même temps sur le dos, aucun des deux ne prit la peine de le relever. Après tout, ils le savaient. Il leur arrivait souvent de penser à la même chose. De dire les mêmes choses en même temps, et de faire quelques gestes identiques. Comme cette fois là, où ils s'étaient levé les deux en pleine nuit.

Flash Back

Très doucement, Bill descendit de son lit, évitant de faire du bruit. Le bus était arrêté, certaines personnes de l'équipe étaient dehors pour prendre un peu l'air. Il faisait noir, et d'après le réveil de Gustav, il était un peu plus de 3heures. Il descendit les quelques marches, puis ferma la porte. Il se trouvait dans la partie cuisine du bus et soupira. Il n'avait réveillé personne.

- Hey !

Il fit un bon en arrière, cognant Tom qui venait de lui faire peur. Ce dernier riait un peu, son frère ne l'avait même pas vu venir. Un coup de coude bien placé le stoppa, et il se massa le ventre.

- Tu es réveillé aussi ?, chuchota Bill.

- Oui petit frère. Mais tu devrais dormir toi, tu vas être fatigué.

Le brun tira la langue au blond qui lui ébouriffa les cheveux. Bill avait un début de grippe, et le dreadé avait peur que son état s'empire.

- Tu n'avais pas l'intention de sortir j'espère ?, murmura Tom.

Bill prit l'air d'un petit ange, conscient que son frère n'allait pas apprécier. Effectivement, le blond soupira, et posa un regard réprobateur sur lui. Puis finalement, il s'assit par terre, prenant appuie contre le mur. Il écarta ses jambes et Bill vint se poser contre lui. Le dos contre son torse, et sa tête contre son épaule. Il était bien dans les bras de Tom.

- Demain, c'est dans quelle ville le concert ?, demanda le blond.

- Je ne sais pas. Mais je chanterai en Anglais.

Tom posa délicatement sa tête contre celle de son jumeau. Bill avait froid, et il le savait. Il avait la chair de poule. Il passa doucement deux doigts sur le bras du brun, provocant d'autres frissons. Il continua son manège un moment avant de reprendre la parole.

- I'm worried about you, souffla le blond.

Son frère ferma les yeux, un petit sourire aux lèvres. Il adorait entendre Tom parler Anglais. Il n'était pas très doué, et ne s'exprimait que rarement. Il faisait beaucoup de fautes, mais lorsqu'il le fallait, il s'appliquait. Comme maintenant. Et il avait une voix tellement belle. Rauque.

Bill se leva, tendant une main à son jumeau. Il sentit ses doigts contre son poignet, et vit deux yeux noirs le fixer de très près. Ils avancèrent doucement jusqu'à leur lit, et avant de se coucher, le brun posa doucement sa bouche contre la joue de son frère. Pour une fois, c'était l'inverse.

Fin Flash Back

[...]

- J'n'ai pas aimé l'appartement.

Abattu, Tom se laissa tomber sur la chaise de la cuisine. Il ne trouvait aucun logement qui lui plaisait, et ce qui le préoccupait le plus, était de savoir s'il devait en trouver un pour lui tout seul ou pour lui et son frère. Il n'osait pas poser la question, et ce n'était certainement pas Georg qui allait lancer le sujet. La porte d'entrée s'ouvrit et un Bill défait apparu.

- J'n'ai pas aimé l'appartement, soupira-t-il en s'asseyant sur une chaise.

Ambre rigola un moment, s'amusant toujours de voir les réactions des jumeaux. Ils n'étaient là que depuis une semaine et désespéraient déjà de ne rien trouver. Au fond, elle aimait bien les avoir chez elle, et son mari était ravi.

- Vous finirez par trouver, rassura Georg.

Tom hocha la tête au même moment que son frère, et prit une jolie teinte rosée. Il se gratta la nuque, puis se dirigea dans le couloir pour retirer ses chaussures. « Il faudrait que je m'occupe », se dit-il. Accroupi au sol, il joua avec ses lacets. Ces derniers temps, il s'ennuyait ferme. Il se retourna, s'apprêtait à se relever seul lorsqu'une main apparu dans son champ de vision.

Il leva la tête et vit Bill, le visage tourné vers la droite. Il avança à son tour sa main, enroula ses doigts autour du doux poignet de son frère et effectua une petite pression. Le brun tira, soulevant Tom en même temps. Comme à chaque fois, ils s'étaient retrouvés à quelques centimètres l'un de l'autre. Sauf qu'aujourd'hui, il n'était pas en face du visage de Bill qui regardait ailleurs. Il se pencha un peu, frôlant de sa joue celle de son frère avant de lui murmurer un « merci » à peine audible.

Lentement, il se détacha de lui, attardant un peu ses doigts sur sa peau. Il secoua la tête et grimpa rapidement les marches qui menaient à sa chambre. Son jumeau lui manquait. Il avait tellement peur de faire quelque chose que les autres interprèteraient mal qu'il ne faisait rien. Et ça le torturait, le mangeait de l'intérieur. Il n'avait pas peur de son frère. Il n'était pas gêné en sa présence. Ce qui le perturbait, c'était vraiment l'arrière pensé que les gens pouvaient avoir. Il enclencha la radio et sourit en entendant Nena. Avant, il aurait appelé Bill.

Il se coucha sur son lit, les bras croisés sous sa tête. Finalement, il ne savait pas quoi faire. Il ne voulait pas déranger Georg, encore moins Ambre. Gustav était repartit en voyage d'affaire. La seule personne qui était libre n'était autre que Bill. Il pouvait toujours essayé de lui parler. Il faudrait bien un jour. Et puis, il en mourrait d'envie.

Rapidement, il parcouru les deux mètres qui le séparaient de la chambre de son frère. En fait, elles étaient en face. Il inspira plusieurs fois avant de lever le bras. Après un instant d'hésitation, il frappa deux petits coups. Il laissa tomber sa main le long de son corps, attendant simplement qu'il vienne lui ouvrir. Avant, il serait rentré sans demander la permission.

La porte s'ouvrit, laissant apparaître le brun. Surpris de voir son frère, il recula pour le laisser passer. Tom fit quelques pas jusqu'au centre de la pièce et l'observa. Comme lui, Bill n'avait rien touché. Ils savaient que Georg avait donné son accord en ce qui concernait modifier à leur guise, mais aucun des deux n'avaient voulu abuser.

- Que voulais-tu ?, demanda gentiment le brun.

Le blond se retourna, et haussa les épaules. Il voulait juste passer un peu de temps avec lui.

- Je m'embêtais un peu.

- Moi aussi
, souffla Bill.

Le brun commença à se balancer de gauche à droite, visiblement stressé. De son côté, le blond tordait ses doigts. Ils étaient ridicules. Tom rit un peu, détendant l'atmosphère. Ils étaient seuls, et Georg ne dirait rien s'il savait qu'ils étaient les deux dans une chambre. Personne n'allait les voir.

- On dirait deux adolescentes, murmura-t-il.

Bill acquiesça avant de s'asseoir sur le bureau. Tom prit place sur la chaise en face de lui.

- Un peu de compagnie fait du bien, fit remarquer le brun.

- J'admets, j'étouffe seul, compléta son frère.

Ils se sourirent, puis le plus jeune se mit à balancer une jambe. À chaque allée, son pied touchait le genou de Tom. Pourtant, ils ne trouvaient pas ça bizarre. Et puis, ils étaient seuls, comme Tom l'avait pensé avant. Personne n'allait les juger. C'est pourquoi, le blond ferma les yeux, restant éveillé que par le petit coup que Bill lui faisait. Il se perdit rapidement dans ses souvenirs.

Flash Back

Le tourbus venait de s'arrêter, arrachant Tom à sa contemplation. Il suivit les autres, et remarqua le champ près duquel ils s'étaient stoppés. Personne n'était là, l'endroit désert. Un immense sourire vint orner son visage et il se tourna vers Gustav. Lui aussi souriait, heureux de pouvoir se dégourdir les jambes sans fans hystériques, ni risque de paparazzis.

- On va s'arrêter au moins une heure, je pense qu'on mangera ici. De toute façon, le prochain concert n'est que dans deux jours, on a le temps.

Georg se laissa tomber sur l'herbe, heureux d'entendre David prononcé ces mots. Gustav retira ses chaussures et commença à marcher un peu partout. Le batteur adorait la nature. Puis, doucement, toute l'équipe s'installa, se reposant un peu partout.

De leur côté, les jumeaux se mirent à courir le plus loin possible, à l'abri des regards indiscrets. Malgré le fait que tous soient sûrs qu'aucun journaliste n'était dans les parages, ils voulaient éviter d'en croiser. Pour une fois qu'ils pouvaient rester un moment en dehors du bus.

- Tom ! Il y a des papillons !, s'écria soudain Bill.

Le blond rit de bon c½ur voyant son jumeau courir après ces petits insectes volant. Malgré leurs âges, il arrivait souvent que l'un d'entre eux retombe en enfance, comme Bill à cet instant. Et puis, il était mignon à courir partout. Tom s'allongea sur le sol, cachant le soleil à l'aide de son bras. Le ciel était clair, sans nuage.

Il aimait bien l'endroit où il se trouvait. Le vent frais, la sensation des brindilles d'herbes piquant sa main, la chaleur qui régnait. Et puis l'ombre au-dessus de lui.

- Tu t'es fatigué de courir ?, questionna le blond.

Bill était penché sur lui, deux mains appuyées aux côtés de la tête de son frère. Ses cheveux formaient un rideau autour de son visage, et sa tête cachait la lumière.

- Ouai.

Comme pour prouver ses dires, le brun se laissa tomber. Le guitariste couina un peu sous le choc, puis soupira. Son frère ne faisait jamais attention. La tête de Bill était enfouie dans les dreads du blond et ses bras contre ceux de son jumeau. Ils étaient bien.

- Bill, tu m'écrases, se plaignit Tom.

- Et alors ?

Le blond leva les yeux au ciel et posa sa main sur le dos de son frère. Ce qui l'amusait, c'est qu'ils faisaient à peu près la même taille, mais que lui était plus musclé, et que par conséquent, il avait plus de force. Il réussit donc sans peine à échanger la situation, et coucher Bill sous lui.

- Tss.

Souriant, le guitariste se leva, laissant son jumeau dans l'herbe. Il faisait vraiment très chaud, et l'idée de retirer son t-shirt traversa son esprit. Seulement, il n'avait aucune envie d'avoir des coups de soleil. Il pesta un moment, puis soudain, quelque chose lui sauta dessus. Ou plutôt quelqu'un.

- Mais tu fais quoi ?, demanda Tom, blasé.

Perché sur son dos, Bill ne semblait pas vouloir descendre. Parfois son frère était étrange, très étrange. Mais le sourire malicieux qu'il avait ne présageait rien de bon.

- Bill...

Le brun commença à le chatouiller, et ils se retrouvèrent bien vite par terre, pleurant de rire. Certains jours, Bill était plus joueur que d'autre. Son comportement pouvait facilement être comparé à celui d'un enfant, mais Tom aimait bien ces moments-là. Ils lui rappelaient sans cesse leur enfance. Ils reprenaient peu à peu leur respiration, et le blond murmura quelques mots.

- You're crazy.

Le chanteur se coucha sur le côté, face à son jumeau, et lui sourit. Tom l'observait, ou plutôt le scrutait. Et comme souvent, Bill rougit.

- Pourquoi tu es comme ça aujourd'hui ?


En générale, la réponse à la question était le stress. Pour se vider un peu l'esprit, le brun faisait quelques folies. Parfois, parce qu'il était triste, ou tout simplement parce qu'il voulait se rendre intéressant. De rares fois, c'était juste parce qu'il voulait s'amuser.

- J'suis heureux Tom, heureux, souffla Bill.

- Tant mieux, murmura le blond, un doux sourire aux lèvres.

C'était parce que Bill avait dit qu'il était heureux que Tom ne se posa pas de question. De toute façon, c'était juste pour le lui faire ressentir. Une nouvelle façon de l'exprimer. Donc il ne dit rien, et continua à sourire un moment, avant de fermer les yeux et de somnoler.

Il avait tout simplement posé ses lèvres sur les siennes, les effleurant avant d'effectuer une légère pression.

Fin Flash Back

Il souriait bêtement lorsque Bill arrêta de cogner son genou. Il ouvrit un ½il, et le vit se retenir de rire.

- Quoi ?, râla-t-il, plus pour la forme qu'autre chose.

Il réalisa qu'en fait, la présence de son frère ne l'intimidait pas tant qu'ils étaient seuls. Et que son rire lui avait manqué.

- Tu as un air béat. À quoi tu pensais ?

Tom sourit, et se leva. Il épousseta son t-shirt trop large pour lui et fit quelques pas vers la porte. Juste avant de l'ouvrir, il se retourna vers le brun.

- Tu le sais très bien, idiot.

[...]

Maintenant, il se demandait pourquoi il n'y avait pas pensé avant. La réponse était pourtant là, à sa portée : la piscine de Georg. Il faisait assez chaud pour pouvoir se prélasser dans le jardin, derrière la maison. Et puis, il pouvait bronzer, et une chose qu'il aimait vraiment, c'était ne pas avoir la peau blanche. Il se trouvait plus sexy la peau halée.

Il était donc couché sur son linge en maillot de bain, lunette de soleil sur le nez, un bras négligemment posé près de sa tête. Ses dreads étaient retenues par un élastique, mais il ne portait pas de casquette. Comme à la plage.

Georg venait de sortir de l'eau, et mouilla Tom au passage. Pendant près d'une demi-heure il s'était amusé à faire des allés-retours, pour « entretenir son corps » comme il le disait si bien.

- Fait un peu attention, bougonna Tom.

Le bassiste se secoua, mouillant encore plus le blond. Il partit rapidement voyant que son ami s'était redressé. « Ne jamais déranger un calamar qui fait bronzette », se dit Georg. Le dreadé retira ses lunettes et tapota son ventre.

- T'inquiète, tes abdos n'ont pas fondus, cria Georg depuis la maison.

Il grogna un peu, souriant tout de même en regardant son corps. Non, il avait toujours autant la classe. Il n'avait rien perdu de sa jeunesse. Fier, il se dirigea vers la piscine, s'accroupissant au bord de l'eau. Son frère pataugeait depuis un bon moment déjà, et semblait s'ennuyer. Tom observa les alentours, puis se laissa glisser dans l'eau.

Il frissonna un peu, malgré le soleil, la température n'était pas géniale. Il nagea doucement jusqu'à son jumeau, et s'arrêta à ses côtés. Ses bras étaient en dehors de la piscine, et sa tête baissée. Tom tenta de comprendre le pourquoi de cette position, mais Bill bougea avant qu'il n'y parvienne.

- Tu es rentré dans l'eau ?!?!

Devant l'air interrogateur du blond, son frère eut un sourire narquois. Il ne pouvait pas avoir oublié le nombre de fois où il avait du le tirer pour qu'il rentre dans la mer durant leurs vacances ! Il ne voulait jamais y aller, prétextant que l'eau était froide et qu'il ne s'y habituerait jamais. Evidemment, à chaque fois il finissait par s'amuser.

- Dois-je te rappeler nos vacances à la mer ou ça te reviens ?, demanda le brun, amusé.

Tom prit un air choqué et s'éloigna en faisant quelques brasses. Bien sûr qu'il s'en souvenait, il était toujours heureux à l'idée d'aller se baigner. Non, ce n'était pas de la mauvaise foi, juste qu'à l'époque, il aimait bien voir son frère le trainer, et lui demander de venir. En plus, Bill avait l'air si fier lorsqu'il finissait par 'céder'. Il sourit doucement.

Il sentit son jumeau flotter juste derrière lui, ils n'avaient pas pied. La tête du brun s'avança et il se pencha jusqu'à son l'oreille.

- Tu boudes ?, souffla-t-il.

Il ne put retenir un frisson, le souffle de Bill contre sa peau mouillée lui procura une sensation de froid. Ce n'était pas déplaisant, mais pas des plus agréables non plus. Il fit « oui » de la tête, ses dreads frôlant le torse de son jumeau. Les lèvres du brun effleuraient de temps à autre son oreille ou sa joue, et ces gestes par contre, lui plaisaient. Peut-être était-ce ça le problème, ils n'avaient jamais su fixer de limite, et ne trouvaient aucune situation ambiguë.

- Faut pas bouder, Tomi..., chuchota Bill.

À l'époque, leurs jeux se transformaient souvent en... il ne savait pas d'ailleurs. Juste que pratiquement toujours, cela finissait étrangement. Ils se taquinaient, mais perdaient toujours le contrôle au bout d'un moment.

Flash Back

Comme souvent, le groupe était en tournée, et devait assurer de nombreux concerts dans de nombreuses villes. Mais pour une fois, ils allaient en faire deux dans la même région et pouvaient se permettre de rester un jour complet à l'hôtel, tranquilles. Et comme d'habitude, Tom n'était pas resté dans sa chambre, préférant regarder la télé dans celle de son frère.

Le blond fixait l'écran depuis un moment, mais Bill n'arrêtait pas de changer les chaînes, n'en trouvant aucune satisfaisante. Le brun était assez exigeant et ne voulait pas voir un film qu'il avait déjà regardé, ou encore une série qu'il ne lui plaisait pas. Les chaînes musicales ne lui donnaient pas envie, et il n'était pas d'humeur à regarder des dessins animés.

Le chanteur soupira et à ce moment là, Tom lui tendit la main. S'il n'était pas capable de choisir, lui allait le faire.

- Donne-moi la télécommande.

- Non.


Bill défia son jumeau du regard, et serra la télécommande dans sa main. Il se leva précipitamment, et contourna le canapé. Voilà qui allait les occuper un moment. Tom croisa les bras sur sa poitrine, attendant que son frère se décide à lui donner ce qu'il avait réclamé.

Il n'était pas du genre à provoquer, mais là, il s'ennuyait ferme, et voir son jumeau impassible l'énervait. Le brun s'amusa donc à passer l'objet d'une main à l'autre, se moquant ouvertement de son frère. Ce dernier fini par céder, et tenta d'attraper Bill. Il n'aimait pas vraiment courir partout dans la chambre, il se trouvait légèrement ridicule, mais finalement, il trouva cela plutôt amusant.

Au bout d'un moment, il entoura la taille du brun avec ses bras et ils tombèrent sur le lit. Tom était couché sur le dos et essayait d'attraper la télécommande que tenait son frère. Comme il éloignait le plus possible sa main, le blond du faire de nombreux efforts pour réussir à l'avoir. À chaque mouvement, son torse butait contre son dos, et il serrait Bill pour ne pas qu'il parte. Troublant.

Lorsque le dreadé attrapa la télécommande, il se laissa retomber contre son jumeau. Essoufflés, ils restèrent dans cette position un instant. Le blond desserra son étreinte, et Bill se retourna.

- Que vas-tu faire maintenant que tu l'as ?

- Te narguer
, répondit Tom.

Le brun lui tira la langue, et Tom commença à le chatouiller. Ils riaient ensemble, Bill se tortillant dans tous les sens, suppliant son frère d'arrêter. A bout de souffle une nouvelle fois, le blond laissa sa tête tomber dans le cou de son jumeau. Il haletait, épuisé par autant d'efforts. « Tout ça pour une télécommande. En plus, je l'ai lâchée » pensa le blond.

Bill caressait son dos de haut en bas, perdu dans ses pensés. Il sentait de temps à autre le souffle de son frère, et riait quelques fois. Mais quand il sentit une petite pression au niveau de sa pomme d'Adam, il arrêta le mouvement de sa main. Plus personne ne bougea, et le brun reprit ses caresses. Tom réitéra son geste plusieurs fois, et Bill soupira de contentement. Il adorait ce genre de journée où ils ne faisaient rien.

Le guitariste se coucha sur le flan, très vite imité par son frère. Il caressa sa joue, se souvenant des nombreuses fois où il l'avait fait. Il passait toujours de bon moment avec lui, et il ne pouvait plus s'en passer. Bill posa sa bouche sur celle de son frère, comme il le faisait à chaque fois qu'il était vraiment heureux. Ce qui devenait de moins en moins rare.

Mais pour la première fois, Tom bougea un peu ses lèvres, les entrouvrant. Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait fait ça, mais sur le moment, c'était juste ce qu'il avait trouvé de mieux à faire. Il ferma plus fort ses yeux, et laissa le bout de sa langue goûter la bouche de son jumeau. Il sursauta quand il sentit la langue de Bill, puis finit par l'embrasser vraiment. C'était nouveau et c'était Bill. Juste, Bill.

Fin Flash Back

À regret, Tom se détacha de son frère. Il se retourna, lui sourit et sortit de la piscine. Il ne devait plus se laisser aller. Surtout pas dehors. Mais il s'en voulait déjà d'avoir laissé son frère dans l'eau, seul. Il prit son linge et le balança sur son dos, ne prenant même pas la peine de se sécher. Pourquoi tout était compliqué ?

[...]

L'épisode du début de l'après-midi trottait toujours dans la tête du blond. Et tous ces souvenirs, il n'arrêtait pas d'y penser. Il fallait qu'il trouve un appartement et qu'il puisse laisser Georg et sa femme reprendre une vie normale. Il devait accomplir trop de choses et ne pouvait juste pas tout faire. Il se passa une main sur le visage, conscient qu'il devait faire une chose après l'autre.

La porte s'ouvrit et une silhouette élancée entra. Confus, Tom se massa la nuque.

- Qu'est-ce qui se passe ?

Bill était toujours en maillot de bain, et semblait décidé à savoir ce qu'avait son frère. Ce qu'il s'était passé dans la piscine, il pouvait le comprendre. Mais là, il n'était pas sorti de sa chambre depuis, et ce n'était pas normal.

- Il faut que je trouve un appartement pour commencer. On ne peut pas rester indéfiniment ici.


Son jumeau acquiesça, puis soudain une idée traversa son esprit.

- Tu sais, j'ai trouvé une petite maison. Pourquoi tu ne viendrais pas ? J'pensais emménager dans la semaine qui vient.

Choqué, Tom ne dit rien. Il ne savait même pas que Bill avait trouvé quelque chose. Il se laissa tomber en arrière, se couchant à même le sol. Son frère s'installa à ses côtés, observant le plafond. La porte était ouverte, et quiconque passait trouverait la scène plutôt étrange, mais tant pis.

- Ouai. J'veux bien.

Le ton était indifférent, mais pas froid. En fait, c'était une bonne idée. Juste qu'il aurait aimé apprendre qu'il avait trouvé une maison avant. Il serait parti un matin, sans prévenir ? Il sentit une main se poser près de la sienne et devina le visage de son frère. Il s'en voulait sûrement. Mais ce n'était pas sa faute, après tout, pas mal de temps était passé.

Il enroula ses doigts autour du poignet de Bill et tourna la tête vers lui. Il soupira et ferma les yeux. La seule chose à laquelle il pensait n'était pas une bonne idée. Il voulait l'embrasser.

[...]

Georg était adossé à la porte depuis un moment, et ne cessait de regarder les jumeaux. Ces deux idiots c'étaient endormis par terre, et il en avait profité pour faire une photo. Mais maintenant, il ne savait plus quoi faire. C'est vrai, ils étaient mignons, mais une forte envie de les réveiller en criant l'avait pris. Comme à l'époque, lorsqu'avec Gustav ils allaient les réveiller de façon plutôt injuste.

Flash Back

- Toujours dans le lit de Tom, c'est incroyable ! , chuchota Gustav.

- Tu t'attendais à quoi ? C'est limite s'ils ne vont pas au toilette ensemble, plaisanta Georg.

Les deux amis étaient entrés dans le tourbus des jumeaux pensant les trouver dans l'espace cuisine en train de déjeuner. Mais une fois de plus, ils étaient encore endormis. Et pour ne pas changer, dans le lit de Tom. À quoi servait le côté de Bill ?

- Fais moins de bruit tu vas les réveiller avant qu'on n'ait pu faire quoi que ce soit !, gronda Gustav.

Georg lui renvoya un regard noir et ils ouvrirent les bouteilles d'eau qu'ils avaient en main. Ce n'était pas très sympathique de faire ça, mais le seul moyen qu'ils avaient de se venger des tours des jumeaux c'était de cette façon. Un signe de tête et les musiciens laissèrent l'eau couler sur leurs amis. Rapidement, ils partirent en courant lorsque Tom releva la tête, visiblement irrité.

Bill couina, il détestait les réveils comme ça. Et les rires de Georg et Gustav ne faisaient que confirmer sa pensée, c'était encore une fois eux. Il ouvrit les yeux lorsqu'il sentit un poids sur son torse. Tom.

- Bonjour toi, dit le brun.

- Salut.

Tom déposa rapidement ses lèvres sur celles de Bill et s'assit sur lui. Il y avait de l'eau partout. Il s'amusa à passer ses doigts sur le torse de son frère, étalant le peu de liquide qu'il restait. Un sourire lubrique se dessina sur son visage, puis il continua son jeu un moment...

Fin Flash Back

Evidemment, Georg ne connaissait pas la fin. Décidé, il s'approcha des jumeaux. Avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, Ambre apparu de nulle part et lui ordonna de ne rien faire. Dépité, il retourna sur ses pas, rejoignant sa femme. Quand la porte se referma, Bill & Tom éclatèrent de rire, ne se préoccupant pas de savoir si le bassiste allait les entendre ou pas.

Calmé, Tom s'assit en tailleur, essuyant les larmes qui roulaient encore sur ses joues.

- Bon sang, Georg qui écoute quelqu'un ! On aura tout vu !

Bill sourit, approuvant les dires de son frère. Remarque, il en était persuadé, Tom aussi l'écouterait s'il disait quelque chose.

- Je suis sûr que si je te demande de faire quelque chose, tu le fais, affirma Bill.

Tom haussa un sourcil, certain du contraire. Bill céderait probablement le premier.

- On verra celui qui craque en premier. Pour quoi que ce soit.


Le brun acquiesça, il adorait ce genre de jeu entre eux. Et puis, il ne comptait plus le nombre de fois où ils s'étaient lancé des défis idiots. Depuis qu'ils étaient petits, ils faisaient de nombreuses compétitions où il n'y avait jamais vraiment de gagnant, et au final aucun des deux ne se ventait. Mais bon, c'était toujours amusant.

[...]

Aucun des deux n'avait encore convaincu l'autre de faire quelque chose, en revanche, ils s'étaient installés dans la maison que Bill avait trouvée. Petite, elle possédait néanmoins un jardin, et l'intérieur était assez grand pour eux deux. Ils venaient de terminer d'installer les meubles et l'intérieur leur convenait. D'ailleurs, Georg les avait énormément aidés.

Couché sur le tapis du salon, les jumeaux se reposaient. Bill prit le premier la parole.

- Tu te souviens de la fois où nous sommes allés au cinéma et que tu as pleuré ?

Un regard noir lui répondit. Bien sûr qu'il s'en souvenait, et il n'était pas fier, mais vraiment pas fier du tout. Ce film n'était pas si triste que ça, mais il ne savait pas pourquoi à ce moment-là, il s'était mis à pleurer. Heureusement que les lumières de la salle étaient éteintes, mais malheureusement Bill l'avait remarqué. Il lui avait pris la main et c'était gentiment moqué de lui...

... Ou pas. Il lui avait sourit et l'avait réconforté, mais c'était pareil. Sur le moment il ne s'était pas aperçu que ce petit laisser aller allait le suivre toute sa vie. En plus, son frère l'avait dit pendant une interview. Même s'il avait tout de suite corrigé son jumeau, il en était persuadé, de nombreuses personnes auraient encore un doute là-dessus. Et puis, il était obligé de rappeler ce petit détail humiliant de sa vie ?

- Ouai. Ou bien la fois où tu t'es fait chopé quand tu volais du...

- Stop, c'est bon, je m'en souviens
, le coupa Bill.

Inutile de reparler de ce moment fort désagréable. Il ne pouvait juste pas se présenter à la caisse avec du lubrifiant en main. Il ne se souvenait même pas du montant d'argent qu'il avait du donner à l'agent de sécurité pour que ce dernier ne parle pas de cet incident aux journaux. Et encore aujourd'hui, il n'avait rien dit.

- Il y a eu ce jour-là aussi, où on s'était disputé. J'm'en souviens très bien, c'était un jour de pluie et on ne pouvait pas sortir.

Tom tourna son visage près de Bill, cherchant dans ses souvenirs cet événement. Puis, la mémoire lui revint. Il fixa à nouveau le plafond avant de répondre.

- Ah oui... Parce que je ne voulais pas danser.


Bill rougit, se sentant idiot. A l'époque, il s'était peut-être un peu énervé pour rien. Mais lui et Tom n'avaient jamais dansés ensemble. Il joua nerveusement avec le bas de son t-shirt, se souvenant de la suite. Le blond faisait toujours tout pour lui faire plaisir.

- Mais tu te souviens? Après, j'ai accepté, rajouta le blond avant de se retourner une nouvelle fois vers son frère.

Flash Back

Assis sur son lit, Tom cogitait. Il détestait se disputer avec son frère. Surtout pour rien. Et là, c'était vraiment pour rien. La pluie tapait contre la vitre, lui rappelant sans cesse la scène. C'était justement parce qu'il pleuvait que Bill lui avait demandé de danser avec lui. Juste parce qu'ils ne savaient pas quoi faire, et qu'apparemment son frère voulait vraiment danser.

Il se leva pour marcher le long de sa chambre, effectuant de nombreux aller-retour. Son frère était encore en bas. Et il le savait, il était déçu, il pouvait le sentir. Tom soupira, puis se mordilla la lèvre inférieure. Il n'aimait pas le blesser. Décidé, il descendit les escaliers et rejoignit son frère dans le salon.

Bill était debout devant la bibliothèque, certainement à la recherche d'un quelconque livre qu'il ne terminerait sans doute jamais. Tom retira sa casquette, et s'approcha de son jumeau. Il le retourna, le dissuadant de parler par un simple regard. Il ne voulait pas s'expliquer.

Le blond souffla, puis encra ses yeux dans ceux de Bill. Il posa les mains du brun sur ses épaules et glissa les siennes sur ses hanches. Il voulait danser, ils allaient danser. Maladroitement, Tom bougea ses pieds. Il ne savait pas vraiment comment faire, et sans musique cela n'était pas simple. Et puis, les slows avec son frère, c'était assez nouveau.

Sortant de son état de choc, Bill sourit. Qu'est-ce qu'il en avait rêvé de ce moment-là. D'un coup, il s'approcha de Tom, accrochant ses bras autour de son cou.

- Merci, souffla-t-il.

Tom serra son jumeau contre lui, fermant les yeux en sentant la tête de Bill se nicher dans son cou. Finalement, il aimait bien danser. Surtout avec Bill.

Fin Flash Back

- Oui. Et on a dansé pendant de longues minutes.

Bill sourit à son frère, revivant le moment. Il y avait eu tellement de bons souvenirs qu'il ne savait même plus lequel mentionner.

- J'en ai un qui ne date pas plus tard qu'hier. Quand tu as fait brûler les pâtes.

Le blond reçu une petite tape dans le ventre, venant d'un Bill peu content. S'il avait fait brûler la nourriture, c'est tout simplement parce qu'il était perdu dans ses pensés et parce que Tom n'avait pas voulu l'aider. « Et il n'a pas intérêt à dire que ça ne l'a pas arrangé, parce qu'il a mangé toute sa pizza ! » se dit Bill.

- Sérieusement, trouve-en un bien, demanda le brun.

Tom détourna le regard. Il y avait eu cette fois-là.

- À Berlin. Après le concert, murmura le dreadé.

Flash Back

Il sortit de la douche, libérant les vapeurs de fumée de la salle de bain. Un peignoir autour du corps, il s'approcha de sa valise pour prendre un caleçon. Bill avait déjà tout mis sans-dessus-dessous et il lui fallu un moment avant de trouver ce qu'il cherchait. Il revêtu le souvêtment avant d'attacher ses dreads.

- Tu viens ?

Un sourire éclatant illumina le visage de Tom, et il s'approcha du lit où se trouvait son frère. Il ne portait qu'un bas de training, ses cheveux gouttant sur son torse. De toute façon, il faisait chaud.

- Alors, ce concert ?

- J'ai mal au dos Tomi
, dit Bill d'un air angélique.

Le brun se coucha sur le ventre, permettant ainsi au blond de s'asseoir sur son dos. Il laissa tomber son peignoir, préférant 'travailler' sans chose encombrante. Il massa doucement les muscles très peu endoloris de son jumeau. Des gestes doux et lents.

- Ca se voit que tu es un guitariste.

- Et ça te dérange ?, demanda Tom, caressant le bas du dos de Bill.

Bill couina, donnant une réponse satisfaisante à son jumeau. Les mains se baladaient partout, puis bientôt, le dreadé s'allongea sur son frère. Il déposa quelques baisers papillons sur sa nuque, ses épaules, sa colonne vertébrale. Le brun se tendait, et expirait fortement...

Fin Flash Back

Effectivement, ce soir-là. Il y avait pensé aussi, mais n'avait osé le prononcer. Il s'en souvenait aussi alors. Le brun se tourna vers son frère qui ne le regardait toujours pas. Puisqu'il avait commencé, autant tout dire.

- L'anniversaire de Gustav, chuchota Bill.

Flash Back

Il y avait des ballons accrochés au mur, des cadeaux empilés sur une table, des manteaux entassés sur un lit et quelques invités. Gustav fêtait son anniversaire, et pour une fois, pas en même temps que les jumeaux. Il n'y avait que les personnes les plus proches, et aucuns journalistes.

Tom était assis sur le canapé, ne se mêlant pas à la foule. Il regardait son verre, le tournant dans tous les sens. Bill, lui, parlait avec la s½ur du batteur, et semblait heureux d'être là. Il portait un jeans, un t-shirt près du corps, comme d'habitude. Sauf que ce jour-là, le blond le trouvait vraiment beau.

Il soupira, grattant nerveusement sa nuque. Le canapé s'affaissa et il sursauta lorsqu'il vit le visage de Bill.

- Excuse-moi, je ne voulais pas te faire peur.

Le brun sourit avant d'emmêler ses doigts à ceux de Tom. Leurs mains étaient cachées dans les coussins, de cette façon personne ne les voyait.

- Tom, tu t'ennu-


Bill fut interrompu par Georg qui entama un discours en l'honneur de Gustav. Le bassiste avait beaucoup bu, et pas mal de personnes riaient.

- Il est fini, chuchota Bill.

Le blond acquiesça, et scruta son frère. Vraiment, aujourd'hui, il était magnifique. Personne ne s'occupait d'eux, et puis, il le pensait de plus en plus fort. Alors il approcha sa bouche de l'oreille de son jumeau et lui dit le plus doucement possible

- Je t'aime Bill.

Fin Flash Back

Tom se redressa en s'appuyant sur ses coudes et observa le visage écarlate de son frère. Il était beau, magnifique même. Doucement, il se pencha vers lui, effleurant délicatement de ses lèvres celles de Bill, voulant par ce geste lui faire comprendre. Il se recoucha à ses côtés, et pris la main de son jumeau. Il joua un moment avec ses doigts avant de dire

- Yesterday, today, tomorrow. It doesn't matter much, I'll always love you.

Après tout, les années n'effaçaient rien, les souvenirs étaient là pour le prouver.

Fin.

# Posté le samedi 20 décembre 2008 19:44

Modifié le samedi 07 février 2009 19:32